Rides + taches

 

OPTION 1. Un peeling moyen à l’acide trichloracétique (TCA) dosé à 25 %

C’est le peeling le plus utilisé en dermatologie, une sorte de produit à tout faire : il élimine les rides, les taches, stimule la fermeté de la peau et atténue même les cicatrices d’acné. L’intervention consiste à appliquer l’acide uniformément sur le visage qui va déclencher une desquamation profonde et régénérer la peau.

Y a t-il des contre-indications ?

– Les femmes enceintes et allaitantes

– Un traitement à l’isotrétinoïne par voie orale

– Un herpès facial en poussée car il peut se diffuser à l’ensemble du visage après le peeling.

– Les peaux noires (phototypes V, VI)

Avant l’intervention

– Si la peau est mate ou foncée (à partir d’un phototype 4), la peau est préparée 2 à 3 semaines avant le peeling avec une préparation à base d’hydrocortisone et d’hydroquinone, qui va mettre les mélanocytes au repos et éviter le « rebond pigmentaire » (coloration brune de la peau post-inflammatoire).

– Un traitement anti-herpétique (Zélitrex) est prescrit, 5 jours avant la séance (+ 5 jours après).

– Les hommes doivent se raser la barbe avant la séance.

Comment ça se passe ?

Le visage est démaquillé, badigeonné d’un antiseptique, la chlorhexidine, qui va favoriser une pénétration uniforme du peeling (on parle de « facteur homogénéisant »). Puis à l’aide d’une compresse en non-tissé, l’acide trichloracétique est appliqué sur l’ensemble du visage. Ça chauffe sec. Pour soulager la sensation de cuisson, un ventilateur est placé à proximité du visage. En 5 à 10 minutes, le produit caustique coagule les protéines de l’épiderme, entraînant un « givrage » (blanchiment de la peau). L’action de l’acide est alors stoppée (on dit « neutralisée ») avec un spray d’eau thermale, puis une compresse glacée est appliquée pendant 15 minutes pour apaiser le visage.

Et après ?

Le médecin termine avec l’application d’une crème cicatrisante, et vous pouvez rentrer chez vous. A la maison, la consigne est d’appliquer matin et soir, pendant 8 jours sur le visage, un antiseptique (Diaseptyl) et la crème cicatrisante. Pendant 2 jours, la peau est rosée, puis elle brunit, craquèle, et pèle du 3 ème au 8 ème jour. On ne doit surtout pas tirer sur les lambeaux, sous peine de se retrouver avec des cicatrices. A la suite de quoi apparaît une nouvelle peau rosée, toute neuve. Et là, on peut à nouveau se maquiller si on veut, pour camoufler les roseurs qui vont bien durer 3 semaines. Pour éviter le rebond pigmentaire (coloration brune post-inflammatoire), il est recommandé de protéger son visage quotidiennement avec un écran solaire d’indice élevé. Pas d’exposition directe au soleil pendant 3 à 6 mois. Pour préserver les résultats du peeling, il est conseillé d’appliquer une crème à l’acide glycolique ou à la vitamine A acide quotidiennement. Une seconde séance de peeling peut être préconisé après 3 mois, pour parfaire les résultats.

Quelles sont les risques ?

  • Une surinfection.
  • Un rebond pigmentaire dans les 2 à 3 semaines qui suivent le peeling, qui nécessitera de traiter la peau avec une préparation à base d’hydroquinone et d’hydrocortisone.
  • Possibilité de flambée d’une acné latente ou d’une rosacée, qui sera alors traitée par des antibiotiques.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique.

C’est cher ?

Autour de 500 € la séance.

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OPTION 2. Un relissage laser au C02 fractionné

La particularité de ce laser né en 2004 est d’abraser partiellement la peau, en « pointillés », pour laisser des zones de tissu sain et favoriser une cicatrisation plus rapide. On parle d’un laser « micro-ablatif », contrairement aux lasers ablatifs traditionnels (C02, Erbium), qui abrasent uniformément la peau, avec des suites plus lourdes et plus longues. A l’abrasion s’ajoute également l’effet thermique sur le derme (couche profonde de la peau), qui stimule la synthèse d’un nouveau collagène et procure un effet tenseur.

Selon la puissance réglée sur l’appareil, on délivre des impacts plus ou moins profonds. On crée des « puits » thermiques qui, en cicatrisant, vont se refermer et entraîner un « relissage » plus ou moins marqué de la peau.

Y a t-il des contre-indications ?

  • Les femmes enceintes, par principe.
  • Des troubles de la cicatrisation.
  • Des lésions cancéreuses et précancéreuses qui devront être traitées avant la séance laser.
  • Un herpès facial en poussée car il peut se diffuser à l’ensemble du visage après l’abrasion.
  • La prise de médicaments photosensibilisants
  • Une dermatose déclenchée ou aggravée par le soleil
  • Un traitement anti-acné sous isotrétinoïne orale. Il faut attendre 12 mois avant de programmer un laser car ce médicament favorise les cicatrices hypertrophiques.
  • Il est préférable de ne pas intervenir en saison ensoleillée (sauf exception liée à l’emploi du temps des patients) car le risque d’hyperpigmentation est maximal. Le mois qui suit le retour des vacances n’est pas non plus idéal car les mélanocytes (cellules bronzantes) sont activés.

