Peau sèche et flétrie à la ménopause : l’apport méconnu de la « cosmétique » hormonale

Ménopause : les crèmes "cosmétiques" hormonales au secours de la peau sèche et relâchée

Il existe déjà sur le marché différentes crèmes destinées à l’entretien des peaux ménopausées. Mais il s’agit de produits purement cosmétiques qui pallient le manque d’hydratation et la perte de fermeté avec une portée limitée. Selon les peaux, ils peuvent ne pas être suffisants. Dans ce cas, un médecin anti-âge bine renseigné peut avoir d’autres solutions à proposer. 

Les crèmes dont je vous parle ici sont des crèmes prescrites par le médecin. Une « cosmétique » médicamenteuse, qui est le cran au-dessus en quelque sorte. Elles améliorent le confort et l’aspect de la peau ménopausée grâce aux hormones qui entrent dans leur composition et qui sont dosées de façon spécifique selon les besoins de chacune des femmes.

Quelle différence entre les crèmes cosmétiques hormonales et le THS ?

Ces crèmes agissent de façon locale, au niveau de la peau. « Un faible passage systémique (= dans le sang) est toujours possible mais néanmoins peu probable lorsque l’excipient – la partie de la formule qui améliore l’administration du médicament – est bien étudié, contrairement au Traitement Hormonal Substitutif de la ménopause qui, lui, est administré par voie générale, avec tous les risques que cela peut entraîner. Toutefois, sa prescription nécessite, comme avec le THS, une surveillance clinique et biologique obligatoire de la part du médecin » explique le Dr Gérard Bersand, médecin anti-âge.

Qui peut bénéficier des crèmes cosmétiques hormonales en période de ménopause ?

Les femmes qui prennent déjà un Traitement Hormonal Substitutif de la ménopause, mais dont les effets au niveau de la peau sont peu probants ; celles qui ne prennent pas le THS ou encore celles qui sont en péri-ménopause. Se pose la question de celles qui sont interdites de THS parce qu’elles ont des antécédents de cancer hormono-dépendant. « Les interdictions de principe ou de précautions se discutent au cas par cas. Si la patiente est bien prise en charge sur un plan global, elle aura moins de risque de (re)développer un cancer. Toutefois, la cosmétique hormonale n’est qu’un outil parmi d’autres. On peut comprendre que l’on  n’ait pas envie de prendre de risque simplement pour améliorer son apparence » indique le médecin anti-âge.

Que contiennent les crèmes cosmétiques hormonales prescrites à la ménopause ?

Les hormones sexuelles qui font défaut en période de ménopause : les œstrogènes, la progestérone et la testostérone, à des dosages variables selon les patientes. Toutes ont un impact sur la qualité de la peau mais les œstrogènes sont surtout précieux pour l’hydratation ; la progestérone pour maintenir une bonne épaisseur cutanée et la testostérone, pour conserver un tissu souple et ferme. « Cette dernière, on en entend beaucoup moins parler mais lorsque je m’entretiens avec une patiente qui se plaint d’avoir du ventre et évoque une libido dans les chaussettes, cela signe clairement le manque de testostérone, ce que je  fais confirmer immédiatement par un dosage » explique le Dr Gérard Bersand. « Je sais bien que le mot « hormone » fait peur, mais ce n’est ni plus ni moins qu’un messager produit par un organe qui va intimer l’ordre à un autre organe de produire une substance X … » poursuit le spécialiste.

Il est également possible d’ajouter à la formule d’autres molécules actives, comme la mélatonine pour réguler la pigmentation et procurer un teint plus régulier et lumineux,  le Co-enzyme Q-10 pour stimuler l’énergie cellulaire, les antioxydants,  etc.

Comment utilise t-on les crèmes cosmétiques hormonales en période de ménopause ?

