Quoi de neuf chez le médecin pour enrayer la chute de cheveux ?

Chutes de cheveux, alopécie : quels nouveaux traitements efficaces chez le médecin ?

Chez madame comme chez monsieur, l’alopécie, ça se traite ! Et même plutôt bien aujourd’hui ! Le point sur tous les protocoles à la pointe. 

On perd tous nos cheveux chaque jour, mais quand on les retrouve partout, sur ses mains, sur l’oreiller, dans la baignoire, voire jusque sur le bout de sa langue …, il faut réagir. Et vite !

L’ALOPECIE CHEZ LA FEMME

Si la chute de cheveux est temporaire 

Les pros parlent d’ « effluvium saisonnier », un évènement sans gravité qui survient à l’automne, parfois aussi au printemps. Il est causé par les variations hormonales et le changement de lumière. Le stress, la fatigue, la prise de médicaments ou une mauvaise alimentation, peuvent aussi en être la cause. Dans ce cas, une cure de compléments alimentaires capillaires est recommandée pendant 3 mois pour renforcer la fibre. Si ce n’est pas suffisant, vous pouvez booster cela avec des séances de mésothérapie, pour un apport de nutriments (NCTF 135 de Filorga, Hair Care de Vivacy) directement au cœur du scalp. L’injection au pistolet est totalement indolore (en revanche à l’aiguille, on déguste). La séance dure une dizaine de minutes à peine, ensuite le cuir chevelu est placé sous LED (lumière froide qui répare la peau lésée). 4 à 6 séances espacées de 15 à 21 jours sont préconisées (autour de 100 € l’une).

Si la chute de cheveux perdure au-delà de 6 mois

Un bilan hormonal est conseillé, pour s’assurer qu’il n’y a pas de trouble particulier. Dans les périodes de puberté, grossesse et ménopause, la balance hormonale est modifiée et peut occasionner une chute. Toutefois, chez les femmes ménopausées sous traitement hormonal substitutif, on observe moins d’alopécies.

La cause 

Chez certaines personnes, on note une hypersensibilité des follicules pileux aux hormones mâles. La testostérone se transforme sous l’action d’une enzyme, la 5-alpha réductase, en dihydrotestostérone (ou DHT), qui provoque un emballement du cycle de croissance des cheveux et conduit à l’épuisement précoce du renouvellement des follicules pileux. Les cheveux commencent par devenir de plus en plus fins, puis tombent. Il y a un caractère familial également dans tout cela. Si votre mère, votre tante ou votre grand-mère perdaient leurs cheveux, il y a malheureusement une chance pour que vous les perdiez aussi. La chute se manifeste le plus souvent au niveau du vertex (sommet du crâne) ou dans la zone frontale (surtout chez les femmes qui ont des coiffures très tirées et serrées), avec un recul de la lisière des cheveux de 2 à 3 cm, ce qui est encore plus mal vécu. L’alopécie diffuse est plus rare.

Quel traitement proposer ? 

Si le bilan est normal mais que la chute persiste, avec une perte évidente de densité, vous pouvez démarrer une cure de 3 mois de Stémoxydine 5%, une molécule brevetée par le groupe L’Oréal (Néogenic Soin Traitant Quotidien Redensifiant Dercos de Vichy, en pharmacie ou Sérioxyl Denser Hair Gelée de L’Oréal Professionnel, chez les coiffeurs), qui réveille les cellules du follicule pileux en dormance (seul produit cosmétique du marché à avoir fait la preuve de son efficacité à travers une étude scientifique publiée dans les Annales de Dermatologie et Vénéréologie). Késaco ? Lorsqu’un cheveu tombe, le bulbe vide entre en phase de dormance jusqu’à ce qu’il renaisse, régénère un nouveau follicule pileux et un nouveau cheveu. Plus cette phase de dormance dure, plus le nombre de bulbes vides augmente et plus la chevelure perd de sa densité. La Stémoxydine 5% permet de recréer un duvet (plus ou important selon le nombre de cellules en dormance qui varie en fonction de chacun), lequel se transforme ensuite en cheveux. Certains médecins peuvent prescrire aussi du Minoxidil à 2 %, un médicament sous forme de lotion qui bloque l’action des hormones mâles. Toutefois le produit ayant tendance à graisser les cheveux, il n’est pas très apprécié des femmes. Mieux vaut, si votre budget le permet, faire en plus de la Stémoxydine 5%, des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). La technique consiste, à partir d’un prélèvement sanguin, à séparer les plaquettes des autres composants du sang grâce à un processus de centrifugation, puis à les réinjecter à l’aide d’un pistolet dans le cuir chevelu. J’ai indiqué dans un précédent article Rajeunir son visage sans chirurgie grâce au microneedling. qu’elle était interdite. De fait, elle l’est dans tous les traitements esthétiques du vieillissement. En revanche, les autorités ne se sont pas positionnées clairement sur l’utilisation du PRP dans la chute capillaire, qui peut aussi relever de la pathologie. De nombreux médecins continuent donc de l’utiliser dans cette indication, d’autant que les résultats sont prodigieux. Le PRP entraîne une hypervascularisation du cuir chevelu qui réactive illico la pousse des cheveux. Le protocole est de 3 séances espacées d’un mois. La séance dure environ 30 minutes. Prévoir ensuite un traitement d’entretien tous les ans. Comptez entre 300 € et 500 € l’une (oui, c’est cher).

