Peau relâchée

Je fais quoi ?

Option 1. Des séances de radiofréquence

Ce sont des ondes électromagnétiques qui délivrent une énergie, laquelle est ensuite transformée en chaleur (autour de 40 °) dans les tissus. S’ensuit une nouvelle synthèse de collagène dans le derme qui améliore la tonicité. Il existe cependant plusieurs types de radiofréquence : les radiofréquences externes (la plus répandue et celle qui est utilisée avec le plus de sécurité est la « bipolaire ») et les radiofréquences intradermiques fractionnées (Fractora d’Invasix, Secret de Technilase, Explore, Vénus Viva, etc. ) qui délivrent l’énergie de radiofréquence directement au sein des tissus par l’intermédiaires de microaiguilles conductrices. « Outre le relâchement cutané, cette technologie de toute dernière génération permet aussi de traiter les cicatrices d’acné, l’aspect « canapé Chesterfield » de la cellulite, les vergetures » précise le Dr Dominique Boineau, dermatologue. Le gros avantage de la radiofréquence, quelque soit l’appareil, est qu’elle peut être utilisée sur tous les types de peau, mêmes foncées. Et sur toutes les zones du corps (visage, cou, décolleté, dos des mains, bras, cuisses, genoux, ventre). A noter : si le relâchement est associé à une légère surcharge graisseuse, dans ce cas on traite d’abord la surcharge (avec des ultrasons, de la cryolipolyse, etc), ensuite le relâchement.

Y a t-il des contre-indications ?

  • Le port d’un pace-maker.
  • Des lésions cutanées sur la zone traitée.
  • La grossesse.
  • La présence de cicatrices chéloïdes.
  • La prise d’isotrétinoïne (traitement de l’acné par voie orale)

Avant l’intervention

Aucune anesthésie n’est nécessaire pour la radiofréquence externe. La radiofréquence intradermique nécessite en revanche l’application d’une crème anesthésiante une heure avant la séance.

Comment ça se passe ?

Le médecin déplace sa pièce à main sur la zone à traiter, en juxtaposant les spots. On ressent une sensation de chaleur et des picotements, mais c’est supportable. En revanche, avec la radiofréquence intradermique, la sensation de chaleur est plus vive (d’où l’anesthésie).

Et après ?

On ressort avec des rougeurs qui peuvent persister jusqu’au soir. Après, une radiofréquence intradermique, s’y associent des micro-croûtes, correspondant au passage des aiguilles à travers le derme. Mais elles ne sont pas visibles. On a simplement la sensation de peau rugueuse sous les doigts. Un œdème (gonflement) est aussi possible. L’effet du traitement apparaît entre 3 et 6 mois. Mais on sait dès les premières séances si vous êtes répondeur ou pas ! De fait, certains sujets ne réagissent pas à la stimulation thermique des tissus. Comptez en moyenne 6 à 8 séances espacées de 3 à 4 semaines, puis 1 séance d’entretien 2 à 3 fois par an pour la radiofréquence externe. Et 2 à 4 séances espacées d’un mois pour la radiofréquence intradermique.

Quels sont les risques éventuels ?

Rien de très méchant.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique.

C’est cher ?

Environ 150 € la séance.

Ici, plus d’infos sur les appareils qui chauffent la peau pour la retendre.

Option 2 : des ultrasons microfocalisés (Ultherapy, HIFU)

Késako ? « « Focalisé » signifie que toutes les ondes se concentrent en un point. Tous les millimètres, un impact d’1 mm3 est délivré. La chaleur de la machine qui monte jusqu’à 60/65 °C provoque une lésion thermique localisée dans le tissu, à partir de laquelle la peau va se rétracter, puis se régénérer en produisant un nouveau collagène dans le derme, avec un bel effet de remodelage à la clef », explique le Dr Noël Schartz, dermatologue. Mieux : à 4, 5 mm de profondeur, les ultrasons atteignent le SMAS (enveloppe qui recouvre le muscle peaucier du cou) pour le retendre, celui-là même sur lequel le chirurgien intervient au cours d’un lifting ! Les effets des ultrasons microfocalisés ne rivalisent pas complètement avec le lifting car on ne retire pas de peau. Cependant, en contractant le SMAS grâce à la chaleur, on obtient un bel effet de retension.

