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Ecrans solaires : les zones d’ombre des formules

Ecrans solaires : les zones d'ombre des formules

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26 mai 2026


L’écran solaire solaire est un indispensable de la trousse de toilette, qu’on doit choisir avec le plus grand soin. Alors, justement, ouvrons l’œil. Car derrière les promesses marketing bien rodées, certains points restent souvent dans l’ombre.

L’écran solaire, c’est « the » sujet brûlant (cas de le dire.) … Malgré les campagnes de prévention solaire répétées depuis 1996 (dingue !), les comportements à risque des Français persistent : séances d’UV pour soi-disant « préparer sa peau », exposition aux heures les plus chaudes, oubli de la protection solaire pendant les loisirs ou l’activité sportive, … Résultat des courses : les cancers cutanés explosent : 100 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année (dont 10 % de mélanomes). Donc, on ne peut que soutenir ce message de prévention, et hurler avec les professionnels : « Mais protégez-vous, bordel ! ».

Toutefois aujourd’hui, une autre question se pose : celle de la sécurité des formules des produits solaires. Le débat concerne plus largement toute la cosmétique, mais sur le solaire, on hésite encore à dire les choses, parce les Français ne se protègent déjà pas assez. Alors, si en plus, on leur explique ce qui pose problème dans certaines formules, mama mia !… De mon côté, je pense que l’éducation doit se faire à tous les niveaux, et qu’un sujet de santé publique très urgent ne doit pas en masquer un autre moins urgent (quoique). J’ai donc interviewé Céline Couteau, enseignante en cosmétologie à la Faculté de Pharmacie de Nantes, bien connue du milieu pour ses prises de position critiques sur les solaires. Elle n’est pas particulièrement appréciée de l’industrie car elle dit tout haut ce que tout le monde tait, mais elle n’a aucun conflit d’intérêt. Avec son acolyte Laurence Coiffard, elle réalise bénévolement depuis plus de quinze ans, une étude poussée du marché des produits solaires. Les autorités n’analysent pas toujours les formules avec ce même niveau de précision. Leur avis peut donc être discuté, critiqué ou contredit, mais il est aussi précieux qu’il existe ! 

Céline Couteau a plusieurs sujets d’agacement autour du solaire, que je vous résume ici : 

Le statut « cosmétique » des produits solaires

Pour elle, le sujet de la protection UV est tellement important qu’elle aimerait que les produits solaires sortent du domaine cosmétique pour adopter un statut de médicament (comme c’est le cas aux Etats-Unis), ou a minima de dispositif médical. Cela obligerait les marques à fournir des preuves d’efficacité plus solides, avec une démonstration explicite de l’action thérapeutique du produit (prévenir le cancer ou ralentir le vieillissement cutané), et la surveillance post-commercialisation serait plus stricte. Alors, j’entends d’ici certains objecter que le système cosmétique actuel en Europe est déjà considéré comme l’un des plus exigeant au monde pour cette catégorie de produits, et qu’un reclassement en médicament risquerait surtout d’étouffer l’innovation sans bénéfice majeure pour la sécurité quotidienne. Le débat reste donc ouvert !

Le SPF parfois surestimé  

Pour calculer un indice de protection, deux méthodes peuvent être utilisées : la méthode « in vitro », réalisée en laboratoire sur une plaque de matière plastique imitant la rugosité peau, et la méthode « in vivo », effectuée sur des volontaires. Cette dernière consiste à appliquer une crème solaire sur la peau puis à mesurer la quantité d’UV nécessaire pour provoquer une légère rougeur. « Cette méthode est particulièrement favorable à l’industrie cosmétique, car rien n’interdit aux marques d’ajouter des ingrédients anti-inflammatoires dans les formules afin d’inhiber le coup de soleil. A mon sens, cela biaise fortement la mesure de l’effet photoprotecteur. Le SPF peut parfois passer du simple au double ! Donc, je suis farouchement opposée à l’utilisation d’agents apaisants qui devraient avoir uniquement leur place dans les après-solaires », explique Céline Couteau. 

Alors comment être sûr que le SPF affiché du produit que l’on convoite est fiable ? « Mieux vaut se tourner vers des grandes marques spécialisées dans le solaire, dont la réputation est engagée. Elles ont en prime les moyens de réaliser leurs propres tests de mesure, ce qui permet de conforter les résultats obtenus par les laboratoires d’évaluation indépendants » indique la pharmacienne. Les produits de pharmacie ont aussi sa préférence car les formules sont souvent plus épurées. 

