Taches brunes

 

On les appelle à tort des « taches de vieillesse ». En réalité toutes proviennent d’expositions répétées au soleil (photovieillissement). La preuve ? Vous n’en avez pas sur les fesses, ni sous les bras !

Option 1 : un traitement à l’azote liquide

C’est le traitement de base. Celui pratiqué par le dermatologue de quartier. Il a été un peu oublié avec l’explosion des lasers, mais honnêtement, il n’est pas compliqué à mettre en œuvre et marche super bien ! Il peut même se pratiquer sur les peaux foncées.

Y a t-il des contre-indications ? 

Un départ au soleil dans les jours qui suivent la séance.

Avant l’intervention

RAS

Comment ça se passe ?

Le médecin applique sur la tache, localement, l’azote liquide, un gaz refroidi à – 195 ° C qui provoque une brûlure. Ça picote sec, mais rien d’insurmontable. L’application ne dure que quelques secondes.

Et après ?

Une rougeur apparaît, voire un léger gonflement. Puis, les taches se mettent à foncer et se couvrent d’une fine croûtelle, qui disparaît d’elle-même après quelques jours. La pigmentation s’atténue progressivement au bout d’un mois. La tache s’éclaircit d’abord en son centre. Il faut ensuite faire des retouches pour éliminer le liseré résiduel. Le plus souvent, deux séances (espacées d’un mois) suffisent pour les peaux claires. « Le traitement est beaucoup plus long et compliqué sur les peaux foncées ou métissées, où il faut aller très progressivement pour éviter le rebond pigmentaire. Parfois, le résultat stagne après 5 à 6 séances. On assure alors le relais avec un duo dépigmentant à base d’hydroquinone et de vitamine A acide », explique le Dr Naima Midoun, dermatologue. Le produit s’applique 2 à 3 fois par semaines, pendant 3 h à 4 heures. Ensuite, on rince et on applique une crème hydratante. Si on s’endort avec le produit, on court le risque de le répandre ailleurs sur le visage et de se retrouver avec des taches blanches !

On démarre avec un traitement de 3 mois. Puis, le médecin avise des suites à donner selon la réponse et la tolérance au produit de chacun.

Quels sont les risques ? 

Des taches blanches (hypopigmentation) irréversibles en cas de brûlure à l’azote trop profonde.

Qui consulter ?

Son dermato de quartier.

C’est cher ?

Le prix d’une consultation chez le dermato. Le traitement des taches est un traitement esthétique (= non remboursé par a sécurité sociale).

Option 2: un laser pigmentaire Nd : Yag Q-Switched.

C’est le traitement high-tech de l’hyperpigmentation, celui qui est pratiqué dans tous les cabinets d’esthétique. Il est efficace, et particulièrement bien adapté lorsque le visage est constellé de lentigos (taches brunes). Mais il traite aussi les taches de rousseur, les kératoses séborrhéiques, les taches café au lait (ou taches de naissance), le nævus de Becker (tache pigmentée pileuse), le nævus d’Ota, etc. Le revers, c’est qu’il est facturé beaucoup plus cher qu’une application d’azote liquide. L’appareil réalise ce que les médecins appellent une « photothermolyse sélective ». Il cible la mélanine (le pigment bronzant), sans brûler la peau alentour et la « volatilise ». Les couches contenant le pigment s’éliminent et laissent place à une peau neuve, toute nette.

Y a t-il des contre-indications ?

– La prise de médicaments photosensibilisants

– Un traitement anti-acné sous isotrétinoïne orale. Il faut attendre 1 an avant de programmer un laser car ce médicament favorise les cicatrices hypertrophiques.

– Les peaux noires (phototypes V, VI)

– Il est préférable de ne pas intervenir en saison ensoleillée (sauf exception liée à l’emploi du temps des patients) car le risque d’hyperpigmentation est maximal. Le mois qui suit le retour des vacances n’est pas non plus idéal car les mélanocytes sont activés.

Avant l’intervention

– Une crème anesthésiante peut être appliquée 2 h avant sous film plastique le traitement pour diminuer la gêne occasionnée.

Comment ça se passe ?

On enfile des lunettes de protection. Le médecin cible les taches avec son faisceau, l’une après l’autre. A chaque tir, on ressent une sensation de picotement ou de cuisson. Un jet d’air pulsé refroidit la peau, pour plus de confort. Une crème cicatrisante est appliquée en fin de traitement. La séance dure en moyenne 30 mn.

