Menton

IL EST PETIT ET FUYANT

Lorsque l’on regarde le visage de profil, la mâchoire doit être à peu près alignée sur le front. Si le menton est trop reculé, on dit qu’il est « fuyant ».

Je fais quoi ?

Une chirurgie du menton appelée « génioplastie d’avancement »

Si le menton est fuyant mais de hauteur normale, la solution consiste à l’avancer grâce à la pose d’un implant en silicone, en polyéthylène poreux (mousse en plastique dur micro-alvéolée) ou en titane poreux, qui va progressivement s’intégrer à l’os de la mâchoire.

En revanche, si le menton est fuyant mais d’une hauteur trop importante, on pratique une « ostéotomie d’avancement », opération qui consiste à couper l’os du menton horizontalement puis à faire glisser la partie inférieure vers l’avant, comme un tiroir. A savoir : cette intervention peut être réalisée seule ou combinée à une rhinoplastie (chirurgie du nez), dans le cadre d’une « profiloplastie », pour améliorer l’esthétique du profil (nez très long avec menton fuyant).

Y a t-il des contre-indications ?

Une infection dentaire qu’il faudra soigner avant l’intervention.

Avant l’intervention

– Le médecin analyse l’esthétique globale du visage, de face, de profil, de trois-quarts, la hauteur et la projection du menton (s’il avance trop ou pas), étudie l’articulé des dents pour contrôler la façon dont la bouche se ferme. Puis, sur ordinateur, sur une photo de vous, il simule ce que sera votre futur menton.

– S’il y a une gêne au niveau de l’articulé dentaire, la prise en charge ne sera pas la même : il faudra faire un traitement orthodontique, suivi d’une chirurgie spécifique appelée « chirurgie des bases osseuses », et s’orienter vers un chirurgien maxillo-facial pour ce faire.

– Un bilan sanguin est réalisé.

– Il faut stopper tout médicament contenant de l’aspirine dans les 10 jours précédents l’intervention.

– Cesser de fumer 10 jours avant et après l’intervention.

– Consulter le médecin anesthésiste au minimum 48 heures avant l’intervention.

Comment ça se passe ?

Il y a 2 façons de poser un implant. Soit, le chirurgien passe par l’intérieur de la bouche, au niveau la gencive inférieure, et dans ce cas, il n’y a aucune cicatrice visible, soit il incise sous le menton, et il en résulte une cicatrice de 4 cm mais néanmoins très discrète. « Personnellement, je préfère sous le menton, car il y a moins de risques de complications, et les suites sont plus simples. Mais chaque chirurgien choisit la voie d’accès en fonction de ses habitudes», rapporte le Dr Marc-David Benjoar, chirurgien plasticien. La peau et les muscles sont décollés. Puis, le chirurgien place l’implant en polyéthylène (ou titane en poreux) au contact de l’os mandibulaire, dans une loge créé à cet effet. Il est ensuite fixé avec des vis en titane et la cicatrice suturée. L’intervention dure environ 1 heure et  nécessite une journée d’hospitalisation (chirurgie ambulatoire).

La technique de l’«ostéotomie » (la préférée des chirurgiens maxillo-faciaux) consiste, elle, à sectionner l’os du menton au-dessous des racines des dents, puis à faire glisser le fragment osseux vers l’avant. Ce dernier est ensuite fixé par des fils d’acier ou des mini-plaques métalliques et des vis, avant de suturer le tout. L’intervention est un petit peu plus longue, autour d’1 h 30.« Et surtout les suites surtout beaucoup plus complexes qu’après la pose d’implant », précise le Dr Benjoar.

Et après ?

Après la pose d’implant, un pansement cicatrisant peut être appliqué pendant 10 jours sur la cicatrice, mais il n’est pas systématique. Le menton peut être légèrement gonflé pendant 7 jours. Mais la plupart du temps, c’est tellement discret que l’on peut reprendre le travail dès le lendemain (mis à part qu’il peut y avoir des quelques ecchymoses (bleus)). Autant, c’est facile à planquer sur une fille, autant sur un garçon … Elles durent entre 8 à 21 jours. Les fils sont retirés après 7 jours. La cicatrice est rosée pendant 2 à 3 mois, puis s’estompe progressivement.

– Si l’implant a été posé en passant par l’intérieur de la bouche, les suites sont un peu plus embêtantes. On est contraint de manger des aliments mixés et froids, pendant les 10 premiers jours, et de faire des bains de bouche antiseptiques quotidiens.

Le résultat définitif après la pose d’implant s’observe après 3 mois.

– Après une ostéotomie, qui est une chirurgie beaucoup plus invasive, on monte encore d’un cran, avec des saignements par la bouche fréquents juste après l’intervention (la plupart du temps sans gravité) Une excellente hygiène buccale est essentielle et des bains de bouche sont prescrits. Pour obtenir une cicatrisation dans de bonnes conditions, il faut respecter certaines précautions : l’alimentation doit être tiède ou froide, plutôt molle en évitant une nourriture trop chaude, épicée ou acide. Une mentonnière est appliquée pendant 3 à 4 jours pour aider à résorber le gonflement qui peut être important, en raison du décollement important des tissus qui a été pratiqué, et s’étend également aux lèvres et au cou. Il dure environ 1 mois. Des sensations désagréables d’engourdissement, de fourmillement, de picotement, peuvent être ressenties et persister jusqu’à 6 mois. La mobilité de la mandibule est diminuée : il est difficile de parler et de manger, en particulier la première semaine. Il faut patienter environ 6 mois, pour avoir une bonne appréciation du résultat.

Quels sont les risques ?

• Une infection, risque majeur après la pose d’un implant, obligeant à le retirer.

• Un menton tombant et une paralysie transitoire ou définitive du nerf dentaire inférieur entraînant des troubles de la sensibilité de la lèvre inférieure, de la gencive ou des dents, après la pose d’implant par voie buccale, ou une ostéotomie d’avancement.

• Une coque (réaction inflammatoire à corps étranger) après la pose d’un implant en silicone, obligeant à retirer la prothèse.

• Un hématome du plancher de la bouche, après une ostéotomie.

• Un retard ou absence de consolidation osseuse, comme après toute fracture (après ostéotomie), obligeant à réopérer.

• Plus rarement, après ostéotomie, le fragment osseux peut se résorber progressivement et entraîner la disparition du relief créée par l’intervention. Il faudra alors pratiquer une reconstruction secondaire avec une greffe osseuse ou la mise en place d’un implant mentonnier.

Qui consulter ?

Un chirurgien plasticien, un chirurgien maxillo-facial, un chirurgien ORL.

C’est cher ?

4500 € à 5500 €.