La technique s’adresse aux visages présentant un relâchement modéré, avec une peau pas trop fine et peu d’épaisseur graisseuse. La méthode de référence s’appelle l’Ultherapy (Laboratoire Merz Aesthetics). Elle a fait l’objet de 46 études cliniques et a reçu plusieurs agréments de la FDA (Food and Drug Administration) dans différentes indications (l’ovale, le cou, le décolleté, le sourcil). C’est la plus sûre et la plus éprouvée actuellement. Cependant, des machines coréennes sont également disponibles sur le marché. Outre le fait qu’elles n’offrent pas les mêmes garanties de sécurité (aucune n’a l’agrément FDA), elles sont réputées moins puissantes et nécessitent souvent plusieurs séances pour obtenir le même résultat. L’arrivée d’un nouvel appareil italien HIFU est annoncée pour bientôt ( à suivre).

Y a t-il des contre-indications ?

  • Les femmes enceintes et allaitantes, par précaution.
  • Les personnes présentant des troubles hémorragiques ou un dysfonctionnement hémostatique.
  • Les maladies de peau actives (infection, herpès simplex, plaies, etc.)
  • La paralysie de Bell.
  • L’usage d’Ulthera n’a pas été évalué chez les patients sous anti-coagulants (donc mieux vaut peut-être éviter).
  • Des stents métalliques dans la zone de traitement.

Avant l’intervention

La plupart du temps, le traitement est réalisé sans anesthésie. Mais ressenti comme douloureux pour environ 10 % des patientes, notamment au niveau de la mâchoire et du sourcil du fait de la proximité de l’os, il est possible d’appliquer une crème anesthésiante (Emla, Pliaglis) si les impacts que le médecin prévoit de délivrer sont peu profonds, ou d’administrer du protoxyde d’azote (Kalinox), à travers un masque appliqué sur le visage. Des antalgiques par voie orale peuvent également être administrés. Pour différentes raisons, le fabricant ne recommande pas l’anesthésie locale mais certains médecins expérimentés la pratiquent quand même, ayant montré qu’elle n’entraînait pas d’effets secondaires particuliers. Les visages ronds supportent cependant mieux la douleur que les émaciés, l’effet thermique étant atténué par la graisse.

Si vous avez reçu des injections de produits de comblement précédemment, vous devez le signaler au médecin. Ils pourraient compromettre le traitement.

Comment ça se passe ?

Un gel d’échographie est appliqué. Puis le médecin déplace la pièce à main de l’appareil sur la zone à traiter, tout en contrôlant en permanence sur l’écran du dispositif la zone ciblée (du moins sur le système Ulthera), pour adapter au mieux la profondeur d’action et rendre le traitement plus efficace et confortable. Le traitement de l’ovale dure environ 1 h à 1 h 30.

Et après ?

On ressort du cabinet avec des rougeurs, qui s’estompent en 2 à 3 heures et une sensation de tension qui persiste pendant 24 heures. Un œdème (gonflement) parfois important, peut aussi survenir (surtout dans la région de l’ovale). Il s’estompe en quelques jours. Parfois des petits points, comme des piqûres de moustique, apparaissent, puis d’évanouissent en 2 à 3 semaines. L’effet thermique pouvant faire claquer un vaisseau, on n’est pas à l’abri d’une petite ecchymose (bleu), qui s’estompe en 1 semaine environ. Au toucher, la peau peut être un peu sensible pendant les 3 premières semaines. Le résultat apparaît progressivement et s’accentue au cours des 3 à 4 mois suivants. En général, une seule séance suffit.

Quels sont les risques éventuels ?

  • Des brûlures, des cicatrices si le traitement est réalisé de façon incorrecte.
  • Une douleur, une faiblesse musculaire, un trouble de la sensibilité, des fourmillements peuvent survenir de façon transitoire sur la zone traitée.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique, un chirurgien plasticien équipé d’un appareil à ultrasons microfocalisés.

C’est cher ?

Le traitement est facturé en fonction du nombre d’impacts. Par exemple, pour 400 impacts sur l’ovale, comptez autour de 1800 €.