Taches rouges

 

Je fais quoi ?

Plusieurs traitements peuvent être utilisés selon la nature de la tache vasculaire.

L’Erythrose (rougeurs diffuses du visage) et la couperose (rougeurs marquées avec petits vaisseaux dilatés)

Lorsqu’elles sont peu étendues, elles peuvent être traitées par électrocoagulation, par un dermatologue de quartier. Ça marche très bien ! En revanche lorsqu’on à affaire à une érythrose étendue, et peu de vaisseaux individualisés, le laser Nd :YAG (532 nm pour les tout petits vaisseaux, ou 1064 nm pour les autres) ou le laser à colorant pulsé ou la lampe flash, s’impose.

La rosacée (rougeurs permanentes, vaisseaux dilatés, parfois associés à des boutons rouges, papules ou pustules avec une pointe de pus)

Elle se traite avec l’application quotidienne d’une crème antibiotique (métronidazole) et/ou des antibiotiques par voie orale (cyclines). En prime, le médecin prescrit un collyre pour soulager la sécheresse oculaire et éviter une éventuelle atteinte oculaire.

Lorsque les rougeurs sont très importantes, des séances de laser, de lampe flash ou de LED, peuvent être prescrites en complément des traitements médicamenteux.

Les angiomes stellaires (lésions rouges avec de fines branches qui s’écartent comme les pattes d’une araignée)

L’électrocoagulation marche très bien, mais peut nécessiter plusieurs séances distancées d’un mois. Le laser Nd :YAG (532 nm ou 1064 nm) aussi donne de bons résultats (1 à 3 séances).

Les points rubis

Lorsqu’ils sont petits et peu en relief, l’électrocoagulation les retire très bien, en une séance. Sinon, le laser Nd :YAG (532 nm ou1064 nm) élimine tout en 1 à 2 séances espacées de 1 à 2 mois.

L’angiome plan (tache de vin)

On le traite avec un laser à colorant pulsé, mais le traitement est long (prévoir plusieurs séances espacées de 3 mois). L’éclaircissement de l’angiome se fait progressivement, mais il rare d’obtenir sa disparition complète, surtout lorsque le traitement a débuté tardivement.

Option 1. L’électrocoagulation :

la technique consiste à coaguler par la chaleur les vaisseaux dilatés. « D’aucuns disent qu’elle est « hors d’âge », mais elle reste le premier outil du dermatologue de quartier. Elle fonctionne bien et ne vous coûtera pas que le prix d’une consultation. Tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un laser ! » rapporte le Dr Naima Midoun, dermatologue.

Y a t-il des contre-indications ? 

Un herpès en poussée.

Avant l’intervention

RAS.

Comment ça se passe ?

Le médecin insère une fine aiguille dans le vaisseau et envoie un courant électrique haute fréquence de faible intensité pour le coaguler. On ressent comme une brûlure et instantanément le vaisseau blanchit. A la fin de la séance, qui ne dure environ 15 minutes, le médecin applique une crème cicatrisante.

Et après ?

Le visage est gonflé et rouge (pendant 3 à 8 jours), mais rien n’interdit de se maquiller. On doit appliquer la crème cicatrisante matin et soir jusqu’à réparation complète de la peau. Le médecin traite le visage, zone après zone. Par exemple, il commence par la joie droite, laisse cicatriser 3 à 4 semaines, puis si nécessaire reprend le traitement. Sinon, il passe à la joue gauche. Puis il attaque le nez, le menton, etc. Deux séances traitement d’entretien annuelles sont conseillées pour limiter la réapparition des fins vaisseaux dilatés.

Quels sont les risques ? 

Des cicatrices sont possibles lorsque le médecin pique trop profondément.

Qui consulter ?

Un dermatologue.

C’est cher ?

100 € à 150 € la séance.

Option 2. Le laser

Il agit par l’intermédiaire d’une lumière intense qui provoque la destruction des capillaires dilatés, soit par « soudure » des vaisseaux (photothermocoagulation, laser Nd :YAG), soit par éclatement (photothermolyse sélective, laser à colorant pulsé : KTP, V Beam). Dans les deux cas, le reste de l’épiderme n’est pas lésé.

« Il peut être préférable d’attaquer le traitement par un laser Nd :YAG ou une lampe flash. Ils ne marquent pas la peau contrairement au laser à colorant pulsé qui nécessite peut être moins de séances, mais laisse un purpura (tache violette), difficile à maquiller, pendant plusieurs jours » fait observer le Dr Bernard Peyronnet, dermatologue.

Y a t-il des contre-indications ?

– La peau bronzée (on distingue moins bien les vaisseaux)

– Une rosacée inflammatoire ou un herpès en poussée.

– Un départ au soleil dans les jours qui suivent la séance.

