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Faut-il succomber au trend des champignons adaptogènes ?

Faut-il succomber au trend des champignons médicinaux ?

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15 mai 2026


Depuis quelque temps, on voit fleurir les champignons médicinaux sur toutes les étagères des pharmacies et des boutiques bien-être. Alors, vraies ou fausses promesses ? Le point avec l’un des plus grands spécialistes français du sujet, le Dr Bruno Donatini, gastro-entérologue. 

Depuis quand utilise t-on les champignons médicinaux ? 

La mycothérapie ou l’utilisation thérapeutique des champignons, remonte à plusieurs millénaires. Mais c’est dans les années 1980 que les premières publications scientifiques de référence voient le jour, principalement au Japon et en Chine, véritables pionniers en la matière. Un tournant majeur survient ensuite en 1994, lorsque The Lancet publie l’un des premiers essais cliniques randomisé démontrant les effets bénéfiques du Coriolus, dans le traitement du cancer du côlon et de l’estomac. 

Qu’utilise t-on exactement dans le champignon ? 

Principalement le mycélium, les « racines » du champignon, qui se présentent sous la forme de fins filaments blancs (les « hyphes »). La partie visible, celle que l’on cueille, est le fruit du champignon, qui contient d’ailleurs aussi du mycélium. Il faut savoir que le champignon appartient à un règne biologique distinct, à mi-chemin entre le monde animal et végétal. Sa structure contient de la chitine, une substance que l’on retrouve également dans la carapace des crustacés, comme la crevette ou le crabe. Tandis que le fruit du champignon ne vit que quelques jours ou semaines, le mycélium, lui, est immortel ! Ses filaments s’étendent dans le sol et donnent naissance indéfiniment à de nouveaux champignons. N’est-ce pas fascinant ?

Comment recueille t-on le mycélium ? 

Inutile d’aller gratter les pieds de champignons en forêt. Le mycélium se cultive sur un support (le « substrat »), qui peut être constitué de céréales (seigle, millet …) stérilisées, ou d’écorce d’arbre. La colonisation fongique par la méthode industrielle, dite de « mycélium sur grains », est très rapide : 3 à 4 semaines seulement. Sur écorce, c’est un peu plus lent (4 à 5 mois), et plus artisanal. Ensuite, seule la surface du substrat est récoltée. L’intérieur, considéré comme un « nouvel aliment », n’est pas autorisé à la consommation. 

Quelles substances actives intéressantes trouvent t-on dans le mycélium ? 

Essentiellement des sucres complexes, comme les béta-glucanes, connus pour stimuler certaines cellules immunitaires, tels les lymphocytes T. Le mycélium est particulièrement indiqué pour renforcer les défenses naturelles de l’organisme, notamment en période de grippe, de Covid, de poussées d’herpès, mais aussi comme soin de support dans le cadre de maladies neurodégénératives ou de cancers. Lorsqu’il est cultivé sur écorce, il bénéficie en plus des propriétés antioxydantes de cette dernière, riche en polyphénols : un atout qui le rend nettement plus intéressant, sur le plan biologique, que le mycélium cultivé sur grains. 

Quels sont les champignons les plus intéressants ? 

Les espèces les mieux documentées pour leurs effets sur l’immunité sont le Coriolus versicolor et, dans une moindre mesure, le Ganoderma lucidum, plus connu sous le nom de « reishi ». Le Phellinus mérite aussi d’être cité. « A l’inverse, le shiitake, on l’oublie. Il a peu d’intérêt thérapeutique. En plus, il est allergisant et indigeste, à moins d’être bien cuit » indique le Dr Donatini. Parmi les champignons courants, la pleurote sort du lot : elle consolide les os et aide à réduire les bouffées de chaleur de la ménopause. Le bolet et la girolle ne méritent pas d’attention particulière, tandis que la morille doit être consommée avec prudence. Elle renferme beaucoup de mycotoxines. Il faut surtout bien la cuire, puis jeter l’eau. Quant au champignon de Paris, il peut être hépato et neurotoxique. Il doit être consommé très frais, et de préférence cuit. 

