18 mai 2026
Longtemps confidentiels, les fils tenseurs permanents retrouvent une vraie place dans l’arsenal anti-relâchement, boostés par par le grand retour du lifting.
Depuis quelques années, avec les visages magistralement rajeunis de stars comme Demi, Donatella, Kris & co, le lifting est redevenu ultra tendance. Néanmoins, tout le monde n’a pas, comme elles, le cran de passer au bloc ! Je me suis donc dit que ces fils permanents (Infinite Threads, Spring Threads, …), dont je vous avais déjà parlé en 2019 (Lire ici : les fils permanents remplacent-ils le lifting ?), méritaient un nouveau coup de projo. Car eux aussi rehaussent les joues et les bajoues, lisse le sillon nasogénien et retendent le cou, mais sans avoir besoin de « tout ouvrir » ! En prime, les spécialistes disposent aujourd’hui d’un vrai recul (plus de dix ans). La technique a clairement gagné en maturité, et trouvé sa place dans la boîte à outils du chirurgien.
C’est pour qui les fils permanents ?
Comme aime à le rappeler le Dr Bernard Cornette de Saint Cyr, le visage vieillit de deux façons. La première correspond à un glissement des tissus – peau, graisse et muscles – le long des structures osseuses, entraînant une perte de définition de l’ovale et l’apparition des bajoues. Ce type de vieillissement concerne souvent des peaux entre 35 et 55 ans, encore belles, avec peu de rides, mais présentant un affaissement marqué du bas du visage. La seconde façon de vieillir est celle qui consiste à « fabriquer » de la peau. Le visage présent alors un véritable excédent cutané, et des rides marquées. C’est souvent le cas des peaux fines. Cette évolution peut suivre la première ou apparaître plus tardivement, autour de 55-65 ans. « Les bonnes candidates aux fils tenseurs permanents sont celles qui présentent un relâchement encore modéré, lié au glissement des tissus » indique Bernard Cornette de Saint Cyr.« Il y a encore dix ans, je n’avais pas d’autre option que le lifting chirurgical à proposer à ces patientes. Aujourd’hui, les fils permanents offrent une alternative intéressante à celles qui ont peur du bloc, des suites opératoires et des cicatrices. Je peux aussi les proposer en reprise de lifting, si la patiente n’a pas envie d’une nouvelle chirurgie. En revanche, lorsque l’excès de peau est véritablement installé, le « lifting ouvert » reste définitivement la meilleure option».
Le Pr Armand Paranque, qui utilise aussi les fils permanents depuis plusieurs années, confirme : «Il ne faut pas se mentir : la meilleure solution pour corriger un relâchement cutané reste le lifting chirurgical, même dans un cas modéré. On peut alors le réaliser a minima, sous anesthésie locale, avec des cicatrices très courtes. La traction sur l’ensemble du visage est plus uniforme qu’avec des fils tenseurs, et le résultat plus durable. Mais il est vrai qu’il existe aussi des patientes totalement phobiques de la chirurgie, environ 5 à 10 %. Et 30 % de celles qui consultent la première fois pour un problème de relâchement ne veulent pas franchir d’emblée le pas du bloc. Donc cette proposition de lifting avec des fils fait sens. C’est beaucoup moins traumatique».
Quelles avancées ces dernières années ?
La technique de pose s’est nettement affinée, notamment au niveau du cou, une zone toujours plus complexe à traiter car toujours en mouvement. Pour obtenir un résultat plus stable et durable, les fils (deux par côté) sont désormais placés plus profondément, dans le platysma, le muscle du cou. Ils sont introduits derrière le pavillon de l’oreille, sous anesthésie locale, descendent vers le cou, passent ensuite sous le menton puis rejoignent l’autre côté du visage. La nouveauté ? Ils ne sont plus posés de façon rectiligne mais entrecroisés sous le menton. Cet ancrage limite le risque de glissement et améliore la tenue dans le temps. Il est possible de traiter uniquement le cou, lorsque le relâchement se concentre principalement dans cette zone. Sinon, pour un résultat plus waou – proche d’un véritable lifting cervico-facial – on opte pour « la totale « : quatre fils supplémentaires de chaque côté du visage pour remonter simultanément les pommettes, les joues et les bajoues. La pose dure environ deux heures.Les suites ? Le visage reste gonflé pendant une semaine environ. Le résultat est top entre deux et quatre semaines.
Pourquoi parle t-on encore peu des fils tenseurs permanents ?
Détrompez-vous, le sujet est régulièrement évoqué sur les congrès de chirurgie esthétique, et il a ses fans. « Après, tous les chirurgiens ne les proposent pas car la technique demande un apprentissage, et beaucoup n’aiment pas forcément sortir de leur zone de confort. Pourtant, c’est une proposition qui complète très utilement le choix proposé au patient » indique notre chirurgien qui, après plus de de 4000 liftings chirurgicaux, se passionne littéralement pour ces fils.
Doit-on se méfier du caractère « permanent » de ces fils ?
Ce sont des fils chirurgicaux dont on se sert notamment pour suturer les opérations à cour ouvert, donc ils sont sûrs. Néanmoins, il faut être à l’aise avec l’idée d’un corps étranger glissé sous sa peau. On qualifie ces fils de « permanents », par opposition aux fils résorbables qui disparaissent en quelques mois. Mais dans les faits, le résultat est estimé entre 5 et 10 ans selon la qualité des tissus. Autre point important : ils peuvent être retirés à tout moment, si nécessaire. « Il arrive parfois que le fil passe sur le trajet d’un micro nerf sensitif, créant des sensibilités persistantes. Dans ce cas, on peut tenter l’injection d’une goutte de Botox, pour décrisper la zone et ça fonctionne plutôt bien. Sinon, on retire le fil » explique le Pr Paranque. Des sensibilités peuvent aussi provenir d’une tension excessive sur une portion du fil. Dans ce cas, un simple geste du chirurgien suffit généralement à le détendre.
Et après 5 à 10 ans que se passe t-il ?
Le vieillissement du visage se poursuivant, il est possible, si le relâchement réapparait, de poser d’autres fils, sans avoir à retirer les anciens.
Combien ça coute un lifting avec des fils tenseurs permanents ?
Tout dépend de la main qui les pose. Comptez à partir de 6000 €


Les experts
Dr Bernard Cornette de Saint Cyr et Pr Armand Paranque




Laisser un commentaire