20 juillet 2026
Elles sont dermatologue, médecin esthétique et gynécologue. Pour Le Journal De Mon Corps, elles ont accepté de se confier sur cette étape clé de leur vie hormonale, et de partager leurs conseils pour vous aider à traverser le plus sereinement possible cette période.
Carole Woodward, dermatologue : « Attention, on perd vite le mode d’emploi de son corps »
J’avoue, j’ai eu de la chance: la ménopause ne m’a pas trop bousculée. Deux ans avant, j’avais senti que mon métabolisme changeait. Au moindre écart, je m’épaississais au niveau de la taille et du ventre, alors que j’ai toujours fait très attention à mon alimentation. J’avais donc très vite réagi en resserrant encore plus la vis : alimentation méditéranéenne, et rien d’autre.
La ménopause est un virage difficile à prendre car on perd complètement le mode d’emploi de son corps. Il faut apprendre à le connaître de nouveau, ce qui demande un vrai investissement. Mais c’est indispensable !
Comme nous étions en plein confinement, j’avais décidé pour garder la forme, de faire une heure de Pilates par jour. Ça m’a sauvée. Très vite, j’avais retrouvé un ventre plat. La preuve que les efforts paient. Mais à cette période de la vie, il faut clairement mettre les bouchées doubles, et surtout être très régulière.
Aujourd’hui, j’ai moins de temps à accorder au sport, mais j’ai conservé un rituel quotidien. Je fais dix minutes de gym chaque matin, en mode « snacking » : surtout des pompes et des squats, pour garder les muscles de mes bras et de mes jambes toniques. A partir d’un certain âge, ce qui nous menace toutes, c’est la fragilité. Si l’on ne veut éviter la dépendance plus tard, il faut être proactive. Laissez faire la nature et vous serez vite débordée.
Côté peau, la ménopause m’a presque rendu service : j’ai toujours eu une peau très grasse. Donc maintenant, c’est le bonheur. En revanche, la peau de mes bras et de mes jambes est devenue très sèche. Je ne peux pas me passer de lait hydratant, et je veille à consommer suffisamment d’oméga-3.
Côté médecine esthétique, j’ai restructuré mon visage, qui commençait à se relâcher, avec des injections hyaluronique au niveau des pommettes et de la jawline. Je fais régulièrement aussi du Botox pour lisser les rides du lion, les pattes d’oie, et prévenir les plis d’amertume, ainsi que des injections d’un inducteur collagénique (HarmonyCa), qui retend légèrement la peau, atténue les bajoues et le fripé des joues. Je fais également du SkinVive, pour restaurer l’hydratation profonde de la peau.
Compte tenu de mon type de peau, j’ai toujours fait des peelings doux pour l’assainir. Je continue encore aujourd’hui. Chaque hiver, je fais aussi des séances de radiofréquence sur le visage, le cou et le décolleté. Ma routine cosmétique n’a pas changé depuis des années : vitamine C le matin, rétinol le soir. Je prends également des compléments alimentaires : vitamine D, magnésium,etc.
Maryse Mateo Delamarre, médecin esthétique : « Capitaliser sur ses os et ses muscles, c’est clé pour la longévité »
J’ai très bien vécu ce passage-là, car je n’ai pas souffert de symptômes particuliers et, très vite, j’ai démarré le traitement hormonal. C’est d’ailleurs ce que je conseille à mes patientes. Plus tôt on s’y prend, et mieux les cinq premières années de la ménopause se passent. Pour le reste, j’ai toujours fait attention à ce mon hygiène de vie, à mon alimentation, à mon poids. J’ai aussi fait plusieurs séjours détox à la Pensée Sauvage. Je n’ai donc pas changé grand-chose à mes habitudes. En revanche, côté exercice physique, oui. Je pensais être au top, parce que j’avais pris l’habitude de faire de longues marches avec mes copines sur les bords de l’Oise. Mais lors d’un séjour au Sha Welness spa, on m’a découvert une ostéopénie, une perte de densité osseuse, assez importante. C’est vrai que j’avais complètement zappé l’ostédensitométrie (dépistage de l’ostéoporose, ndlr) ! Et en plus, il y avait des signes de sarcopénie : une diminution de la masse et force musculaire ! J’étais sous le choc. Depuis, je recommande à toutes mes patientes de se faire évaluer parce que c’est le genre de dégénérescence qui peut passer complètement sous silence. Et la marche, clairement, ça ne suffit pas pour consolider les os et développer la masse musculaire. Suite à ça, je me suis vite reprise en main. J’ai commencé par faire du renforcement musculaire 4 à 5 fois par semaine. Je me lève à 6 h le matin. Donc, j’ai commencé à faire ça chez moi, avant de me rendre au cabinet. Puis, je me suis dit qu’il fallait y ajouter un peu de cardio. Alors, avec mon mari, on s’est mis au padel. On est tous les deux d’anciens joueurs de tennis. Ça nous a tout de suite parlé. Et puis, de fil en aiguille on s’est pris au jeu, et on est devenus complètement accros. A tel point qu’aujourd’hui, je fais des compétitions.