– La peau noire (phototypes V, VI)

– La prise de médicaments photosensibilisants

– Un dermatose déclenchée ou aggravée par le soleil

– Un traitement anti-acné sous isotrétinoïne orale. Il faut attendre 1 an avant de programmer un laser car ce médicament favorise les cicatrices hypertrophiques.

Avant l’intervention

L’application d’une crème anesthésiante n’est pas recommandée car elle a un effet vasoconstricteur (elle diminue le calibre des vaisseaux qui deviennent moins visibles).

Comment se passe l’intervention ? 

On porte des coques de protection sur les yeux. Le médecin promène le faisceau de son laser Nd/YAG 532 nm ou 1064 nm sur la zone à traiter. Les petits vaisseaux dilatés de la couperose se rétractent sous la chaleur et virent au gris. On ressent une sensation de brûlure, ce n’est pas très agréable, mais un système de refroidissement permet de diminuer la douleur.

Si l’appareil utilisé est un laser à colorant pulsé, les parois des vaisseaux éclatent sous la stimulation thermique et un purpura (tache violette) apparaît.

Une crème cicatrisante est appliquée à la fin de la séance, qui dure 20 à 30 minutes.

Et après ?

– Après le laser Nd :YAG (532 nm ou 1064 nm), la peau est rouge et chauffe pendant 1 à 2 heures. Le résultat définitif est visible 2 à 3 jours après. Cependant, il est possible que les vaisseaux traités réapparaissent plus fins, après quelques temps. Une seconde séance, un mois après, peut être nécessaire pour éliminer ces récalcitrants. Le médecin utilisera alors de préférence le laser Nd : YAG 532 nm qui atteint facilement ces petits vaisseaux. Durant tout le traitement, la peau doit être soigneusement protégée derrière un écran solaire d’indice élevé pour éviter les taches brunes.

– Après un laser à colorant pulsé, le purpura (tache violette) se résorbe en 3 semaines. Il s’assortit d’un œdème, qui se développe au bout de quelques heures et disparaît le lendemain. Durant toute cette période, il est important de protéger son visage derrière un écran solaire d’indice élevé car le risque de tatouer la peau est majeur ! Et, mauvaise nouvelle : la tache est impossible à camoufler, même sous un maquillage costaud. Ce qui en fait un traitement généralement assez mal vécu des patients. Le résultat s’apprécie après 4 à 6 semaines. Mais pour la prochaine séance, il faut patienter 3 mois.

Quelles sont les complications éventuelles ?

– Une hyperpigmentation ou dépigmentation.

– Des brûlures, des cicatrices en cas de puissance trop élevée.

Qui consulter ?

Un médecin esthétique ou dermatologue rôdé à la pratique du laser (tous ne le sont pas).

C’est cher ?

150 € la séance de laser Nd :YAG ; 250 € le laser à colorant pulsé. Une prise en charge par la sécurité sociale après entente préalable est possible pour l’angiome plan (tache de vin).

Option 3. La Lampe flash (ou lumière intense pulsée – IPL)

Y a t-il des contre-indications ?

– Un herpès facial en poussée car il peut se diffuser à l’ensemble du visage après l’abrasion.

– La prise de médicaments photosensibilisants

– Un dermatose déclenchée ou aggravée par le soleil

– Un traitement anti-acné sous isotrétinoïne orale. Il faut attendre 6 mois avant de programmer un laser car ce médicament favorise les cicatrices hypertrophiques.

– Il est préférable de ne pas intervenir en saison ensoleillée (sauf exceptions liées à l’emploi du temps des patients) car le risque d’hyperpigmentation est maximal. Le mois qui suit le retour des vacances n’est pas non plus idéal car les mélanocytes sont activés.

Avant l’intervention

-Un traitement anti-herpétique est prescrit, 5 jours avant et 5 jours après la séance.

-Une crème anesthésiante est appliquée sur le visage 1 h 30 à 2 h avant le passage du laser.

Comment ça se passe ?

Patient et médecin portent des lunettes de protection. Puis ce dernier balaie méticuleusement la zone comportant les rougeurs avec son applicateur. On ressent une sensation de chaleur. Une crème cicatrisante est appliquée à la fin de la séance.

Et après ?

Une rougeur, un gonflement peuvent persister quelques heures. Il faut protéger son visage derrière un écran solaire d’indice élevé pendant 1 mois. Le traitement peut nécessiter 3 à 5 séances espacées d’1 mois selon l’importance de l’érythrose.

Quelles sont les complications éventuelles ? 

Des brûlures, une hyperpigmentation ou une dépigmentation.

Qui consulter ?

Un médecin esthétique, un dermatologue rôdé à la pratique de la lampe flash.

C’est cher ?

150 € la séance.