Le point sur l’épilation longue durée et les nouveautés

Le point sur l'épilation longue durée et les nouveautés

Vous êtes décidée à vous lancer ? Ou à terminer un travail de débroussaillage déjà bien entamé ? Voici un petit point sur toutes les possibilités que vous pouvez trouver en matière d’épilation longue durée chez le médecin. Parce qu’on n’est jamais assez (bien) renseigné(e) ! 

Il faut savoir qu’en France, le marché de l’épilation longue durée est surtout médical, ce qui est somme toute assez rassurant car l’acte n’est pas dénué de risques. Par ailleurs, c’est chez les dermatologues et les médecins esthétiques que se trouvent les bécanes les plus performantes. En l’occurrence, les lasers (appareils de classe IV, dont l’usage leur est strictement réservé). La particularité de ces appareils est qu’ils n’émettent qu’une seule longueur d’onde, contrairement à la lumière pulsée qui en émet plusieurs. Elle est donc dite moins « sélective » (en résumé, moins spécifique, moins performante). Sinon, quelques soit la technologie employée, le principe est le même : l’énergie est absorbée par la mélanine du poil et le « vaporise » (= il détruit le bulbe).

Plus le poil est noir, épais et la peau claire, plus l’épilation est aisée. Ça se complique quand le poil est clair, fin et la peau mate ou foncée. Mais au fil des séances, ce dernier s’affine toujours. Il devient de moins en moins coloré, donc de moins en moins chargé en mélanine. Il faut donc augmenter la fluence  (l’intensité de l’énergie délivrée) pour parvenir à détruire son bulbe. Bref, l’épilation longue durée, c’est un geste technique. Et si le médecin veut pouvoir répondre à tous les cas de figure, il faut qu’il soit équipé non pas d’une technologie mais de plusieurs. Décryptage.

  • Epiler avec le laser Alexandrite (ou « l’Alex », pour les intimes) 

« C’est le laser le plus répandu actuellement sur le marché français. Il représente les trois-quarts des ventes » rapporte Vincent Mayeur, Directeur Commercial de Technilase. Il épile les peaux jusqu’aux phototypes 3/4 (peau de couleur intermédiaire à peau mate) et peut tolérer une peau bronzée à condition d’augmenter la durée de pulse – ou durée d’émission du tir –  (10 millisecondes, 30 millisecondes, voire 100 millisecondes selon le cas). Côté couleur de poils, c’est comme pour tout laser : il n’est pas efficace sur les poils blancs ni les trop clairs (qui relèvent, eux, de l’épilation électrique). « On peut épiler des poils blonds s’ils sont suffisamment chargés en mélanine mais il faut toujours proposer une touche d’essai pour être sûr que ça va fonctionner. Sur les zones très exposées du corps, les poils sont toujours un peu décolorés. La couleur extérieure n’est pas un indice suffisant » indique le Dr Yvon Perrillat, dermatologue et lasériste.

  • Epiler avec le laser ND :Yag

C’est un laser spécifique pour les peaux mates ou foncées (jusqu’au phototype 5, peau foncée). En revanche, sur les peaux claires, ce n’est pas l’idéal car la technologie demande le double de séances. De plus en plus, chez les médecins, on trouve des lasers à double qualités, c’est à dire Alexandrite ET Yag, comme ça, ils couvrent tous les phototypes, du plus clair au plus foncé. Le Yag est toutefois réputé plus douloureux que l’Alexandrite.

  • Epiler avec le laser diode

Il était très répandu en France avant tous les médecins ne basculent sur « l’Alex », dont la pièce à main est plus ergonomique, donc plus facile à manier pour l’opérateur. Il reste cependant un excellent laser, qui a l’avantage d’avoir des tailles de spots 2 à 3 fois plus importantes que celles du laser Alexandrite. « C’est un outil de choix quand on veut faire un débroussaillage rapide sur une patiente à peau claire et avec des poils très noirs. En revanche, sur une peau claire et des poils clairs, on aura du mal à traiter. Mieux vaudra passer sur un Alexandrite » explique le Dr Yvon Perrillat. Comme l’Alexandrite, le diode traite les peaux jusqu’au phototype 4 et peut tolérer une peau bronzée si l’on augmente la durée de pulse.