« Je conseille de les appliquer  le soir, pour éviter tout problème d’oxydation ou de photosensibilisation ; quotidiennement ou de façon plus espacée selon le ressenti de chaque patiente. Le matin, on peut compléter cette routine d’entretien de la peau avec une crème protectrice hydratante et un écran solaire. Mais il faut surtout bien signaler à son médecin tous les produits que l’on applique par ailleurs pour ne pas risquer une incompatibilité ou un surdosage » explique le médecin anti-âge. Ces derniers ne seront pas forcément incompatibles avec les crèmes hormonales. « Il est même possible si la patiente utilise de la vitamine A acide ou du rétinol,  d’intégrer ces molécules directement dans les formules, mais aux dosages adéquats » détaille le spécialiste.

Les crèmes hormonales peuvent être appliquées sur le visage et le corps. En fait, partout où la peau est « abîmée » (en évitant de préférence la zone des seins, riche en récepteurs hormonaux). Et elles s’utilisent en cure. « On commence par une prescription de 3 mois pour stimuler le métabolisme puis on voit … » indique Gérard Bersand. Les effets sur la peau sont perceptibles dès le premier mois. Ces crèmes ne sont cependant pas des produits miracles. Elles doivent être prescrites dans le cadre d’une prise en charge globale de la patiente ménopausée, incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière (toutes deux indispensables au bon équilibre hormonal), une supplémentation nutritionnelle pour éviter les carences (comme les omégas-3, les probiotiques ou la vitamine D dont tout le monde manque ou presque), un THS (si votre gynéco ou votre endocrino y est favorable) et des traitements esthétiques stimulant la fermeté cutanée (type radiofréquence, HIFU, inducteurs collagéniques, etc).

Les crèmes cosmétiques hormonales prescrites à la ménopause entraînent-elles des effets secondaires ?

Oui, comme tout médicament, si le dosage n’est pas bon, il peut y avoir des effets secondaires. Par exemple, une augmentation de la pilosité ou l’apparition de taches. Mais après une semaine, on voit vite si le traitement est correctement dosé ou non. S’il ne l’est pas, il suffit de modifier les ratios d’hormones.

 

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Quel spécialiste prescrit les crèmes cosmétiques hormonales à la ménopause ?

Ces spécialités sont plutôt l’affaire des médecins anti-âge. Les gynécologues et les endocrinologues ne les connaissent généralement pas. Reste que la prescription n’est pas aisée car elle repose sur des préparations magistrales que très peu de pharmacies sont aujourd’hui en mesure de réaliser. « Personnellement, je me fournis en Allemagne auprès du laboratoire Receptura-Aptheke, qui a l’habitude de ce genre de formulations. Il dispose d’une vaste gamme de produits pour le visage et le corps, avec des dosages standards que j’adapte, ensuite, en fonction des besoins de mes patientes. Il faut patienter environ trois semaines pour recevoir sa crème personnalisée » rapporte le Dr Bersand.  Votre médecin anti-âge n’en n’a jamais entendu parler ? Eh bien, donnez-lui le tuyau ! Evidemment, pas la peine d’appeler vous-même le labo. Il ne traite qu’avec les médecins.

Votre gynéco est anti-THS ? 

Ce n’est pas parce qu’il est anti-THS qu’il s’opposera forcément à ce que vous preniez ces crèmes hormonales car le risque de passage systémique est faible lorsque la préparation est bien réalisée. Par ailleurs, le traitement est strictement local. Mettez en relation les deux spécialistes. C’est encore la meilleure façon de vous assurer que votre gynéco disposera de toute l’information nécessaire sur le produit.

Quel est le prix de ces crèmes cosmétiques hormonales  prescrites à la ménopause ?

Il faut compter autour 75 € le pot de 50 ml de crème pour le visage pour produits réalisés en Allemagne. Des sérums existent aussi. Les préparations magistrales réalisées en France peuvent être remboursées par la sécurité sociale.

 

L’expert

Ménopause : les crèmes "cosmétiques" hormonales au secours de la peau sèche et relâchée

Dr Gérard Bersand

 

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