22 juin 2026
Comme le visage, les jambes n’échappent pas aux effets du temps. Voici tout ce qui change avec l’âge, et quelques bons conseils pour continuer à porter shorts et jupes sans complexe.
La jambe vieillit d’une façon très semblable à celle du visage, tout en cultivant ses petites spécificités. Plusieurs tissus sont concernés, avec des conséquences à la fois esthétiques et fonctionnelles. Parmi ceux qui nous intéressent le plus :
Les muscles
La masse musculaire diminue d’environ 1 % par an. Mais à partir de 50 ans, may day, may day !, le processus s’accélère carrément. Les muscles du mollet remplissent alors moins bien leur rôle de pompe veineuse, ce qui favorise les problèmes circulatoires. Privée du soutien des muscles, la peau se relâche progressivement et la jambe s’accentuent, et faute de soutien musculaire, la peau se relâche, et la jambe perd peu à peu son aspect profilé et galbé.
Les vaisseaux sanguins
Avec l’âge et la diminution de la synthèse de collagène, et d’élastine, les parois des veines perdent de leur tonicité et se dilatent.Les valvules veineuses, ces petits clapets étanches qui empêchent le reflux du sang vers le bas, se fragilisent elles aussi ; elles ne se referment plus correctement. Le sang s’accumule dans les veines, la pression augmente et une partie du liquide qu’il contient traverse les parois, s’infiltre dans les tissus, et stagne dans le bas des jambes sous l’effet de la gravité. Rien d’étonnant du coup, à ce que celles-ci soient toutes gonflées en fin de journée, avec une sensation de lourdeur parfois douloureuse, surtout après de longues périodes en position debout ou assise. A cela s’ajoutent des facteurs aggravants, comme la prise de poids, les grossesses, la sédentarité, les stations debout prolongée, ou encore un terrain veineux familial peu favorable.
La peau
Avec la chute des hormones œstrogènes, la peau devient plus fine, plus sèche, et perd son élasticité. Les veines deviennent plus apparentes. Quant à la cellulite, elle prolifère joyeusement ! Et ce vilain aspect des cuisses est d’autant plus marqué que la peau se relâche.
Last but not least, passé un certain âge, la jambe paie aussi le prix d’années d’exposition aux UV. La peau se marque progressivement de taches brunes et blanches, et de kératoses actiniques – petites excroissances rugueuses précancéreuses – qui signent l’épuisement du capital solaire.
Quelles solutions pour redonner à la jambe ses 20 ans ?
Bon, ses vingt ans, c’est peut-être un peu ambitieux. Mais leur redonner suffisamment de lustre pour ne plus avoir à les cacher, ça c’est possible !
Tout commence par de bonnes habitudes
C’est le point de départ de tout. Et il n’est jamais trop tard pour bien faire ! Le tabac, l’alcool, la surexposition solaire, la sédentarité, etc., tout cela est éminemment destructeur pour vos gambettes, vous l’imaginez bien. « Il faut absolument éviter les prises de poids, même de 3 à 4 kilos, et les régimes yoyo. Leur impact sur les jambes lorsqu’on avance en âge n’est pas négligeable. Même modéré, le surpoids suffit à surcharger les veines, qui se dilatent, et le restent malheureusement par la suite » explique le Dr Kahina Betroune, phlébologue. Pas le choix : il faut vite reprendre les choses en main, en commençant notamment par mettre le paquet sur l’activité physique (trois à cinq fois par semaine), LE moyen le plus efficace pour transformer rapidement l’esthétique des quilles en perdition. Elle agit à la fois sur le surplus graisseux, la tonicité cutanée et l’efficacité de la pompe musculaire. Si vous pouviez vous en passer jusqu’ici, dîtes-vous qu’à partir d’un certain âge, c’est OBLIGATOIRE. Quel sport ? Celui que vous voulez, on ne va pas chipoter. L’essentiel est d’en faire.
