Fesses plates

Le problème : le muscle grand fessier n’est pas très développé, ou alors, la couverture graisseuse est pauvre, ou encore, la lordose (courbure vers l’intérieur de la colonne vertébrale) n’est pas suffisamment marquée. Et parfois même, les trois problèmes coexistent !

Solution 1 : une pose de prothèses

Pendant des années, cette chirurgie a eu très mauvaise presse, mais ses complications étant aujourd’hui mieux maîtrisées, elle commence à se démocratiser. La solution est destinée à celles (et aussi ceux) qui recherchent un beau volume. Comme pour les prothèses mammaires, on choisit son modèle, qui peut être de forme anatomique ou ronde (la plus esthétique) ou biconvexes (pour un effet encore plus bombé), mais toutes sont remplies de gel de silicone. Le volume moyen des prothèses est actuellement de 300 à 500 cc. Mais certaines femmes vont jusqu’à demander du 800 à ou du 900 cc. Contrairement aux prothèses de seins, un gros volume sur les fesses peut être très harmonieux (à condition d’avoir les seins qui vont avec !).

Y a t-il des contre-indications ?

  • Les maladies auto-immunes
  • Une infection en cours
  • Les moins de 18 ans.

Avant l’intervention

  • Un bilan sanguin est prescrit.
  • Il faut stopper la prise de tout médicament contenant de l’aspirine 10 jours avant l’intervention.
  • Cesser de fumer 1 mois avant et 1 mois après l’intervention.
  • Consulter le médecin-anesthésiste au minium 48 heures avant l’intervention.
  • Ne rien manger ni boire au moins 6 heures avant l’intervention.
  • Faire épiler soigneusement le pli-interfessier par une esthéticienne, au laser ou à la cire. Surtout pas de rasage (les poils pourraient repousser sous le pansement !).

Comment ça se passe ?

Sous anesthésie générale, le chirurgien glisse les implants dans l’épaisseur du muscle grand fessier, sous contrôle endoscopique. « Les incisions sont situées à 1 cm de part et d’autre du pli inter-fessier. Elles sont bien cachées », explique le Dr Marc-David Benjoar, chirurgien plasticien. Des drains aspiratifs sont posés de chaque côté des fesses pour évacuer l’excès de sang qui s’accumule autour des prothèses et peut former des hématomes. L’intervention dure 1 h à 1 h 30 et nécessite une nuit d’hospitalisation.

Et après ?

On se réveille sans aucune douleur car en plus de l’anesthésie générale, le chirurgien a pratiqué une anesthésie locale étendue de la zone opérée. Les sensations reviennent après quelques heures, et là, forcément ça fait mal. On ressent comme des grosses crampes, mais que l’on arrive à calmer avec la prise d’antalgiques. Reste qu’il est quand même difficile de se mouvoir, on marche un peu comme une mamie, et la position assise n’est pas du tout confortable. Dans son lit, on est bien que sur le côté ! Le surlendemain, les drains sont retirés. On peut rentrer chez soi, et prendre sa première douche. Les fesses sont gonflées un maximum la première semaine, puis l’œdème se réserve progressivement au cours du mois qui suit. Des ecchymoses (bleus) aussi sont présentes pendant 3 semaines. Pendant 2 semaines, une infirmière vient quotidiennement à votre domicile nettoyer soigneusement la cicatrice, et changer les pansements. On doit porter un shorty en lycra pour les maintenir bien en place. Après chaque selle, il faut penser à nettoyer correctement le pli interfessier, et à bien le sécher, pour éviter toute macération. Un régime alimentaire avec des fibres est également prescrit pour éviter la constipation. Pour dormir, la seule position vraiment idéale, c’est sur le côté. Pendant les deux 2 premières semaines, il est conseillé de rechercher les tabourets hauts plutôt que les chaises basses pour s’asseoir, pour ne pas trop tirer sur les cicatrices. De même, une fois assise, il faut éviter de trop se pencher vers l’avant. Le sport et les rapports sexuels sont interdits pendant 1 mois ! On oublie complètement la présence des prothèses entre 1 et 3 mois. Le résultat définitif s’obtient à 3 mois.

Après 7 ans, une surveillance des prothèses par IRM doit être effectuée tous les 3 ans. On les remplace lorsqu’une fissure est détectée.

Quels sont les risques ?

  • Un hématome dans les 10 jours suivant l’intervention nécessitant son évacuation immédiate au bloc.
  • Un épanchement de lymphe (sérome), qui aboutit à une infection, dans les 15 jours suivant l’intervention. Il oblige à retirer la prothèse, qui pourra être remplacée dans six mois.
  • Une désunion (ouverture) de la cicatrice provoquée par certaines positions assises.
  • Une rotation des implants anatomiques (d’où l’utilisation grandissante des implants ronds).
  • La survenue d’une coque (réaction inflammatoire à corps étranger) obligeant à retirer l’implant, mais c’est rare.

Qui consulter ?

Un chirurgien plasticien.

C’est cher ?

Autour de 5500 €/6500 €.

 

Solution 2 : un lipofilling !

Cette technique s’adresse à celles qui refusent les prothèses ou qui souhaitent une augmentation de volume modérée. On prélève de la graisse dans les cuisses ou le ventre que l’on réinjecte dans les fesses, à condition toutefois que le corps soit suffisamment enrobé pour cela.

