Cheveux

JE ME DEGARNIS !

L’alopécie androgénique est la cause de chute la plus fréquente chez l’homme. Elle survient après la puberté, et touche 15 % des hommes à l’âge de 20 ans, 30 % à 30 ans et un sur deux à 50 ans.

Le cycle pilaire est sous la dépendance des hormones mâles, les androgènes. S’ils sont indispensables pour la croissance de la barbe, ils peuvent aussi chez des sujets génétiquement prédisposés entraîner une régression des follicules pilaires. « Il y a chez certaines personnes, une hypersensibilité des follicules aux androgènes circulants. La testostérone se transforme sous l’action d’une enzyme, la 5-alpha réductase, en dihydrotestostérone, qui provoque un emballement du cycle de croissance des cheveux et conduit à l’épuisement précoce du renouvellement des follicules », explique le Dr Pierre Bouhanna, dermatologue, auteur de « Soigner et préserver ses cheveux » (Edition Alpen).

Les cheveux commencent par devenir de plus en plus fins, pour se transformer en duvet, puis finalement tomber. Chez l’homme, le dégarnissement débute par le haut des tempes, la ligne frontale, pour atteindre le sommet du crâne et la tonsure. A un stade extrême, il ne reste plus qu’une couronne de cheveux à l’arrière de la tête. En revanche, ces survivants là ne tombent jamais, ils ne sont pas sous la dépendance des hormones mâles ! La classification de Hamilton-Norwood (voir illustration) décrit 7 stades dans l’alopécie. Plus le début est précoce, plus les antécédents familiaux son marqués, et plus elle évoluera vers un stade avancé. Mais cela peut prendre quelques années tout de même.

 

 

Chez la femme (car oui, les femmes aussi sont touchées !), l’alopécie androgénique se manifeste parfois d’une façon aigüe à la puberté, à l’arrêt de la pilule contraceptive, après une grossesse ou à la ménopause. Elle touche 25 % des sujets entre 35 et 45 ans et 35 % à 45 % des femmes de 50 ans. Elle est cependant moins visible car ces dernières parviennent à mieux masquer le problème. Par ailleurs, le dégarnissement est prédominant sur le sommet du crâne et plus diffus. La classification de Ludwig définit trois stades évolutifs (voir illustration).

 

Je fais quoi ?

Je consulte un dermatologue qui procèdera à un examen à la loupe du cuir chevelu pour valider ou non ce diagnostic. Parfois, des examens biologiques, comme un bilan sanguin, peuvent être aussi demandés. Enfin, dernière étape, des techniques d’exploration spécifiques du cheveu sont pratiquées : trichogramme (analyse fine des racines et d’une partie des tiges pilaires au microscope) et phototrichogramme (examen encore plus élaboré, réalisé à partir de photos du région rasée du crâne).

En première intention, il prescrira un traitement médicamenteux : le Minoxidil, une lotion dosée à 5% à appliquer localement, sur le cuir chevelu.

L’efficacité du traitement se juge après six mois d’application quotidienne. Les cheveux peuvent repousser. Ou alors, il ne s’agit que d’un duvet. Ou alors, il n’y a pas de résultat.

« Dans le cas d’une repousse, j’invite toujours mes patients à poursuivre le traitement. Mais il doit être pris à vie, sous peine de perdre en quelques semaines tous les bénéfices », met en garde le Dr Pierre Bouhanna.

En cas d’échec du Minoxidil, le médecin prescrit le Finastéride. L’efficacité du traitement s’apprécie après un an de prise quotidienne. Il est généralement bien toléré, mais peut chez certaines personnes entraîner une diminution de la libido.

En cas d’échec de l’ensemble de ces thérapeutiques, ou lorsque le patient refuse les médicaments, d’autres protocoles peuvent être tentés comme la mésothérapie (injection superficielle d’une solution polyrevitalisante). Le protocole mis au point par le laboratoire Filorga consiste en 3 à 4 séances, à 15 jours d’intervalle les 2 premiers mois, puis 1 séance par mois pendant 3 mois (environ 650 €). Quant à la recherche sur les injections de cellules souches, elle avance. Mais ces traitements ne sont pas encore opérationnels.

 

La solution ultime : la greffe de cheveux

Elles s’adressent à tous ceux qui souhaitent une correction durable de leur calvitie. Mais le patient doit être prévenu que la calvitie continuant d’évoluer au fil des années, il faudra peut-être deux séances.

La greffe consiste à prélever des cheveux de la couronne (qui ne sont pas soumis à l’influence des hormones mâles), et à les réimplanter dans les zones dégarnies.

• La FUE (Unité Folliculaire par Extraction) consiste, après rasage préalable, à prélever par extraction à l’aide d’un micro cylindre de moins d’1 mm, des petits fragments (ou unités folliculaires) de 1 à 3 cheveux. Il en résultera des petites cicatrices rondes quasiment imperceptibles.

« La technique est surtout conseillée aux patients qui ont pour habitude de se raser la tête et qui ont par ailleurs une bonne densité capillaire dans les zones de cheveux préservées », explique le Dr Pierre Bouhanna.

