Le Journal De Mon Corps, le premier magazine digital indépendant sur la médecine et la chirurgie esthétique créé par une journaliste

MÉDECINE, CHIRURGIE ESTHÉTIQUES & MORE ABOUT BEAUTY AND HEALTH – MÉDECINE, CHIRURGIE ESTHÉTIQUES & MORE ABOUT BEAUTY AND HEALTH – MÉDECINE, CHIRURGIE ESTHÉTIQUES & MORE ABOUT BEAUTY AND HEALTH – MÉDECINE, CHIRURGIE ESTHÉTIQUES & MORE ABOUT BEAUTY AND HEALTH –

7 choses que vous ne savez peut-être pas sur le sperme de saumon 

Partager


30 mars 2026


Les polynucléotides ont déjà fait déjà couler beaucoup d’encre, mais ils n’ont pas encore livré tous leurs secrets !

Les polynucléotides, c’est vieux comme Hérode  

Enfin, presque. Ces fragments d’ADN sont utilisés depuis plus de 40 ans dans divers domaines de la médecine : ophtalmologie et rhumatologie, surtout.

Il n’y a pas encore de preuve hyper-solides de lefficacité des PDRN

Eh, non ! Il y a des données mais on est loin du niveau de preuve d’un médicament, avec de grands essais contrôlés, mais ce qui est assez bien documenté ce sont leurs effets anti-inflammatoires et cicatrisants. En esthétique toutefois, leur utilisation est encore très empirique. But work in progress puisque de gros fournisseurs de matières premières comme HTL Biotechnology, « the » fabricant d’acide hyaluronique dans le monde (et de polynucléotides, aussi) s’attachent actuellement à apporter des preuves scientifiques. Des publications sur les effets antioxydants des PDRN notamment sortiront bientôt : ils ne piègent pas à proprement parlé les radicaux libres mais protègent les cellules contre les dommages induits par ces derniers. 

On parle beaucoup des PDRN, mais il y a aussi les PN

Les PN, ce sont les polynucléotides, tandis que les PDRN sont les polydéoxyribonucléotides. La différence entre les deux tient essentiellement à leur poids moléculaire (autrement dit, à leur taille). Les PN sont plus volumineux. Les fabricants coréens qui sont à l’origine du trend de polynucléotides ont d’abord privilégié les PDRN pensant qu’ils seraient plus performants. Mais les études ont finalement montré qu’une fois dans la peau, leur efficacité était équivalente. Aujourd’hui, on n’emploie plus que le mot PDRN, mais c’est clairement un abus de langage.

C’est extrait du sperme saumon ou … de truite ! 

L’extrait d’ADN peut être prélevé dans la laitance de la truite arc-en-ciel (d’élevage) ou du saumon kéta (sauvage, pêché en Alaska). Ce dernier est toutefois un des plus proches de l’ADN humain, ce qui lui confère une excellente biocomptabilité, innocuité et efficacité. Il est du reste très bien toléré. 

Et si, comme moi, vous avez vu cet horrible reportage à la télé sur l’élevage intensif de saumon, auquel l’espèce « sauvage » n’échappe hélas pas (à vous dégoûter à jamais d’en manger !), rassurez-vous. « Les PDRN sont extraits de saumon keta pêché selon un mode artisanal MSC-certifié (pêcherie responsable) et contrôlé par des autorité sanitaires indépendantes, comme la FDA (Food and Drug Administration) américaine. Ils sont ensuite hautement purifiés pour éliminer tous les contaminants, contrairement aux saumons alimentaires entiers, qui sont pollués ou traités » explique Anne-Laure Gaudry, Directeur Innovation & Marketing Statrégique. Donc, rien à voir !

Des grosses molécules qui sont bien plus efficaces injectées

Le poids moléculaire des PDRN varie entre 500 et 2500 KDa, ce qui justifie leur utilisation sous forme injectable car elles pénètrent difficilement la barrière épidermique. Une fois dans l’épiderme et dans le derme, des enzymes découpent fragmentent longues chaînes en petites briques (nucléotides) qui pénètrent plus facilement dans les cellules (kératinocytes, fibroblastes, endothéliales). Elles servent alors de « carburant » rapide pour réparer et régénérer les tissus via les « voies de récupération », un système de recyclage cellulaire des nucléotides : la cellule réutilise les « briques » déjà existantes plutôt que de les synthétiser à nouveau.

