Pourquoi le peeling dermatologique revient en force ?

Pourquoi le peeling dermatologique revient en force

Ce produit élaboré avec diverses substances chimiques stimule le turn-over cellulaire pour favoriser la régénération de la peau. En gros, c’est votre gommage, puissance « 10 », « 100 » ou « 1000 » selon la profondeur de la peau à laquelle il agit. Il ne date pas d’hier mais depuis environ deux ans, il opère un grand retour en force. Le Journal de Mon Corps vous explique pourquoi.   

 

Le peeling a fait ses preuves

Il était déjà connu sous l’Antiquité des Egyptiens, des Grecs et des Romains qui employaient différents procédés pour faire peler la peau : poudre d’albâtre, sel, chaux, moutarde, soufre, jus de fruits, lait …, et même l’urine ! Le premier médecin qui a décrit les propriétés de l’acide salicylique, du résorcinol, du phénol et du TCA est Unna, en 1882. La première publication médicale sur le peeling, utilisées pour les rides, l’acné, le masque de grossesse, remonte à 1941. Le peeling au TCA date de 1945, le phénol de 1952, les AHA de 1984. C’est dire si l’on possède une petite expérience de la technique ! A côté, les lasers sont des jeunots (ils datent d’à peine cinquante ans !).

Il est polyvalent

Il traite quasiment l’ensemble des problèmes esthétiques (les rides, les taches, les boutons, les pores dilatés, le masque de grossesse, etc.), et peut même aller jusqu’à procurer un effet incroyable effet « lift ». « Les lasers, en comparaison, ont moins de cordes à leur arc mais ils sont d’une précision redoutable. Toutefois, l’un n’exclut pas l’autre » explique le Dr Bernard Peyronnet, dermatologue. On peut très bien, commencer par traiter des taches par exemple avec un peeling et parfaire le travail au laser. Le peeling permet aussi de traiter certaines imperfections du corps : le décolleté froissé, les vergetures sur le ventre et les cuisses, l’acné du dos, etc.

Il s’adapte à toutes les peaux

Y compris les plus foncées, ce qui n’est pas le cas des lasers qui sont plus risqués. Les peelings superficiels, en particulier, sont très adaptés. Les peelings moyens demandent une préparation préalable afin d’éviter une hyperpigmentation. Les mélanocytes sont stimulés et peuvent entraîner une coloration brune de la peau qu’il est ensuite difficile d’éliminer (cela dit, au-delà d’un phototype III, on évite). Les peaux sensibles aussi ont droit aux peelings. La peau sera juste un peu plus rouge après la séance, mais il n’y a pas de réelle contre-indication.

Il n’a pas fini de nous surprendre  

« Il reste encore tout à inventer ! » s’enthousiasme le Dr Bernard Peyronnet, l’un des deux grands spécialistes du peeling en France qui passe son temps à chercher comment rénover les anciennes formules, booster les molécules existantes. « Les laboratoires nous sortent sans cesse de nouvelles molécules (acide piruvique, acide mandélique, azélaïque, etc), de nouvelles associations, mais il y a encore beaucoup à faire pour rendre les molécules éprouvées encore plus performantes », explique notre spécialiste. Récemment, il a modifié l’ancienne solution de Jessner, un peeling à base de résorcine et d’acide salicylique, qui était réputé dans la littérature pour son efficacité sur les taches, y compris sur les peaux les plus foncées, mais il avait des défauts : il était  trop costaud et ne pénétrait pas de façon homogène. En diminuant la concentration et en ajoutant un « agent homogénéisant » à la formule, il peut être utilisé aujourd’hui sans risque et traite absolument tout : les taches mais aussi le masque de grossesse, les cernes pigmentés, le teint terne, l’acné, les pores dilatés, le tout avec des suites extrêmement simples. Le Dr Philippe Deprez, un autre dermatologue réputé pour son expertise dans les peelings, exerçant, lui, en Espagne, a eu la bonne idée d’ajouter des antioxydants à ses peelings, afin de limiter l’oxydation créée par ces traitements et sécuriser les résultats. Cela limite en particulier le risque de rebond pigmentaire (hyperpigmentation) et soulage en même temps la sensation de cuisson inhérente à tout peeling un peu costaud. C’est à coup de petites innovations bien senties comme celles-là que le peeling perdure depuis Cléopâtre !

 

Quel peeling pour moi ?

Le peeling superficiel

Il procure un coup d’éclat, améliore les rides superficielles, les taches, le masque de grossesse, les pores dilatés, les peaux à imperfections, à condition de réaliser plusieurs séances. Il n’est pas douloureux et ne pèle pas (la peau peluche simplement). Il est donc parfaitement compatible avec une vie professionnelle (« lunch peel »). Le peeling à l’acide glycolique est le plus connu et le plus utilisé des peelings superficiels, bien qu’il ne soit pas très efficace et comporte des risques (une pénétration trop profonde peut entraîner une destruction de l’épiderme). D’où un protocole avec des dosages progressifs, 20 %, 30, 50 %, 70 %. Entrent aussi dans la catégorie des superficiels, le peeling à l’acide trichloracétique faiblement dosé (10/15 %), le peeling au rétinol, le peeling de Jessner, les peelings pour peaux grasses à base d’acide salicylique et tous les peelings dépigmentants pour les taches superficielles et masques de grossesse (Mesopeel, Melanostop, Lightening Peel, etc). « Dans les traitements anti-taches, il est important de préciser qu’aucun peeling ne se suffit à lui-même. Plus on combine les techniques (hydroquinone, acide glycolique, Jessner, etc…), meilleur est le résultat » fait observer le Dr Peyronnet. Prix : 150 € la séance.