Après une chimiothérapie, on a droit aussi à ces traitements capillaires ?

Le traitement médicamenteux altère le bulbe des cheveux et peut entraîner une alopécie diffuse. « Mais tant qu’il y a des bulbes, il y a de l’espoir ! Le PRP peut être une aide pour retrouver une chevelure plus dense. Il faut simplement attendre un an avant de démarrer le protocole, le temps que le cycle du cheveu se relance. Bien sûr, il doit se faire avec l’accord du cancérologue. Vous pouvez même le tenter plusieurs années après l’arrêt de la chimiothérapie si vous estimez ne pas avoir entièrement retrouvé vos cheveux », indique le Dr Jonathan Fernandez.

Et si ça ne suffit pas pour retrouver la chevelure de ses rêves ?

Le traitement médical permet de retrouver une chevelure avec plus de densité. Toutefois, il ne sera peut-être pas suffisant chez la femme ménopausée. Tout dépend à quel stade en est votre alopécie (voire classification de Ludwig). Faites le bilan après 6 mois de traitement et voyiez. Il sera peut-être judicieux de greffer des cheveux dans les zones dégarnies, pour retrouver une plus belle densité. Pas de stress, c’est un acte aujourd’hui parfaitement maîtrisé, pratiquement indolore et qui ne laisse aucune cicatrice. Il mérite vraiment que vous vous penchiez dessus. Consultez notre fiche technique sur la greffe capillaire ici.

 

L’ALOPECIE CHEZ L’HOMME

Le processus est très différent, puisque la chute est génétique et provient d’anomalies sur les chomosomes X et 20. Ce n’est pas une question de balance hormonale comme chez la femme, mais un dérèglement complet de l’enzyme 5 alpha-réductase, des récepteurs des cheveux aux hormones mâles et de la DHT. L’alopécie androgénique est une maladie chronique. C’est pour cela que les seuls traitements médicaux et prix à vie sont efficaces. Tout le reste est bidon. « Toutefois, il est important de préciser que prise à temps, l’alopécie peut être stoppée. Ainsi, plus aucun patient ne sera chauve ! C’est grand même une grande avancée médicale. Je recommande donc de ne pas attendre pour consulter. Dès que l’on commence à perdre ses cheveux en masse, allez hop, chez le médecin ! » préconise le Dr Jonathan Fernandez.

La nouvelle approche médicale de l’alopécie reprend plus ou moins les mêmes traitements que chez la femme, à quelques variantes près. N’hésitez donc pas à lire (ou relire) notre paragraphe plus haut « Si la chute perdure au-delà de 6 mois ».

Le traitement de la chute de cheveux repose sur :

  •  Une application de Stémoxydine 5 % au niveau du cuir chevelu pour un boost capillaire, réveiller les bulbes en dormance et stimuler la pousse d’un duvet. Pendant 3 mois.

Au même moment, pour toute de suite bloquer l’action des hormones et permettre à ce duvet de tenir et de se transformer en cheveux, on démarre :

  •  Deux applications par jour de Minoxidil 5 %, associées à 1 comprimé de Finastéride (1 mg). Traitement à vie.

1 mois après, on associe à cela : 

  • Des injections de PRP pour doper la vascularisation du cuir chevelu qui a été altérée par la DHT. Le médecin peut y associer aussi un produit de mésothérapie pour apporter des nutriments directement au bulbe et renforcer la tige des cheveux. Le protocole est de 3 séances espacées d’un mois, puis une séance d’entretien par an.

Et si ça ne suffit pas pour retrouver une top chevelure ?

Tout dépend à quel stade en est votre alopécie Au-delà d’un stade 3 (voir classification d’Hamilton), le traitement médical ne suffira peut-être pas à retrouver toute la densité que vous souhaitez. Dans ce cas, il faudra compléter avec une greffe capillaire, mais sans interrompre le traitement médical qui assurera un meilleur résultat en préservant la vie des cheveux persistants.

Quels spécialistes consulter pour tous ces traitements médicaux contre l’alopécie ? 

Un médecin obligatoirement : médecin esthétique, dermatologue ou chirurgien plasticien spécialiste des cheveux. Malheureusement, il n’existe aucune société savante sur ce sujet spécifique sur laquelle vous renvoyer. Et les pros du cheveu sont à peine une dizaine en France. Demandez l’aide de votre médecin traitant pour les identifier.

 

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