La nouveauté ? La technologie « basse fluence ». L’appareil diffuse une faible quantité d’énergie. Du coup, le traitement n’est pas du tout douloureux. La montée en température se fait de manière douce, progressive. Le médecin doit balayer plusieurs fois la zone à traiter, pour atteindre le seuil thermique auquel le bulbe va être détruit. Cependant, le poil n’est pas « vaporisé ». Il est « desséché » et tombe après quelques semaines. « C’est une technologie surtout intéressante, à mon sens, pour les patientes qui ont peur d’avoir mal, et avec de gros poils bien foncés. Sur les blondes et les poils fins, on oublie » indique le Dr Perrillat. Par ailleurs, dans la mesure où l’appareil utilise de faibles quantités d’énergie, il peut être utilisé sur une peau bronzée ! « Après, je ne suis pas certain de l’efficacité de ces machines sur le long terme. A voir … » commente le spécialiste.

  • Epiler avec la lumière pulsée (ou IPL ou lampe flash)

Elle est peu répandue dans les cabinets médicaux car cette lumière dite « polychromatique », on l’a vu plus haut est  moins spécifique que le laser pour traiter la pilosité. Elle traite jusqu’au phototype 3 (peau de couleur intermédiaire, ni claire ni mate). « Il faut une machine très puissante pour que l’épilation soit réellement efficace. Et dans ce cas, elle coûte aussi cher qu’un laser » décrypte le Dr Yvon Perrillat. Clairement, tous les médecins n’ont pas les moyens de s’offrir ces bécanes de haute voltige. Quant aux appareils détenus par les esthéticiennes, ils sont généralement peu coûteux et peu puissants. Et en même temps, c’est très bien ainsi car on risque, du coup, beaucoup moins la brûlure (qui reste toujours possible avec ces technologies,, rappelons-le). Une lumière pulsée appliquée notamment sur une peau bronzée (ou autobronzée) peut faire vraiment de gros dégâts, beaucoup encore qu’avec un laser ! Certes, c’est une contre-indication (comme l’est aussi la peau tatouée), les esthéticiennes normalement le savent,  mais on n’est jamais à l’abri d’une bourde …

Bref, qui dit appareil peu puissant dit aussi résultat moins performant. « Très souvent, avec beaucoup de ces appareils, on n’obtient pas une réelle épilation mais une miniaturisation du poil. Il devient simplement plus fin » indique le Dr Perrillat. Le problème, c’est qu’on ne sait pas trop quand on prend rendez-vous pour une épilation, dans un centre médical ou non, à quel type de lumière pulsée on a affaire …

 

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CONCLUSION 

Toutes les technologies épilent. Mais selon la machine, le résultat peut être plus ou moins concluant.

L’idéal, à mon avis, est de vous adresser à un centre médical équipé d’un bon plateau technique. Le médecin pourra alors « jouer » avec différentes technologies, en fonction de la couleur de votre peau, du poil, mais aussi du degré d’avancement du traitement (n’oublions pas que plus, on progresse dans les séances, plus le poil s’affine). Sans oublier aussi la présence de poils blancs, à laquelle on peut être confronté(e). Avoir toutes les technologies qui vont bien sous la main est quand même bien pratique …

Actuellement, la plupart des innovations se font autour de la taille du spot et de la rapidité d’exécution (cela dit plus rapide, plus c’est puissant et plus c’est douloureux). Mais ne vous laissez pas avoir par le marketing réalisé autour de telle ou telle machine. Ce n’est pas une bécane qui fait le résultat au final mais une main !

Sinon, le nombre de séances moyen sur le corps est d’environ une dizaine, à adapter en fonction de la pilosité et des zones traitées (hormono-dépendantes ou non). Chez l’homme, du fait de la profondeur des poils et de la stimulation hormonale, une épilation complète est compliquée mais on peut diminuer et affiner la pilosité, ce qui est déjà considéré comme un résultat satisfaisant.

L’épilation longue durée n’est jamais indolore mais toutes les machines sont aujourd’hui équipées d’un système de refroidissement qui rend les séances tout de même très confortables. Les suites avec les quatre technologies sont comparables. En général, pas grand-chose. De légères rougeurs et/ou un léger œdème (gonflement) pendant quelques jours. Tant que la peau est rouge, il faut la protéger soigneusement du soleil pour éviter la survenue d’une hyperpigmentation post-inflammatoire (des taches brunes du plus mauvais effet). Parfois, des petites papules rouges sur chaque poil apparaissent et laissent ensuite place à des micro-croûtes, qui tombent après un à deux jours. « On prévient les patientes à la peau mate que ce petit effet indésirable est parfois nécessaire pour obtenir un bon résultat, notamment sur des zones plus pigmentées comme la face interne des cuisses ou le maillot » indique le Dr Yvon Perrillat.

Combien ça coûte une épilation longue durée chez le dermatologue ?

Cher, on ne le cache pas. Un devis est toujours remis. A titre d’exemple : l’épilation jambes complètes/maillot/aisselles/ligne ombilicale est facturée aux environs de 500 € la séance.

 

L’expert :

Dr Yvon Perrillat

 

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