9 février 2026
Fini le Botox discret. Place au bistouri préventif ! Buzz passager ou vrai game changer ? Le point avec un chirurgien.
Un lifting à 25 ou 30 ans ? C’est la nouvelle lubie à Hollywood, poussée par les people bien-sûr. Selon l’American Society of Surgeons, le nombre de patients ayant reçu un lifting en 2023 entre 20 et 39 ans aurait augmenté de 7 %. Mais une telle tendance pourrait t-elle s’imposer chez nous ? Les chirurgiens français ont la réputation d’être moins interventionnistes, donc on espère y échapper. Toutefois, le lifting fait un vrai retour en force depuis environ deux ans. Les résultats spectaculaires (sur Kris Jenner et consorts) qui inondent les réseaux font rêver. Du coup, de plus en plus de prétendantes se bousculent au portillon. Et pas seulement aux Etats-Unis. En France aussi, pas mal de femmes passent à l’acte … (simplement, elles en parlent moins).
Pourquoi cet engouement soudain pour le lifting ?
Le regain d’intérêt doit beaucoup au« filler backlash », cette vague de rejet des injections d’acide hyaluronique que les pros de l’esthétique observent depuis environ deux ans. Trop d’injections ont fini par tuer les injections. En parallèle, les techniques de lifting ont pas mal évolué. Savamment marquetées par certains plasticiens américains, elles ont redonné ses lettres de noblesse à la chirurgie esthétique. Que celles qui n’ont jamais entendu parler du « deep plane lifting » lèvent le doigt ?
Résultat : le lifting intéresse aujourd’hui une cible beaucoup plus large, incluant jusqu’à la Gen Z qui espère à travers cet acte s’offrir aussi un plus joli visage. Et malheureusement, quelques chirurgiens peu scrupuleux surfent là-dessus sans le moindre scrupule.
J’ai donc demandé au Dr Patrick Trévidic, Chef du service de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, ce qu’il pensait de tout cela.
La réponse ne s’est pas fait attendre : « C’est tout à fait condamnable. Les risques opératoires sont certains ». Certes, il y a des femmes qui ont une génétique défavorable : une peau de mauvaise qualité et une ossature peu marquée qui les prédisposent à un vieillissement prématuré. Mais de là à dégainer le bistouri, c’est tout de même aller un peu vite en besogne !
Le test du miroir: savoir si l’heure du lifting a (vraiment) sonné
« Lorsque j’ai devant moi ce type de patiente, je lui propose immédiatement de faire le test du miroir » indique le Dr Patrick Trévidic. Vous pouvez l’essayer chez vous. Debout, regardez votre visage dans un miroir. Puis, refaîtes la même chose allongée. Si votre visage reste inchangé, qu’il ne paraît pas particulièrement plus jeune, inutile de penser chirurgie. Dans le cas inverse, elle peut se discuter. L’aspect du visage allongé correspond peu ou prou au résultat obtenu après un lifting.
Pourquoi c’est une très mauvaise idée de lifter trop jeune
Ni la peau ni les muscles ne sont relâchés. Alors, pour obtenir un effet visible, le chirurgien est obligé de tirer très fort. Résultat : un visage figé, des oreilles béantes du fait de la traction excessive exercée sur le tragus (le petit cartilage qui protège l’entrée du conduit auditif), et des lobes allongés et collés à la joue qui donnent un joli air de farfadet (pixie ears). Pire encore : souvent, les cicatrices s’élargissent après quelques mois. « Une patiente m’a sollicité récemment pour rattraper une cicatrice, mais je ne peux rien faire sans aggraver la situation. La meilleure option consiste à tatouer les cicatrices » relate Patrick Trévidic. Les marques cachées dans cheveux posent heureusement moins de difficultés. « On peut les estomper en réalisant une greffe de cheveux » indique le chirurgien. Mais franchement … si peut éviter d’en arriver là, c’est pas mieux ??
Et si mon visage s’est creusé après une grosse perte de poids ?
C’est typique après une cure de Wegovy, notamment.« Mais chez une femme jeune, le visage se creuse plus qu’il ne se relâche. La boule de Bichat, qui donne à la joue sa rondeur, a disparu. Dans ce cas, l’indication n’est pas le lifting, mais un comblement avec de la graisse ou de l’acide hyaluronique » recadre le Dr Trévidic.
Seule exception valable : le lifting des paupières
Si le lifting avant 40 ans est clairement à proscrire, une blépharoplastie en revanche peut se justifier pour corriger des défauts héréditaires, comme des poches sous les yeux (qui donnent un air fatigué) ou des paupières supérieures tombantes (qui donnent un air triste). Cf le joli résultat sur Emma Watson récemment. Mais en dehors de ces cas là, passez votre chemin, vous n’avez rien à faire au bloc !
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L’expert
Dr Patrick Trévidic




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