2 novembre 2026
Tout le monde s’en plaint ! Mais le pore est retors. Il n’est pas si facile à estomper ! PAR LINH PHAM
Quand on parcourt la littérature médicale sur le sujet, on s’aperçoit que les pores dilatés sont finalement assez peu étudiés. Étonnant, quand on sait à quel point le sujet passionne les foules, la Gen-Z en tête ! « Mon Dieu, mais tu as vu les trous, là, que j’ai dans la peau. Mais c’est quoi, ça ? Je peux pas sortir comme ça !!! ». Une obsession qui risque pourtant de ne pas être de sitôt apaisée car il n’existe, à ce jour, aucune méthode miracle pour les estomper.
Si le pore dilaté est si difficile à corriger, c’est parce que plusieurs facteurs entrent en jeu. Pour obtenir des résultats, il faut donc souvent combiner différents traitements. Mais n’espérez pas les resserrer complètement pour autant. Tout au plus peut-on réduire légèrement leur diamètre.
Notez que la taille d’un pore est comprise entre 0,1 et 0,6 mm et qu’il est considéré comme « dilaté » à partir de 0, 3 mm. Autrement dit, les résultats se jouent en dixièmes de millimètres ! Autant dire que le niveau de satisfaction varie beaucoup selon le degré d’exigence … et l’acuité visuelle de chacun ! Pour les ayatollahs de la « flawless skin » (peau impeccable), évidemment, ce ne sera jamais suffisant.
L’ennemi public n°1 est … purement naturel !
Quand on est obsédé par ses pores dilatés, on attend qu’une chose : les faire disparaître. Sauf que c’est impossible puisque le pore – notez bien cette info de premier ordre – est phy-sio-lo-gique. Naturel, quoi !
Il correspond à l’ouverture du canal pilo-sébacé, le petit conduit dans lequel se trouve le poil et auquel est reliée la glande sébacée, qui produit le sébum.
Sa taille est fonction de pleine de choses : de l’importance de la production de sébum (c’est donc surtout un problème de peau grasse), de l’âge (avec le temps, le tissu se relâche et les pores s’élargissent, en particulier sur le nez et la partie interne des joues. C’est d’ailleurs autour de 55 ans que le nombre de pores dilatés culmine), du diamètre du poil qui occupe le canal folliculaire, de l’exposition solaire (chronique, elle accentue la perte d’élasticité cutanée et rend les pores encore plus visibles), de la saison (en été la peau est plus grasse et les pores sont plus apparents), de la génétique (on n’est pas tous égaux face aux pores. Les plus chanceuses semblent être les Chinoises qui auraient les plus petits de toutes les ethnies).
Le plan d’attaque : cibler le sébum ou booster le collagène
Chez les peaux jeunes, l’objectif est de surtout diminuer la production de sébum. Chez les peaux matures, de stimuler la production de collagène autour des pores. Cependant, comme on l’a dit, le traitement miracle n’existant pas, la solution passe, la plupart du temps, par une combinaison de traitements.
Option 1 : les lasers et autres appareils à base énergie au service de vos pores
En chauffant la glande sébacée, certains dispositifs ont une action directe sur son activité : elle produit moins de sébum. « Les systèmes les plus efficaces sont donc ceux qui sont capables d’atteindre cet organe, qui se situe entre 1 et 2 mm sous la surface de la peau. Par exemple, le laser fractionné non ablatif avec une longueur d’ondes suffisamment pénétrante, comme la 1340 nm, ou la radiofréquence microneedling » indique le Dr Hans Laubach, dermatologue. On parvient grâce à ces dispositifs, à réduire jusqu’à 30 % l’ouverture du pore, avec un résultat qui persiste au moins 6 mois. Et dans le même temps, on stimule le remodelage du derme, ce qui contribue aussi à améliorer la qualité de la peau.
Comptez 2 à 3 séances espacées d’un mois. Les suites sont légères : des rougeurs et un léger gonflement pendant 1 à 2 jours.
« Pour les pores relâchés des peaux matures, il convient, pour les rendre moins visibles, de « fabriquer » de la peau. Le laser C02 fractionné ablatif, qui stimule les fibroblastes et la production d’un nouveau collagène, est donc tout indiqué pour cela » explique le Dr Laubach. Prévoir une séance avec des réglages plutôt intensifs. La peau est marquée pendant une semaine avec des croûtelles, mais c’est le prix à payer pour obtenir un résultat visible.