Les polynucléotides se marient très bien avec l’acide hyaluronique  

Ils agissent principalement sur les couches superficielles de la peau. D’où leur effet « glow » immédiat. Toutefois, une fois les cellules de l’épiderme activées (kératinocytes), elles secrètent des facteurs de croissance (EGF, VEGF, etc) qui diffusent jusqu’au derme et stimulent les composants de la matrice extra-cellulaire (collagène, élastine).  

C’est pour ça que les polynucléotides tirés du sperme de saumon sont très complémentaires de l’acide hyaluronique qui lui, a une action reconnue au niveau dermique. On verra d’ailleurs bientôt les deux substances combinées dans des préparations médicales (qui existent déjà en Corée). Pour l’heure, les médecins combinent les traitements mais ne font pas de mélanges 

L’efficacité des PDRN en cosmétique aussi n’est pas validée !

In vitro, ça marche (comme souvent). Des effets sur l’hydratation et la synthèse de collagène sont reportés. C’est un bon départ, mais ce n’est pas suffisant. In vivo, il y a encore très peu de données. Les rares études disponibles reposent sur des PDRN « optimisés» (= modifiés chimiquement, j’explique plus bas) ou alors associés à d’autres actifs comme le niacinamide, la vitamine E, qui rendent impossible l’attribution claire des bénéfices à la molécule seule.

Il faut se rappeler que les PN & PDRN sont des fragments d’ADN volumineux, et chargés négativement ce qui freinent leur pénétration. Alors, les fabricants rusent : ils fragmentent les molécules pour réduire leur poids moléculaire et/ou réduisent leur charge grâce à des molécules qui absorbent les ions. « Mais ces PDRN modifiés restent-ils vraiment des PDRN ? » s’interroge Raphaël Coatmeur, docteur en biologie, et assistant d’enseignement et de recherche à la Faculté de Pharmacie de Marseille. 

Pour les PDRN végétaux, les données aussi font défaut. Les plantes possèdent bien sûr aussi de l’ADN, qui est extrait par des méthodes similaires à celles du saumon. « Mais est-il aussi proche de l’ADN humain ? En l’absence de données, rien ne permet de l’affirmer.  Un écueil identique à celui des exosomes végétaux … » note notre expert. Alors, on valide ? Ben, à ce stade, difficile de trancher la question ! 

LIRE AUSSI : Connaissez-vous les polynucléotides, la nouvelle « méso » belle peau ?





Les experts

Anne-Laure Gaudry et Raphaël Coetmeur

TOUTE REPRODUCTION DE CETTE PAGE INTERDITE

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

La parole vous est donnée. N’hésitez pas à partager votre expérience, donner votre avis, mais svp, faites-le toujours de manière courtoise, sans attaques personnelles.
Vous ne pouvez pas écrire en toutes lettres le nom d’un médecin. Je me réserve celui de supprimer à posteriori tout commentaire que je considèrerais comme agressif, excessif, indélicat, scabreux, choquant, diffamatoire ou calomnieux envers les praticiens ou d’autres personnes. La promotion d’appareils ou méthodes qui n’ont rien à voir avec les techniques médicales évoquées dans mes pages et qui peuvent induire en erreur ou tromper mes lecteurs n’est pas autorisée non plus. En postant un commentaire, vous adhérez sans réserve à ces conditions et vous vous interdisez toute réclamation du fait de la non publication ou de la suppression de ce commentaire.
Je précise aussi que n’étant pas médecin mais journaliste, je ne peut délivrer aucun conseil médical à titre personnel, recommander un spécialiste ou communiquer des numéros de téléphone, adresses mail ou postales. Vous trouverez dans la rubrique « avant/après l’intervention » les contacts des organismes professionnels auprès desquels vous adresser pour obtenir les annuaires de médecins qualifiés. Ceux cités dans mes sujets interviennent uniquement à titre d’experts.

Linh Pham, journal et medi-aesthetics influencer, créateur du premier magazine digital indépendant sur la médecine et la chirurgie esthétique

Journaliste spécialisée en médecine et chirurgie esthétiques et médecine du bien vieillir, j’ai créée Le Journal De Mon Corps, pour vous apporter la meilleure info qui soit sur ces sujets. Ma différence : des enquêtes fouillées réalisées avec les meilleurs experts, de façon libre, indépendante, et sur un ton délicieusement impertinent. Enjoy !