L’efficacité limitée des filtres minéraux 

On les a longtemps encensés, notamment pour les peaux sensibles et celles des enfants. Mais aujourd’hui, c’est le grand rétro-pédalage parce que ces filtres (dioxyde de titane, ou pire encore oxyde de zinc) protègent en réalité bien moins qu’on ne le pense. Certains produits avec des SPF annoncés comme « très haute protection » offriraient une protection de 10 tout au plus. Inouï, non ? En prime, ces filtres ne sont pas agréables à porter (le fameux « effet Pierrot »). Et lorsqu’ils sont totalement invisibles sur la peau, c’est généralement grâce à l’utilisation de particules très petites, souvent des nanoparticules, dont les effets à long terme restent débattus. Elles pourraient notamment passer dans la circulation sanguine et s’accumuler dans l’organisme. Céline Couteau estime qu’il vaut mieux privilégier les filtres organiques (aussi appelés improprement « filtres chimiques », car absolument tous les filtres solaires sont chimiques) plus efficaces pour absorber les UV. 

La présence d’alcool dans les formules 

C’est l’un de ses grands chevaux de bataille. Si l’alcool apporte de la légèreté aux textures, il agit aussi comme un exhausteur de pénétration. « Il favorise la pénétration des filtres à travers la peau qui peuvent alors potentiellement se retrouver dans la circulation sanguine » explique la spécialiste. Selon elle, beaucoup de produits en contiennent. Pour les repérer, il faut identifier dans la liste INCI – la liste des ingrédients – les mentions « Alcohol » ou « Alcohol Denat ». 

La protection solaire des nourrissons

« Non, non, et non, pas de crème solaire avant 30 mois ! » insiste Céline. Avant cet âge, la peau d’un nourrisson est particulièrement fine et perméable, elle ne joue pas encore pleinement son rôle de barrière protectrice. Les filtres peuvent donc pénétrer plus facilement, provoquer des irritations ou passer dans la circulation sanguine. De toute façon, les bébés ne devraient jamais être exposés directement au soleil. 

Les crèmes solaires « qui protègent les océans » 

Un pur argument marketing selon notre spécialiste qui précise qu’il n’existe aucune méthode scientifique démontrant qu’un produit solaire est vertueux pour l’environnement. Tous ont donc un impact à des degrés divers sur les océans. Par ailleurs, les poissons ingurgitent les perturbateurs endocriniens des formules, qui se retrouvent ensuite dans nos assiettes. Un circuit totalement irréprochable, en effet.

Les brumes solaires 

Arf …, quelle déception. J’en utilise moi-même régulièrement, parce que je les trouve hyper-pratiques pour les retouches par-dessus le make-up. Mais notre spécialiste rappelle qu’avec ces produits, on inhale directement les filtres UV, ce qui n’est pas idéal. Mieux vaut privilégier une crème classique. Bon, ok… on va revoir ça. 

Le daily SPF  

J’ai gardé le meilleur pour la fin. Aujourd’hui, beaucoup mettent en avant l’intérêt d’une protection quotidienne. Mais Céline Couteau nuance fortement ce discours : « Les risques de cancers cutanés encourus sous l’effet des UV ne sont pas identiques toute l’année. Faire croire le contraire est faux. En plein mois de décembre à Paris, vous ne risquez pas grand chose. En revanche, vous surchargez inutilement votre peau en filtres UV avec un risque d’exposition accru à certains perturbateurs endocriniens. Donc, oui à la protection solaire, mais pas systématiquement, tous les jours de l’année » détaille notre spécialiste. 

Pourtant certains martèlent que les UVA sont présents 365 jours par an. « Certes, mais l’impact sur les cancers cutanés est tout de même très mesuré au mois de décembre ! » recadre t-elle. 

En revanche, pour celles qui veulent prévenir les taches pigmentaires ou le mélasma, une utilisation quotidienne devient intéressante car la pigmentation est majorée par les UVA et la lumière visible. Mais enfin … il n’y a pas mort d’homme à avoir quelques taches, hein ! A vous d’évaluer le bénéfice-risque, comme rappellent ici nos amis endocrinologues : Protection solaire quotidienne : la mise en garde des endocrinologues





L’experte

Céline Couteau


TOUTE REPRODUCTION DE CETTE PAGE INTERDITE

Réponse

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  1. Avatar de Dubillon
    Dubillon

    Bravo Linh pour ces mises au point. Encore que les nano particules ne pénètrent.d’après les scientifiques que sur les peaux lésées.
    Pour les solaires 365 jours par an..je suis de l’avis de Céline Couteau.. iC’est un peu beaucoup.

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Linh Pham, journal et medi-aesthetics influencer, créateur du premier magazine digital indépendant sur la médecine et la chirurgie esthétique

Journaliste spécialisée en médecine et chirurgie esthétiques et médecine du bien vieillir, j’ai créée Le Journal De Mon Corps, pour vous apporter la meilleure info qui soit sur ces sujets. Ma différence : des enquêtes fouillées réalisées avec les meilleurs experts, de façon libre, indépendante, et sur un ton délicieusement impertinent. Enjoy !