Peeling de Jessner

 

Le peeling moyen

C’est le peeling à l’acide trichloracétique dosé à 20 ou 25 %, qui pénètre jusque dans le derme. Son action est plus complète. Il estompe les imperfections, les taches mais aussi les rides de profondeur moyenne et les cicatrices. Mais le traitement est plus inconfortable. Ça chauffe sec pendant 3 minutes. Ensuite ça pèle, il faut rester caché pendant 8 jours. Mais les résultats sont là ! Voir le protocole dans le détail en cliquant ici. Prix : 300 à 500 € la séance.

Peeling TCA « Cosmo Peel »

 

Le peeling profond

C’est principalement le peeling au phénol atténué, qui agit sur le derme profond. Il efface tous les signes de vieillissement, permettant de revenir dix, voire quinze ans en arrière. Mais c’est un protocole très lourd, qui n’est pas à la portée de tous. Voir en détail comment ça se passe ici. Prix : 4000 €.

 

Le peeling profond agit aussi sur les vergetures et les cicatrices profondes (dans ce cas on utilise plutôt un acide trichloracétique, comme dans la technique de la chémoabrasion, avec Easy TCA).  Ce peeling combine un peeling à l’acide trichloracétique dosé à 20 % et une abrasion au papier de verre et à la meule. Ça a l’air terrible raconté comme ça mais il n’y a pas plus efficace pour rattraper des cicatrices d’acné jugées indélébiles. Mais c’est 8 jours complètement « off » !…. (500 € à 600 € la séance).

 

Questions/réponses spécial « peeling addict »

Peut-on pratiquer le peeling toute l’année ?

Oui ! A condition de respecter les consignes de protection solaire du médecin à la lettre si vous décidez de le pratiquer en été ou vivez dans une région ensoleillée. Autrement, vous courrez le risque d’un rebond pigmentaire.

Une préparation de la peau est-elle obligatoire ?

Elle est couramment pratiquée mais les pros du peeling vous diront qu’elle n’est pas indispensable, sauf pour les peaux mates et foncées qui courent un gros risque d’hyperpigmentation. Dans ce cas, elle est indispensable pour « endormir » les mélanocytes (les cellules responsables de la pigmentation de la peau). Pour ce faire, les médecins prescrivent le duo hydroquinone/ hydrocortisone, à appliquer quotidiennement 2 à 3 semaines avant le traitement, puis 2 à 3 mois après.

Existe t-il des produits qui ne font pas peler ?

Oui, tous les peelings superficiels. Sinon, dans les peelings moyens, il existe le PRX-33 (ou biorevitalisation sans aiguille), un acide trichloracétique modulé par du peroxyde d’hydrogène, qui entraîne une exfoliation chimique sans exfoliation. Mais dans la grande majorité des cas, si on veut vraiment un résultat, il faut peler, ce qui oblige à se cacher pendant une semaine environ.

Qu’est-ce que le peeling ne traite pas ?

Les problèmes vasculaires  : érythrose, couperose, varicosités…

Y a t-il des contre-indications ?

Elles s’appliquent essentiellement aux peelings profonds. Néanmoins, le traitement est interdit aux personnes qui suivent un traitement anti-acné à base d’isotrétinoïne. Il peut entraîner des difficultés de cicatrisation. Et si on a la peau foncée ou des antécédents de cicatrices hypertrophiques, on évite les peelings moyens. Après une chirurgie, il est recommandé de patienter environ 8 mois.

Quels sont les risques ?

Brûlures, nécrose, hyperpigmentation, hypopigmentation, achromie (disparition complète de la pigmentation), cicatrices hypertrophiques, etc … Le peeling est un acte médical qui comporte un certain nombre de risques. D’où l’importance de s’adresser au bon médecin.

Quelle différence avec le peeling ou la microdermabrasion des esthéticiennes ?

Les esthéticiennes ont l’obligation d’utiliser des produits « soft », donc l’action se limite aux couches superficielles de l’épiderme. Les résultats sont donc limités : un simple coup d’éclat. Idem pour la microderbrasion qui équivaut à un très léger peeling superficiel.

Quelle différence entre le peeling et la dermabrasion médicale ?

Cette technique d’abrasion à la meule, un peu barbare, n’est plus très utilisée en France (hors mis pour les cicatrices profondes). Mais rien ne dit que personne ne la relancera car elle est très efficace !

 

Et pour celles qui veulent tout savoir sur les produits cosmétiques qu’on applique pour faire perdurer les résultats de son peeling, c’est par là !

 

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