Pas d’autres propriétés que  la stimulation de l’immunité ? 

Le Maitake contribue à améliorer la régulation de la glycémie. Il est utile en cas de surpoids, d’excès de cholestérol, de diabète … L’Hericium Herinaceus ou « crinière de lion » stimule la mémoire et aide à réduire les épisodes dépressifs. 

Quel est le statut du mycélium ?  

Sous forme de gélules, c’est un complément alimentaire. Aucun champignon à ce jour n’est classé comme médicament en France. Mais au Japon, le Coriolus en est un. Sous forme de poudre brute, le mycélium de surface est classé comme aliment.

Y a t-il des contre-indications ? 

Il y a des non-indications, plutôt. Par exemple, en cas de poussée inflammatoire articulaire, il est déconseillé de stimuler le système immunitaire. Autrement, le mycélium ne présente pas de risque particulier, même chez la femme enceinte. 

Quelle forme préférer : poudre ou gélules ? 

Indéniablement, la poudre, d’autant qu’elle est plus économique et souvent plus pure. Mais il faut choisir un produit bio, issu d’une production européenne (idéalement française, et certifié Ecocert). Dans le cas contraire, le substrat sur lequel le mycélium a été cultivé peut contenir des résidus de pesticides, c’est pire que tout. Les gélules quant à elles renferment souvent des agents de conservation qui peuvent irriter la muqueuse digestive. 

Est-il préférable de se faire accompagner par un spécialiste ? 

Ça peut être intéressant pour optimiser les bénéfices des « champi », notamment en associant certaines plantes aux propriétés complémentaires. Un spécialiste formé à la mycothérapie saura ajuster la prescription, selon vos besoins. Vous en trouverez parmi les naturopathes, les médecins anti-âge ou les nutritionnistes, notamment via le site de la European College of Integrative Medicine. Cela dit, vous tirerez vous-mêmes de bons bénéfices de vos poudres, à condition de les choisir soigneusement.

Comment se prend le mycélium ? 

Il se saupoudre sur un café, un tisane, ou une compote, par exemple. La dose quotidienne moyenne se situe entre 200 à 400 mg, quelque soit le champignon. Une cure de trois mois est généralement conseillée. 

Quelle alimentation privilégier pour bien accompagner le mycélium ?  

Pour maximiser ses bienfaits, une alimentation riche en légumes et pauvre en sucre et féculents est conseillée.  

Où trouver de bons produits ? 

Dans les pharmacies spécialisées en phytothérapie, où le personnel est formé à ce type de compléments. A Paris, par exemple, la Pharmacie des Ternes, la pharmacie des Champs-Elysées-Boticinal, ou encore la pharmacie du Sourire. Parmi les enseignes bio, Quintessence propose aussi d’excellents produits. En ligne, on vous conseille certains bons sites comme Aromafibres et Biochampi.

Qu’en est-il des vertus prêtées à certains champignons hallucinogènes ?

On trouve dans certains de ces champignons une molécule active, la psilocybine, qui est actuellement étudiée dans le cadre d’essais cliniques pour le traitement des dépressions résistante aux antidépresseurs classiques. Mais bon, dans l’attente des conclusions, leur consommation reste fortement déconseillée (même si ça fait partie des « top things to do » lors d’un séjour à Amsterdam, on en a bien conscience …). Ces substances peuvent provoquer nausées, vertiges, accélération du rythme cardiaque … et, à long terme, exposer à des troubles psychiques franchement sérieux.





L’expert

Dr Bruno Donatini

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Linh Pham, journal et medi-aesthetics influencer, créateur du premier magazine digital indépendant sur la médecine et la chirurgie esthétique

Journaliste spécialisée en médecine et chirurgie esthétiques et médecine du bien vieillir, j’ai créée Le Journal De Mon Corps, pour vous apporter la meilleure info qui soit sur ces sujets. Ma différence : des enquêtes fouillées réalisées avec les meilleurs experts, de façon libre, indépendante, et sur un ton délicieusement impertinent. Enjoy !