Avant l’intervention

  • Un traitement anti-herpétique (Zovirax, Zélitrex) est systématiquement prescrit 5 jours avant et 5 jours après la séance
  • Une crème anesthésiante est appliquée sur l’ensemble du visage, sous film pastique, 1 h à 1 h 30 avant l’intervention.
  • Les hommes doivent se raser la barbe avant la séance.

Comment ça se passe ?

On porte des coques de protection métalliques sur les yeux. Le médecin oriente son faisceau sur la zone à traiter et « vaporise » la surface cutanée. Un fin quadrillage blanc apparaît. Plusieurs passages sont réalisés. On ressent comme une sensation de cuisson, mais qui est atténuée par la crème anesthésiante et le système de refroidissement intégré à l’appareil. La séance se termine par l’application d’une crème cicatrisante. La séance pour un « full face » dure environ 45 mn.

Et après ?

La sensation de cuisson est toujours présente, elle est atténuée par une pulvérisation d’eau thermale. La peau est rouge et gonflée pendant 3 jours. Matin et soir, on doit appliquer une crème antibiotique (Mupiderm) et plusieurs fois par jour, une crème cicatrisante. Au 4 ème jour, les petits points de brûlure commencent à sécher, formant des micro-croûtes qui tombent d’elles-mêmes au 6 ème jour. Là, on peut à nouveau se maquiller, et reprendre une vie sociale. Mais il faudra, pendant 3 mois, éviter toute exposition directe au soleil et protéger soigneusement son visage derrière un écran solaire d’indice élevé. La peau est inconfortable aussi, irritable (elle ne supporte plus les produits cosmétiques), pendant quelques semaines. Prévoir 1 à 2 séances espacées de 3 à 6 mois. Le résultat définitif s’apprécie entre 2 et 3 mois.

Quels sont les risques ?

– Une roseur persistante au delà de 2 à 3 mois

– Le réveil d’une acné ou d’une rosacée latente qui sera jugulée par un traitement antibiotique.

– Rarement des cicatrices hypertrophiques, voire chéloïdes.

– Tout aussi rarement, un risque d’hypopigmentation ou dépigmentation définitive, d’autant plus grand que la peau est foncée.

– Une hyperpigmentation parfois longue à se résorber sur les peaux mates. Il faut alors traiter avec une préparation à l’hydroquinone et à l’hydrocortisone.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un médecin esthétique, un chirurgien plasticien.

C’est cher ?

Entre 400 et 600 la séance pour une abrasion de profondeur moyenne.

 

OPTION 3. Un peeling profond au phénol atténué (Exoderm)

Il convient aux peaux très ridées, parcheminées, avec un « plissé accordéon » sur les joues, signe que la peau a trop pris le soleil.

C’est le peeling le plus efficace de tous pour atténuer les signes de vieillissement. Ses résultats sont mêmes supérieurs à ceux du laser C02 fractionné. C’est la « Rolls » des traitements esthétiques … Il permet carrément de récupérer sa peau d’il y a 10 ou 15 ans ! Mais pour cela il faut accepter de souffrir …beaucoup. Ce n’est pas un acte à la portée de tous. Il faut être plutôt bien dans sa caisse pour endurer cela, ne pas être d’une nature trop flippée. D’autant que le peeling au phénol n’a pas très bonne réputation, il y aura toujours quelqu’un pour vous dissuader de le faire. « Les gens en sont restés à la formule d’après la guerre de 14, qui pouvait entraîner un risque de cicatrices et de dépigmentation avec une intolérance définitive de la peau au soleil » explique le Dr Bernard Peyronnet, dermatologue. Mais depuis l’époque des stars d’Hollywood, on a quand même fait des progrès ! Dans les années 80, un Israëlien, le professeur Yoram Fintsi, a reformulé le phénol dans une version atténuée, avec une solution « tampon » qui contrôle la pénétration du phénol et en limite les risques. Les cellules pigmentaires profondes qui assurent la repigmentation de la peau, sont préservées, et il n’y a pas de diffusion du phénol dans le sang susceptible de toucher d’autres organes.

Y a t-il des contre-indications ?

  •  Une insuffisance cardiaque, hépathique ou rénale aiguë.
  • Un diabète grave.
  • Un déficit immunitaire
  • Les sujets fragiles psychologiquement, les anxieux, les claustrophobes.
  • Les femmes enceintes et allaitantes.
  • Un herpès en cours d’évolution car il peut se diffuser à l’ensemble du visage après un peeling.
  • Les infections bactériennes actives
  • Un traitement par isotrétinoïne de moins d’un an
  • Des excoriations et laies ouvertes
  • Une chirurgie de la face de moins de 3 mois
  • Les sujets présentant des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes.
  • Les peaux noires (phototypes V, VI)
  • Il est préférable de ne pas intervenir en saison ensoleillée (sauf exceptions liées à l’emploi du temps des patients) car le risque d’hyperpigmentation est maximal. Le mois qui suit le retour des vacances n’est pas non plus idéal car les mélanocytes sont activés et le risque de taches blanches est augmenté.