• La FUL (Unités Folliculaires à Cheveux Longs). Là, le médecin prélève sans rasage préalable une bandelette de cheveux de 10 à 20 cm de long et 1 cm de large, qui est ensuite découpée, sous microscope, en unités folliculaires à cheveux longs. Puis, la région donneuse est suturée. Il en résultera une fine cicatrice linéaire, qui deviendra quasi-invisible après 15 jours. « Cette technique est de loin la préférée de tous, notamment les femmes, car elle ne nécessite pas de rasage préalable. Le médecin prélève et transplante des greffons avec les cheveux longs, ce qui permet d’avoir immédiatement une idée du résultat, même si une partie des cheveux tombera au 15 ème jour. Ça fait partie des suites normales de l’intervention, mais tout repousse ensuite ! », commente le Dr Bouhanna.

• La FUT (Unités Folliculaires Transplantées). C’est le même principe que pour la FUL. On prélève une bandelette de cheveux (mais qui au lieu d’être longs sont préalablement rasés) qui est ensuite débitée sous microscope. Au final : une cicatrice linéaire qui s’estompe après 15 jours. La technique est adaptée qui ne peuvent pas bénéficier de la FUE ou de la FUL.

Y a t-il des contre-indications ? RAS. Mais il faut que le patient soit suffisamment mûr pour comprendre toutes les implications d’une telle intervention, qui donne de bons résultats mais n’est pas non plus magique : elle peut nécessiter une 2 ème séance.

Avant l’intervention

  • Un bilan sanguin et un électro-cardiogramme sont systématiquement demandés.
  • Une crème anesthésiante est appliquée 1 à 2 heures avant l’opération.

Comment se passe l’intervention ?

Le médecin dessine au crayon les régions donneuse et receveuse en s’aidant souvent des photos du patient avant son dégarnissement. Il les montre à son patient qui est confortablement installé dans son fauteuil. Puis il réalise une anesthésie locale. Le médecin prélève ensuite les greffons selon la technique choisie (FUE, FUL, FUT), puis vient ensuite la transplantation, commune aux trois techniques. Il prépare la zone receveuse en pratiquant des perforations à l’aide d’une aiguille, et chaque fragment est enfilé à travers le revêtement cutané avec une pince ou un stylo injecteur (injecteur de Choï). Les greffons sont disposés irrégulièrement en arrondi sur le devant du crâne : d’abord les unités de 1 cheveu, puis le médecin progresse ainsi jusqu’au sommet de la tête, avec des unités folliculaires de plus en plus fournies, de 2 puis 3 cheveux. Actuellement, il est possible au cours d’une séance d’implanter 3000 à 4000 cheveux. L’intervention dure entre 2 et 4 heures, elle est quasiment indolore. Une fois le travail terminé, un pansement est placé tout autour de la tête, facilement camouflable sous un bonnet. Le patient repart 2 heures après.

Et après ?

On revoit le médecin le lendemain, pour un contrôle et enlever le pansement. Puis dès le soir même, on peut faire un shampooing antiseptique (type Septivon), en prenant soin de ne surtout pas frotter. Un œdème peut parfois apparaître le lendemain si le médecin a opéré le front. Des croûtelles se forment après 2 jours, puis tombent après 12 jours. Il faut veiller à ne pas recevoir de coup sur la tête, et ne pas gratter le cuir chevelu. Une crème à base de cortisone est prescrite en cas de démangeaisons. La prise d’antalgiques peut être nécessaire pour calmer les sensations de tension désagréables et les éventuels maux de tête. Les sutures ou les agrafes sont retirées au 12 ème jour. Les cheveux repoussent après 3 mois. Ce qui peut occasionner parfois la survenue d’une folliculite (petits boutons rouges à pointes blanches), signe que le cheveu cherche sa voie pour s’extraire du follicule. Au début les spécimens sont plutôt fins, puis ils s’épaississent au fil des mois. Le résultat définitif s’apprécie entre 6 et 9 mois.

  • Après une FUL, on l’a vu, une partie des cheveux tombe15 jours après la transplantation (mais de façon diffuse et imperceptible, rassurez-vous !). Pour minorer le phénomène, le médecin peut prescrire du Minoxil. Mais mieux vaut éviter les zones implantées car le produit est alcoolisé. On l’applique simplement autour, puis le produit diffuse dans le sang. Après 3 semaines, ces zones auront cicatrisé, et on pourra alors déposer le médicament directement sur la zone implantée. Et ce, pendant 6 mois, jusqu’à la repousse des cheveux.
  • Après une FUT ou FUL, une fine ligne cicatricielle peut persister après 15 jours. Mais elle est surtout gênante pour le patient qui se rase. Le médecin peut alors proposer de réimplanter quelques greffons selon la technique de la FUE, pour camoufler tout ça dans les mois qui suivent la première intervention.

Selon, l’importance de la calvitie, une deuxième séance de greffe peut être nécessaire, après un an.

Quelles sont les complications éventuelles ?

  • Une perte de la sensibilité du cuir chevelu pendant 3 mois.
  • Une cicatrice un peu élargie qui nécessite parfois une micro-greffe complémentaire.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique ou un chirurgien plasticien spécialisé en chirurgie capillaire.

C’est cher ?

Comptez entre 4800 € et 6000 € quelque soit la technique. Une prise en charge par la sécurité sociale est possible dans les cas d’alopécies cicatricielles.

greffe de cheveux hommes

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