Les réflexes « belle peau »
Les glandes sébacées sont peu nombreuses sur les jambes. De plus, à partir de 40 ans, la synthèse de céramides ralentit. Forcez sur les aliments riches en omega-3 (hmm, les bonnes noix ! Hmm, les bons poissons gras ! …). Choisissez un gel douche formulé sans sulfates agressifs pour préserver la barrière cutanée et hydratez quotidiennement la peau avec un lait ou un baume relipidant. Ou, plus amusant : enfilez le Masque Anti-Age Pieds & Jambes de la marque Masqly, spécialisée dans les soins des zones oubliées du corps. Laissez poser 20 minutes, et votre peau en sortira métamorphosée.
Et quand il fait beau, et que vous portez une jupe, ne sortez pas sans un écran solaire SPF 50 + (la version crème, plus hydratante pour la peau). Si vous avez des trucs moches à planquer, il existe des maquillages correcteurs corps longue tenue et résistants à l’eau (type Leg Magic de Covermark). Sur la plage, évitez les heures les plus chaudes, c’est juste criminel pour la peau des gambettes, et leur circulation.
Le pouvoir méconnu de la contention
La compression veineuse améliore l’efficacité des valvules en diminuant le diamètre des veines. Et elle n’est pas réservée aux voyages en avion ! « C’est une aide précieuse que l’on utilise encore trop peu au quotidien. Toutes les personnes ayant un terrain veineux fragile devraient y avoir recours lorsqu’elles sont confrontée à une station assise ou debout prolongée, lorsqu’elles pratiquent un sport à impact ou très sollicitant pour les jambes, ou encore lorsqu’elles affrontent de fortes chaleurs » explique Kahina Betroune. A noter : la classe II est celle dont l’efficacité est la mieux démontrée. Les classes II et III sont réservées à certaines pathologies (lipœdème, lymphœdème, suites post-opératoires, etc).
Mais n’achetez pas n’importe où vos chaussettes. Mieux vaut vous adresser à des spécialistes de la contention (type, Orthopédie Meyrignac, Orthopédie Delinott, Zola Orthopédie, Larrigue Podologie ou Orthopédie Chateau, à Paris et proche banlieue). Vous bénéficierez d’un large choix de modèles (gammes Sigvaris, Thuasne, Radiante, Medi, Juzo …), de conseils personnalisés, et surtout d’une prise de mesures rigoureuse. Car rien de pire qu’un bas de contention qui n’est pas adapté : il roulotte sur le mollet, fait garrot, ou sa matière gratte … A noter que les chaussettes de contention sont toujours composées d’élasthanne. Et les plus fines pour l’été sont même 100 % élasthanne. Toutefois, il existe aussi, pour les personnes sensibles aux matières synthétiques, des modèles associant des fibres naturelles, comme le lin (pour l’été), le bambou ou la soie (plus hivernal). Des modèles avec pieds ouverts (c’est à dire orteils dégagés) sont également proposés pour les grosses chaleurs. Ils sont quasi invisibles dans une paire de mules. « Pour enfiler les bas plus facilement, je conseille de mettre des gants en latex. Ils accrochent la matière et facilitent la prise. Ensuite, on masse pour bien répartir la matière le long de la jambe. Et pour enlever les bas, c’est toujours à l’envers ! » conseille Caroline Meyrignac, gérante d’Orthopédie Meyrignac. Autre conseil précieux : lavez vos bas en machine à 30 °, mais n’utilisez ni lessive spéciale aine ni assouplissant, cela distend la maille. Pas de sèche-linge, ni de séchage en plein soleil non plus.
Quand les jambes crient à l’aide
Une femme sur deux se plaint de problèmes veineux. Pourtant, toutes ne consultent pas, ce qui est franchement regrettable. Car un écho-doppler des membres inférieurs, réalisé par un phlébologue, un angéiologue ou un médecin vasculaire, permet d’observer en temps réel le flux sanguin dans les veines profondes et superficielles, et de détecter rapidement d’éventuelles anomalies. C »est aussi du reste, puisque le sujet est à la mode, un excellent moyen de connaître l’âge biologique de vos jambes. Les miennes ont la trentaine, tralala ilou ! Et les vôtres ?