Avant l’intervention

– Une crème à base d’hydroquinone et d’hydrocortisone est prescrite par le médecin pour les peaux mates, pour préparer la peau, mettre les mélanocytes au repos, au cours des 2 à 3 semaines précédents le peeling.

– Un traitement anti-herpétique est systématiquement prescrit, 8 jours avant et 8 jours après la séance.

Comment ça se passe ?

Le peeling est réalisé au cabinet du médecin sous anesthésie locale ou en clinique, sous anesthésie vigile pour les sujets âgés ou les cas d’antécédents cardio-vasculaires. Le visage est dégraissé à l’alcool et les yeux protégés avec un collyre pansement. L’acide est ensuite badigeonné uniformément avec un gros coton-tige en coton cardé, très lisse, que le médecin fabrique lui-même selon les enseignements de Yoram Fintsi. Instantanément, la peau « givre » (elle vire au blanc gris). Une deuxième couche est ensuite appliquée, puis une troisième sur les zones les plus marquées. A la fin de l’application, qui dure environ 30 minutes (ça brûle sec, on déguste sévère malgré la sédation), le visage est boursoufflé. Pour renforcer et homogénéiser l’action du produit, un sparadrap adhésif est appliqué sur l’ensemble du visage (paupières comprises). En dessous, la peau est à vif. L’épiderme ayant été entièrement liquéfié, on est à même le derme profond. On reste à la clinique pendant quelques heures le temps de retrouver ses esprits. Puis c’est avec une véritable tête de momie que l’on rentre chez soi (prévoir la Burqa et une bonne copine pour vous accompagner car le visage et les paupières commençant à gonfler, on n’y voit goutte).

Et après ?

On a mal, la peau chauffe beaucoup, et on a les yeux qui brûlent. Forcer sur le collyre et tous les calmants prescrits par le médecin. Il est interdit de fumer, de parler, de manger autrement qu’à la paille et on a l’obligation formelle de s’allonger dans son lit à 45 °, soutenue par des oreillers. Le lendemain, retour à la clinique pour ôter le pansement. Pas le meilleur moment du monde : le médecin le retire d’un coup sec ! L’épiderme, complètement liquéfié, part avec les bandelettes. Apparaît alors un visage violacé, complètement tuméfié, qui a doublé de volume. Il paraît que c’est bon signe. « Plus le visage est gonflé et plus la régénération de la peau sera optimale », assène le Dr Bernard Peyronnet. Le supplice n’est malheureusement pas terminé car le médecin, après avoir balayé les peluches restantes, repasse une couche de phénol sur le visage (voir parfois un coup de papier de verre !). On agite les pieds tellement ça fait mal. Une poudre jaune, de sous-gallate de bismuth, qui absorbe l’exsudat de lymphe, aseptise et cicatrise, est ensuite appliquée uniformément sur le visage. On rentre chez soi avec une tête de monstre, et un flacon du produit au cas où la peau recommence à briller ou suinter. Le gonflement du visage est maximum le lendemain. Là, on se traite de tous les noms, on se demande vraiment pourquoi on s’est lancé dans un truc aussi dingue ! La poudre a durci et forme comme un masque. Il faut éviter de parler pour ne pas qu’il craquèle, et pour les repas, on n’a le droit qu’à des aliments semi-liquides (purée, soupes, etc). Pour l’hygiène buccale : des bains de bouche uniquement. Et on est privé de shampooing et de coloration (mieux vaut prévoir avant). Puis les paupières se rouvrent, l’œdème descend ensuite dans le cou. Au huitième jour, on doit se tartiner toute la journée de vaseline, pour ramollir le masque. Le soir, la consigne est de nettoyer le visage plusieurs fois à l’eau et au savon pour le décoller, et la vieille peau poudrée part comme un masque cosmétique « peel off » très épais. Au-dessous, la peau est rouge écrevisse mais lisse et douce, comme celle d’un bébé. C’est bluffant ! Le visage est encore gonflé mais il est possible de reprendre le travail dès le lendemain. On a droit au maquillage pour masquer les rougeurs qui vont disparaître progressivement, mais cela peut prendre jusqu’à 3 mois. Pendant cette période, il est recommandé d’éviter toute exposition directe au soleil. Par ailleurs, la peau étant devenue plus vulnérable au soleil, il faudra la protéger en permanence avec un écran solaire d’indice élevé.

Quels sont les risques ?

– Un rebond pigmentaire passager. Le médecin prescrit alors une préparation à base d’hydroquinone et d’hydrocortisone pour le juguler.

– Des rougeurs persistantes, au-delà de 2 mois.

Qui consulter ?

Un dermatologue, un chirurgien plasticien rôdé à la pratique du phénol. Vous avez compris que ce peeling était très lourd. Surtout vérifiez bien les compétences du médecin avant de vous lancer  !

C’est cher ?

4000 €

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