14 septembre 2026
Vous avez fait des injections, mais impossible de vous rappeler de quoi. C’est grave ? Ben … Par Linh Pham
Très souvent, les femmes qui m’entourent ne se souviennent pas (ou plus) des produits qu’on leur a injecté. Ce qui, je l’avoue, me sidère toujours un peu. Parce que ce n’est pas anodin tout de même de se faire introduire une substance X sous la peau.
« Certains médecins remettent un carnet de suivi à leurs patientes. A défaut, le devis que le spécialiste délivre avant tout acte, fait aussi l’affaire. Le problème, c’est que beaucoup égarent ces documents … » rapporte le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue.
Pourquoi c’est important de connaîre les produits qui ont été injectés
Une substance injectable est un corps étranger
Bah, oui. Et donc, à ce titre, elle se comporte très différemment d’un produit « autologue », issu de vos propres tissus comme la graisse. Lis la suite.
Une réaction à corps étranger est toujours possible
Qui dit « étranger » dit qu’il n’est pas toujours bien toléré par l’organisme.
Tout injectable peut dans les jours qui suivent son injection, voire des semaines ou des mois plus tard, entraîner une réaction, la plus redoutée étant la réaction « granulomateuse » (nflammation prolongée autour du produit, sous la forme d’un nodule – petite boule, rouge, gonflée – qui peut nécessiter une petite intervention chirurgicale pour être retirée). Elle peut apparaître spontanément ou être déclenchée à l’occasion d’une infection (Covid, abcès dentaire, …).
Il existe des cas documentés de ce type jusqu’à dix ans après l’introduction de produits sous la peau, y compris avec ceux dits « résorbables » comme l’acide hyaluronique.
Vous pigez maintenant pourquoi il est important de vous rappeler les noms des produits ?
La toxine botulique en revanche, pose moins de soucis. Ce n’est pas un produit de comblement mais une protéine. Du coup, elle n’entraîne pas tout à fait les mêmes risques, et elle est rapidement dégradée par l’organisme.
Alors là, vous allez me dire : « Ben, l’acide hyaluronique, il n’est pas dégradé rapidement aussi ?». Alors, déjà, ça dépend de son épaisseur. Et puis, certains organismes dégradent plus lentement les produits que d’autres. Tant que la chose reste présente dans la peau, elle est toujours susceptible de se manifester. On sait aujourd’hui que des traces d’acide hyaluronique peuvent persister chez certains patients pendant plusieurs années.
Certains produits injectables sont totalement incompatibles entre eux
L’injection d’acide hyaluronique dans une zone qui a reçu auparavant un produit permanent (silicone, polymères acryliques, etc) est par exemple une contre-indication absolue ! Le risque de granulome est +++ ! Ça, il faut vraiment bien l’avoir en tête.
Vous pouvez être amené à changer de médecin
Dieu sait si le nomadisme aujourd’hui est fréquent ! Chose que je ne cautionne pas du tout, au passage. Un médecin n’est pas un coiffeur. On n’en change pas pour voir comment est celui de sa copine, mais uniquement quand on n’est pas, ou plus, satisfaite.
Bref, si vous papillonnez, il est certain qu’après un temps, vous perdrez le fil … « C’était du Sculptra qu’on m’a injecté l’an dernier. Ou non, attends … c’était du Radiesse … Ou peut-être bien de l’HarmonyCa ? … ».
Le médecin qui vous injecté(e) peut aussi avoir raccroché le tablier, ou passé l’arme à gauche. D’où l’importance de tout noter précieusement, on y revient …
Vous avez fait des injections à l’étranger
C’est d’autant plus problématique de ne pas vous souvenir du nom du produit que certaines substances utilisées hors hexagone peuvent être interdites ou ne plus du tout être commercialisés chez nous (type silicone, polymères acryliques, …). En général, ce n’est pas très bon signe …
Que faire quand on ne sait plus de quelles injections on a bénéficié ?
Contacter le médecin
Ce dernier est normalement tenu de vous renseigner sur les produits qu’il vous a administrés. Tout est consigné dans votre dossier patient : le nom de la spécialité, le n° de lot, le site d’injection, les volumes injectés, etc.
Mais dans la vraie vie, si vous vous êtes quittés en mauvais terme, il est probable qu’il rechigne à communiquer l’information. Mieux vaut donc ne jamais claquer la porte (ou en tous cas jamais trop fort).
Faire une échographie
De plus en plus de médecins esthétiques s’équipent d’appareils d’échographie (Lire ici : le trend des injections écho-guidées). Donc, par chance, si le vôtre en a un, il pourra aller inspecter vos tissus. Certains produits sont facilement identifiables, comme le silicone, ou d’autres produits de synthèse tels que l’hydroxyapatite de calcium (Radiesse) ou le polycaprolactone (Ellansé). L’acide hyaluronique, à moins d’être très volumateur, est plus complexe à détecter car il s’intègre rapidement dans les tissus. Mais bon, ces appareils constituent malgré tout une aide très précieuse.
Prier
Je ne veux pas vous faire peur (quoique, elle se révèle parfois salutaire), mais à la prochaine injection d’un nouveau produit, ça passe ou ça casse, tout simplement.

Mon experte
Dr Isabelle Rousseaux




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