En revanche, côté « peau », clairement, ce n’est plus pareil. Au niveau des bras, du ventre, des jambes … Mais bon, je ne vais non plus prendre des bains de Radiesse (un injectable qui stimule la production de collagène dans la peau, ndlr) ! Après tout j’ai l’âge que j’ai. Pour le visage, j’avais déjà commencé à consolider les fondations avec des injections d’acide hyaluronique entre 40 et 45 ans. Je faisais aussi régulièrement de la radiofréquence pour stimuler les tissus, et du Botox un peu partout sur le visage et le cou. Depuis quelques années, j’ai ajouté les inducteurs collagéniques pour améliorer la qualité de peau. Mais au fond, le plus important pour moi, c’est tout ce que j’ai mis en place pour m’assurer une vie en bonne santé le plus longtemps possible. Et pour le coup je n’ai jamais été aussi en forme et pleine d’énergie qu’aujourd’hui !
Donc non, la vie ne s’arrête pas à cinquante ans avec la ménopause. Elle commence.
Dominique Aknin, gynécologue, médecin esthétique et anti-âge : « Consulter dès les tout premiers signes »
Je n’ai pas été particulièrement gênée par les symptômes de la ménopause, car j’avais pris les devants. Quelques années auparavant, j’avais commencé à faire régulièrement des bilans sanguins pour checker mon état hormonal. Je guettais en quelque sorte le moment où les choses allaient commencer à changer. Ainsi, dès que la ménopause est arrivée, et comme je ne présentais aucun facteur de risque spécifique, ce qu’il faut toujours vérifier, j’ai commencé un traitement hormonal. L’anticipation est, à mon sens, LE secret pour traverser cette période de façon apaisée. J’invite vraiment toutes les femmes à s’intéresser au sujet dès 45 ans. Certains symptômes en périménopause peuvent être parfois plus gênants que ceux de la ménopause elle-même, et la silhouette peut se transformer au fil des années de façon très insidieuse. Il ne faut donc pas subir mais échanger très vite avec son gynécologue sur toutes ces questions. Il peut aider à rééquilibrer la situation.
Dès le démarrage du THM, j’ai demandé une ostéodensitométrie pour vérifier l’état de ma masse osseuse. J’ai également fait un dépistage des facteurs de risque cardiovasculaires, car la baisse des œstrogènes au moment de la ménopause peut les augmenter sérieusement.
J’ai aussi réalisé un bilan des oligoéléments et des vitamines afin de vérifier que je n’avais pas de carences, susceptibles par exemple, de contribuer à une fragilité osseuse, et d’impacter ma qualité de peau.
Pour le reste, je n’ai pas vraiment modifié mon mode de vie, car je me suis toujours alimentée très sainement, et j’ai toujours fait du sport. Pendant longtemps, j’ai pratiqué la barre au sol. Aujourd’hui, pour préserver mes muscles et mes os, je fais deux séances de musculation par semaine avec un coach.
Côté traitements esthétiques, dans la mesure où je prends un traitement hormonal, mon visage n’a pas subi de grosses transformations. Pour accompagner au mieux le vieillissement, j’ai restructuré mon visage à l’acide hyaluronique et je fais, deux fois par an, des injections de Botox, à différents endroits du visage et du cou. J’aime bien aussi, pour améliorer la qualité de peau, ces nouveaux produits qui combinent skinboosters, pour l’hydratation profonde et stimulateur collagénique, pour l’effet tenseur. La peau change également sur le corps. Il est aussi possible d’atténuer son aspect fripé avec des inducteurs collagéniques, ça marche pas mal du tout. Mais personnellement, je n’ai rien fait du tout. J’assume ! On ne peut pas se battre sur tous les fronts.
Enfin, puisque je suis gynécologue, j’attire l’attention de vos lecteurs sur tous les traitements qu’il est aussi possible de réaliser, au niveau de la sphère intime, pour améliorer certains désagréments liés à la ménopause: la sécheresse vaginale, le relâchement du vagin, la descente du col de la vessie qui peut entraîner des problèmes urinaires, le relâchement des grandes lèvres qui perdent leur aspect pulpeux et ferment moins bien l’entrée du vagin, etc. Même avec un traitement hormonal, on peut être affectée. Là, non plus, il ne faut pas attendre pour consulter. Les bénéfices de ces traitements sont réels.
Lire aussi :
Retouches esthétique à la cinquantaine : avec ou sans traitement hormonal, ça change quelque chose ?
Peau sèche et flétrie à la ménopause : l’apport méconnu de la « cosmétique » hormonale
Accompagner les transformations physiques de la ménopause avec la médecine esthétique



Les expertes
Drs Carole Woodward, Maryse Matéo Delamarre, Dominique Aknin




Laisser un commentaire