Combien ça coûte tout ça ? Entre 250 € et 300 € la séance de laser non ablatif ; entre 250 € et 500 € la séance de RF microneedling ; entre 300 € et 1000 € le laser C02 fractionné selon l’importance de la zone traitée.
Option 2 : les peelings pour faire peau neuve
Leur mode d’action est différent. Ils n’agissent pas sur la production de sébum mais aident à désobstruer le follicule pileux en évitant que les cellules mortes ne s’y accumulent. « Ils ne réduisent donc pas à proprement parler le diamètre du pore, mais améliorent son apparence. Ils sont donc très complémentaires des appareils à base d’énergie » indique le Dr Bernard Peyronnet, dermatologue. Dans son expérience, ce médecin commence le traitement des pores dilatés par des peelings, qui ont l’avantage d’être plus accessibles aux portefeuilles, puis il complète si besoin, ses traitements avec des appareils.
Les solutions les plus efficaces pour traiter les pores sont les peelings doux, à base d’acide glycolique à 50 %, d’acide pyruvique, et surtout d’acide salicylique à 20 % ou 30 %, qui est lipophile, donc pénètre encore mieux les pores de la peau pour les nettoyer de l’intérieur.« L’idéal, c’est de les alterner » conseille le Dr Peyronnet. Le peeling de Jessner qui renferme une bonne concentration d’acide salicylique est aussi une bonne option.
Pour les peaux sensibles, le médecin peut les substituer par des peelings à base d’acide mandélique ou d’acide glycolique plus faiblement dosé (30 %).
Prévoyez 5 à 6 séances espacées de 2 à 3 semaines.
Si l’on souhaite également doper la synthèse de collagène pour gagner en fermeté, on peut associer le peeling superficiel au microneedling. « Cela permet d’agir plus en profondeur tout en conservant un traitement peu risqué » précise Bernard Peyronnet.
Pour les peaux matures, un peeling à l’acide trichloracétique (TCA) dosé à 25 % ou 35 % donne de bons résultats, tout en améliorant l’aspect global de la peau (taches, rides, kératoses actiniques, etc).
Combien ça coûte tout ça ? Autour de 150 € – 200 € le peeling superficiel et de 500 € le peeling TCA.
Option 3 : le Mésobotox, le nouveau traitement qui fait parler de lui
Cela peut sembler étonnant, mais la toxine botulique est aussi à l’étude fait aussi partie des pistes explorées pour traiter les peaux grasses et les pores dilatés.
Injectée diluée, en petites quantité dans le derme superficiel, au niveau des joues (technique du « Microbotox » ou « Mésobotox »), elle agirait sur les glandes sébacées en bloquant la libération d’acétylcholine, un neurotransmetteur qui participe à leur activité. Résultat : une diminution de la production de sébum. La dernière étude en date, parue dans le Journal of Cosmetic Dermatology, avance des résultats plutôt convaincants : une fermeture des pores de l’ordre de 50 %, après six semaines. Mais bon, il s’agit d’une étude prospective réalisée sans groupe témoins, limitée à 30 patients, avec un suivi de courte durée. « Ces résultats demandent donc à être confirmés, mais ils pourraient intéresser les jeunes patients, en association avec d’autres traitements topiques comme les rétinoïdes et l’acide salicylique » tempère le Dr Véronique Gassia, dermatologue. Prix de la séance : autour de 300 €.
Et les cosmétiques, ça peut aider ?
Certains actifs cosmétiques améliorent l’aspect des peaux grasses (niacinamide, zinc PCA, acide azélaïque, …), et d’autres éliminent les cellules qui s’accumulent à l’intérieur et autour des pores (rétinal, rétinol, AHA, BHA, etc.). Ils sont donc très utiles quand on n’a pas les moyens de s’offrir tous ces onéreux traitements, ou pour entretenir leurs résultats. Attention toutefois à l’abus de gommages et de solutions exfoliantes. Comme je l’expliquais dans un récent sujet dans Madame Figaro, ils entretiennent l’hyperséborrhée. Idem pour les masques astringents à base de soufre. Selon le Pr Brigitte Dréno, dermatologue, ils entraînent une fermeture brutale de la glande sébacée. Le résultat est top, mais lorsque la glande se rouvre, la peau redevient hyper-grasse.Totalement contre-productif, donc.
Gaffe aussi côté make-up, aux poudres qui peuvent obstruer les pores, de même que certains fonds de teint trop chargés en pigments. Préférez les formules allégées, type BB ou CC Cream.



Mes experts
Drs Hans Laubach, Bernard Peyronnet, Véronique Gassia




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