16 mars 2026
Parmi les actes de médecine esthétique, les injections de toxine botulique font partie des gestes les plus demandés (source : IMCAS ). Mais en 2026, on n’injecte plus le visage comme il y a 10 ans. Technique, dosage, attentes, tout change ! Décryptage avec deux spécialistes.
Pas UNE mais DES toxines
De plus en plus de praticiens optent pour plusieurs toxines botuliques plutôt qu’une seule. Chacune a ses atouts : rapidité d’action, puissance, tenue … « J’en utilise cinq, sélectionnées selon la zone, l’effet visé, et la réponse de la patiente » explique le Dr Hervé Brunet, dermatologue. « Cela permet un dosage subtil – doux ici, marqué là – et procure des résultats beaucoup plus naturels ».
Un front lisse mais qui vit
Adieu le « frozen look » tristement popularisé par Nicole Kidman un temps. Aujourd’hui, on veut atténuer ses rides sans geler ses expressions. C’est possible grâce à la seringue 3 doses qui délivre des microdoses de Botox. « Cela me permet d’ajuster le résultat avec une plus grande précision, et aussi de lever certaines interdictions, comme injecter plus bas vers les sourcils sans risque de chute » note le Dr Brunet. Le rendu est bien plus harmonieux.
PAS PRÊTe POUR LE BOTOX ?
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Fox eyes express
« C’est toujours très demandé ! » indique le Dr Brunet. L’œil légèrement agrandi et le sourcil haut perché, comme sur tapis rouge, font l’unanimité. Quelques points au niveau de la queue du sourcil, et bim, retour direct au regard de vos 25 ans (ou pas loin). Pour savoir si ce geste est fait pour vous : souriez, si la queue du sourcil descend, vous êtes probablement une bonne candidate.
Bas du visage affûté
Cette zone attire de plus en plus l’attention pour les injections préventives du vieillissement. Mais, elles sont touchy. Les muscles y sont très proches et s’entrecroisent à différents profondeurs, exigeant une précision absolue pour éviter une asymétrie ou une gêne au sourire. A ne confier qu’à une main sérieusement entraînée, donc.
Exit les rides autour de la bouche
Dès l’apparition des premiers plis aux commissures, le DAO (depressor anguli oris), ce muscle qui tire les coins de la bouche vers le bas, devient une cible prioritaire. « Injecté régulièrement, le Botox évite la formation des plis d’amertume, ces rides verticales qui descendent vers le menton et donnent un air triste et fatigué au visage, tout en lissant les fines rides environnantes » précise le Dr Brunet.
Un menton redessiné
En complément du traitement du DAO, les médecins ciblent souvent aussi le muscle mentalis, situé au centre du menton. Lorsqu’il est trop contracté, il a tendance à aplatir la zone et à créer un aspect grumeleux, façon « peau d’orange » tout sauf sexy. En limitant ses contractions par des petites injections, on obtient un menton plus lisse, plus galbé, et on prévient la formation de la ride au-dessus du menton, souvent très marquée.
Le cou, nouvelle zone stratégique
Dès 35-40, le cou devient une priorité si l’on veut éviter un lifting plus tard. Jusqu’à présent, le Botox y était surtout employé pour corriger le « cou de dindon » chez les patients les plus âgés – ces deux bandes verticales bien visibles qui se dessinent sous le menton. « Mais il est bien plus efficace d’intervenir dès que ces cordes commencent à s’esquisser. Le cou conserve alors sa jeunesse plus longtemps. Il ne se marque presque pas » affirme le Dr Patric Trévidic, chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
Ce geste préventif peur être difficile à adopter car il nécessite des retouches tous les 4 mois. Mais son efficacité est réelle. « Les injections sont réalisées le long des plis verticaux, qui correspondant aux bords du muscle cervical qui se contractent avec le temps, ainsi que sous la mâchoire » précise le spécialiste. En bonus, elles améliorent la définition de la jawline (ligne de la mâchoire), diminuent les rides horizontales du cou, et soutiennent les injections réalisées au niveau des plis d’amertume car la tension du muscle cervical tire aussi vers le bas les coins des lèvres.
A noter : La plupart de ces approches sont pratiquées hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Leur mise en œuvre relève donc de la responsabilité du médecin qui les utilise. En France, l’usage de la toxine botulique en esthétique est strictement réglementé et réservé à certaines spécialités médicales : dermatologues, chirurgiens plasticiens, chirurgiens de la face et du cou, chirurgiens maxillo-faciaux, ophtalmologues. Les informations fournies dans cet article ont un caractère purement informatif et ne sauraient se substituer à un avis médical personnalisé. Consultez toujours un médecin pour toute question relative à un traitement.


Les experts
Drs Hervé Brunet et Patrick Trévidic





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