Quelles sont les contre-indications ?

  • Des antécédents trombo-emboliques.
  • L’absence de graisse sur le corps.

Avant l’intervention

  • Un bilan sanguin est demandé.
  • Il faut stopper tout médicament contenant de l’aspirine dans les 10 jours précédent l’intervention.
  • Cesser de fumer 1 mois avant et après l’intervention.
  • Consulter le médecin-anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention.
  • Ne rien manger ni boire 6 heures avant l’intervention.

Comment ça se passe ?

Sous anesthésie générale, le chirurgien prélève, via des petites incisions de 3 mm, la graisse dans les cuisses ou toute autre partie enrobée du corps, et la réinjecte à l’aide d’une canule très fine, en nappage sous la peau (surtout pas dans l’épaisseur du muscle) dans toute la surface de la fesse. « Nous injectons entre 300 et 400 cc, sachant qu’environ 30 % du volume greffé va se résorber au cours du mois qui suit », explique le Dr Yaël Berdah. En fin d’intervention (qui dure facilement 2 à 3 heures), le chirurgien vous enfile un lipo-panty qui comprime les zones aspirées et laisse à l’air libre l’arrondi de vos fesses (autant le dire, c’est ridicule). L’intervention dure entre 2 h et 2 h 30 et peut nécessiter une nuit d’hospitalisation.

Et après ?

C’est comme les suites d’une lipo. On a du mal à se mouvoir pendant la première semaine, on marche à petits pas. Un repos de 8 jours n’est pas de trop pour se reconstituer, avant de reprendre le travail. On doit porter le lipo-panty découpé sur les fesses jour et nuit pendant 2 semaines (super !). Les zones de liposuccion sont soufflées par l’œdème pendant 2 mois, et les zones d’injection pendant 1 mois (mais de façon plus modérée). Les fesses peuvent avoir l’air un peu grosses, mais il faut se rappeler que 30 % du volume greffé va se résorber au cours des semaines qui suivent. Des ecchymoses (bleus) sont présentes sur les zones liposucées pendant 3 semaines, elles plus rares dans les zones de lipofilling. Il est recommandé de dormir sur le côté les cinq premières nuits pour favoriser une bonne prise de la graisse. En revanche, on peut s’asseoir comme on veut. On repose en fait plus sur ses ischions (les deux os pointus sous les fesses). Le résultat de la greffe de graisse est définitif à 2 mois. Une deuxième séance peut être réalisée, si besoin, après 3 mois.

Quels sont les risques ?

Une embolie graisseuse pulmonaire si de trop grosses quantités de graisse sont injectées, une complication très grave.

Qui consulter ?

Un chirurgien plasticien.

C’est cher ?

Ah oui ! 5500 € la séance de lipofilling !

 

Solutions 3 : des injections d’acide hyaluronique 

Ça revient ! Le Macrolane n’est plus sur le marché, mais un autre produit est apparu en 2017, le Hyacorp. Mais le produit coûte très cher, entre 180 € et 250 € la seringue de 10 cc ! On ne peut donc décemment le proposer pour des volumes supérieurs à 200 cc par fesse (soit une augmentation de volume modérée), ce qui fait déjà une addition salée ! Le tout pour un résultat éphémère (entre 12 et 18 mois). Une petite quantité peut cependant apporter un effet « bonne mine » à une fesse légèrement défraîchie. Et il reste une solution pour celles (ou ceux) qui ne veulent pas de prothèses ou qui ne sont pas suffisamment enrobés pour avoir droit à une greffe de graisse.

Les contre-indications

Le médecin ne pourra pas injecter si vous avez déjà reçu un produit de comblement permanent type silicone ou polyalylamide.

Déroulement de l’intervention

Le médecin repère les zones à combler en position debout, puis nous demande de nous allonger sur le ventre sur la table d’opération. Il réalise ensuite une anesthésie locale ou loco-régionale de la zone à traiter et par 3 à 4 incisions pratiquées dans la partie haute des fesses, il injecte le produit, à la canule, dans l’espace sous-cutané. Une première formule très réticulée est placée quasiment au contact du muscle, puis une seconde moins réticulée, plus superficiellement. Les incisions sont ensuite refermées et protégées par un pansement. L’intervention dure environ 30 minutes.

Les suites  

La zone est un peu sensible, comme si on avait fait une bonne chute sur les fesses, mais on marche tout à fait normalement. Il est recommandé de dormir sur le ventre pendant 2 à 3 jours, le temps que le produit prenne sa place. La reprise du travail est possible dès le lendemain (si on n’est pas assis à longueur de journée). Sinon, mieux vaut attendre 48 h. Après un an, on réinjecte.

Les risques potentiels  

  • En se résorbant, le produit peut provoquer des petits nodules (boules) indurées. Elles correspondant à une réaction inflammatoire localisée. Elles disparaissent souvent spontanément après quelques semaines.
  • Une embolie veineuse, si le produit a été injecté trop profondément (= sous le muscle), qui peut être grave. D’où l’importance de s’adresser à un médecin entraîné à ces injections et qui ont une bonne connaissance anatomique de la région fessière.