Et après ?

La peau est rouge, chauffe. Elle est légèrement gonflée et  blanche sur les zones traitées pendant 2 à 3 jours. Puis de fines croûtes apparaissent, qui tombent d’elles mêmes après 8 à 10 jours. La peau est rose puis reprend progressivement sa couleur naturelle en 2 à 3 semaines suivantes. Chez soi, il est recommandé d’appliquer une crème cicatrisante 3 fois par jour. Pendant toute la durée du traitement, on doit éviter les gommages, et toutes les crèmes à base de molécules irritantes (AHA, vitamine A acide, etc), et fuir le soleil pendant 1 bon mois. Mais pour que les taches ne reviennent pas, il faudra prendre l’habitude de protéger toutes les parties exposées (visage, mains, décolleté, avant-bras) avec un écran solaire d’indice élevé, et ne plus s’exposer inconsidérément au soleil. La peau nickel est à ce prix ! Plusieurs séances peuvent être nécessaires en fonction de l’intensité des taches, espacées de 4 à 6 semaines. Et si vous traitez les taches du visage, n’oubliez pas, pour être complètement raccord, celles des mains et du décolleté !

Quels sont les risques ?

– Un rebond pigmentaire (coloration brune) parfois long à se résorber sur les peaux mates. Il faut alors traiter la peau avec une préparation à l’hydroquinone et à l’hydrocortisone.

– Une hypopigmentation.

– Une surinfection

Qui consulter ?

Un dermatologue rôdé à la pratique du laser.

C’est cher ?

150 € à 300 € la séance. Certaines taches signalant un désordre médical peuvent faire l’objet d’un remboursement sur entente préalable.

 

Option 3 : un traitement à la lumière intense pulsée (IPL), aussi appelée « lampe flash.

Il est recommandé lorsque les taches sont multiples et couvrent l’ensemble du visage. En prime, il améliore la texture de la peau et atténue les rougeurs (type érythrose). A noter : le traitement est possible sur les peaux noires.

Y a t-il des contre-indications ?

Un herpès facial en poussée car il peut se diffuser à l’ensemble du visage après l’abrasion.
La prise de médicaments photosensibilisants. Un dermatose déclenchée ou aggravée par le soleil.
Un traitement anti-acné sous isotrétinoïne orale. Il faut attendre 6 mois avant de programmer un laser car ce médicament favorise les cicatrices hypertrophiques
Il est préférable de ne pas intervenir en saison ensoleillée (sauf exception liée à l’emploi du temps des patients) car le risque d’hyperpigmentation est maximal. Le mois qui suit le retour des vacances n’est pas non plus idéal car les mélanocytes sont activés.

Avant l’intervention

Un traitement anti-herpétique (Zélitrex) est prescrit, 5 jours avant et 5 jours après la séance. Une crème anesthésiante est appliquée sur le visage 2 h avant le passage du laser.
Comment ça se passe ?
On porte des lunettes de protection. Contrairement au laser qui agit à distance, la lumière pulsée doit être posée directement sur la peau. Le médecin applique un gel froid sur la zone à traiter qui insensibilise sur la peau et permet à l’appareil de glisser plus facilement. Puis il juxtapose ses tirs afin de couvrir l’ensemble du visage. Ça picote, ça chauffe, mais rien d’insupportable. Une crème cicatrisante est appliquée à la fin de la séance, qui dure en moyenne 30 minutes.

Et après ?

La peau est rouge pendant 12 h à 24 h sur les zones traitées. Mais on peut camoufler cela avec un maquillage adapté et retourner travailler dans l’heure qui suit. Chez soi, il est recommandé d’appliquer une crème cicatrisante, matin et soir. Apparaît alors un joli teint clair et unifié. Comptez quatre à cinq séances espacées de trois semaines. Et reprogrammer une seconde cure dans l’année.

Quelles sont les complications éventuelles ?

  • Des brûlures
  • Une hypopipgmentation (tache claire)
  • Le réveil d’une acné latente
  • Des brûlures, des cicatrices en cas de puissance trop élevée
  • Une hyperpigmentation parfois longue à se résorber sur les peaux mates. Il faut alors traiter avec une préparation à l’hydroquinone et à l’hydrocortisone.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique

C’est cher ?

150 € à 300 € la séance