« J’invite particulièrement les femmes qui souhaitent faire traiter leurs varicosités à réaliser cet examen avant l’intervention. Il est essentiel de vérifier qu’elles ne proviennent pas d’une veine malade sous-jacente. Sinon, les scléroser ne règlera pas le problème, puisque le vaisseau nourricier reste actif. Elles récidiveront, voire s’aggraveront avec l’apparition de nouvelles varicosités secondaires, regroupées en fins réseaux, ce qu’on appelle le « matting » » indique le Dr Kahina Betroune.
Il existe en effet plusieurs types de varicosités. Certaines, très fines, se développent de manière isolée sous la surface de la peau, sans vaisseau nourricier identifiable : elles peuvent être sclérosées ou traitées au laser directement. D’autres se présentent en nappes, et sont alimentées par des vaisseaux nourriciers superficiels, encore accessibles : la sclérose suffit alors à les traiter.
Enfin, certaines varicosités proviennent d’une veine saphène abîmée : un traitement chirurgical peut alors être envisagé.
Lorsque seule une branche de la saphène est concernée, on pratique une phlébectomie : la veine est retirée à l’aide d’un petit crochet, ce qui règle problème esthétique sans toucher à la saphène elle-même. « Aujourd’hui, l’approche est plus conservatrice, car ces veines peuvent constituer un précieux matériel de sauvetage. Elles peuvent servir de greffons pour des pontages artériels, notamment en cas d’artérite des jambes, pour certains pontages coronariens, ou pour réparer une artère après un accident » précise le Dr Betroune.
« Ce qu’il ne faut jamais faire, met en garde la spécialiste, c’est retirer des veines qui ne sont pas malades simplement parce qu’elles sont devenues plus visibles. Non seulement, elles ont leur utilité, mais vous risquez en plus d’aggraver la situation ».
La même prudence s’impose en cas de récidives. Si les varicosités réapparaissent rapidement après chaque traitement malgré un bilan correctement réalisé, ne vous acharnez pas. Quelques imperfections valent mieux que des jambes fragilisées par des interventions répétées. Et puis, faîtes preuve d’un peu de patience : lorsque la peau est joliment bronzée, les varicosités ne se voient quasiment plus !
La médecine esthétique à la rescousse
Avec le temps et l’accentuation du relâchement cutané, certaines zones peuvent devenir critiques, comme l’intérieur des cuisses ou le dessus des genoux. Aucun traitement n’est miraculeux, mais il est possible d’améliorer un léger aspect fripé. Les techniques les plus efficaces sont probablement les « endotissulaires », c’est à dire celles qui agissent sous la peau. Pour les cuisses, la radiofréquence sous-cutanée (type Endo D.A.S), peut-être proposée. Une canule qui délivre de la chaleur est insérée sous la peau pour stimuler la synthèse de collagène. Les premiers effets sur la rétraction cutanée apparaissent généralement après la sixième semaine (environ 1200 € la séance). Cette technique peut également améliorer le léger fripé des genoux (même prix). En revanche, la fameuse « casquette » du genou qui correspond qui correspond à un excès de peau flasque, est beaucoup plus compliquée à traiter puisqu’elle résulte du relâchement de la face antérieure de la cuisse.
Pour les petits amas graisseux localisés à l’intérieur des cuisses ou des genoux, rien de mieux que la cryolipolyse. La cellulite diffuse est plus difficile à corriger et les améliorations obtenues restent modestes. Pour les jambes sujettes à la rétention d’eau, on n’a toujours rien trouvé de mieux qu’un bon drainage lymphatique, pratiqué 2 fois par semaine.
Quant à la pigmentation des jambes, elle peut-être homogénéisée grâce à des séances de lumière pulsée. C’est très populaire aux Etats-Unis, un peu plus confidentiel chez nous, mais ça fonctionne plutôt pas mal. Aucun remède en revanche pour les taches blanches liées à la disparition locale des mélanocytes.
Enfin, c’est encore peu connu, mais il est possible de rattraper certains défaut de la jambe grâce à des injections d’acide hyaluronique ! Lire ici : Savez-vous que l’acide hyaluronique peut resculpter vos jambes ?
LIRE AUSSI :
Ne cachez plus vos jambes en poteaux, ça se traite !
La cellulite de la quinqua, au tapis !


Les expertes
Dr Kahina Betroune, Caroline Meyrignac




Laisser un commentaire