Peut-on devenir accro à la médecine esthétique ?

accro à la médecine esthétique ?

Parmi les peurs de recourir à la médecine esthétique, il y a souvent celle de devenir accro ! Est-ce justifié ? La réponse d’une psychothérapeute.

Vous avez déjà sifflé plusieurs verres de vin. Vous êtes devenu(e) alcoolique ? Non ? Bon ben, alors ! Pour devenir accro, encore faut-il avoir un terrain prédisposé … On ne bascule pas par hasard dans l’addiction à la médecine esthétique (ou pire encore, à la chirurgie). « Les sujets fragilisés sont ceux qui ont une mauvaise estime d’eux-mêmes. Ils se trouvent moches et sont convaincus que personne ne posent jamais un regard sur eux », explique Cécilia Commo, psychothérapeute.

Ce sont les femmes par exemple qui se pointent au cabinet du médecin avec une photo d’Angelina Jolie, et demandent : « Je voudrais la même bouche !». Et le mois d’après, avec celle de Louise Bourgoin : « je voudrais les mêmes pommettes ! ». Et encore le mois suivant : « Dites docteur, vous ne me poseriez pas des fils pour retendre le bas de mon visage ? ». Une manne pour les praticiens ces femmes là !

Critiquer en permanence son physique relève d’un trouble obsessionnel que la médecine esthétique ne peut pas guérir

Mais ce n’est pas les secourir que d’accéder à leurs désirs. « Le regard que ces femmes portent sur elles est plus tyrannique que celui de leur entourage. Et rien ne les apaise tant qu’elles estiment ne pas avoir atteint la perfection, souvent incarnée pour elles par des stars ou des mannequins. En confiant leur visage à un médecin esthétique, elles tentent d’apaiser une angoisse, qui malheureusement ne fait que croître au fil des retouches et les fait basculer dans l’addiction », résume notre spécialiste.

C’est dans l’histoire infantile souvent que l’on trouve l’explication à cette souffrance. « Dans 99 % des cas, on constate que le regard des parents envers l’enfant n’était pas très tendre …  » rapporte Cécilia Commo. Avec la médecine esthétique, ces femmes essaient de s’offrir un visage qui attire (enfin) les compliments.

C’est tout à fait différent lorsque l’on consulte un médecin esthétique pour des sillons naso-géniens un peu marqués qui donnent un air triste au visage. Là, ce que l’on cherche, c’est à renforcer sa (bonne) image de soi.

Donc, à moins d’avoir un regard impitoyable sur vous-même, non, vous n’avez aucune chance de devenir accro aux injections, ni au reste !

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5 Commentaires on "Peut-on devenir accro à la médecine esthétique ?"

  1. Bien vu et on devrait tirer les oreilles (pas pour les lifter) des chirurgiens dont les clientes fréquentent leurs cabinets comme si elles avaient un abonnement à une salle de sport. La dysmorphophobie ne se répare pas avec un bistouri…Ils devraient donc mieux les informer avant l’opération.

    Isabelle, paris

  2. Je me suis toujours demandé quels types de médécins pouvaient accéder aux femmes qui en demandent trop !

  3. Un peu facile ce raisonnement. Mais dans la peau d’une psychothérapeute cela semble logique. Se sentir compétitif, sans un passé d’enfant martyre, cela existe dans notre société ou tout est mode, tout est clone dans les habits notamment et sans oublier la pub présente pour tout acheter. Pour ma part je sais que je peux me donner un aspect moins âgé de moi alors pourquoi pas! Nombreuses patientes et beaucoup de patients possèdent cette même envie sans un passé perturbé …Certes j’ai vu des patientes toujours en reconstruction mais en forte minorité, disons 1% pour les injectables , qu’il faut dépister afin de ne pas jouer avec leur angoisse . Sincèrement, Dr R. Vergereau

  4. Très juste et assez clair comme tour d’horizon sur accro ou pas aux injections.
    En réponse au commentaire de « VERGEREAU », je n’ai lu nulle part que la psy parlait « d’enfant martyr » ou de « passé perturbé » mais simplement d’une mauvaise image d’eux mêmes, certainement mal construite du temps de leur enfance. Quand on a une image de soi très forte et solide, la société n’a qu’une influence toute relative. Et en plus, il est bien dit que lorsqu’il s’agit d’un coup de frais, ou d’un coup de jeune, ce qu’on cherche « c’est à renforcer sa (bonne) image de soi » donc cela suppose que la bonne image existait déjà. Je trouve donc les propos plutôt justes et modérés. Et ça me conforte dans l’idée que les injections c’est comme tout : à utiliser avec modération mais à utliser quand même si on le souhaite 🙂
    Laurence

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