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Longévité : on bichonne ses muscles, mais ses poumons alors ?

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5 octobre 2026


Sans poumons, nos organes ne seraient plus correctement oxygénés, et nous passerions de vie à trépas en quelques minutes. Autant dire qu’une bonne santé respiratoire est clé pour la longévité. On n’y pense pas assez ! Par Linh PHAM

Mais alors, vous allez me dire, que signifie : « conserver une bonne santé respiratoire » ? « C’est préserver le tissu pulmonaire en lui évitant un certain nombre d’agressions, et maintenir l’efficacité de la pompe respiratoire » répond le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l’association Santé respiratoire France. Soit l’ensemble des muscles qui permettent de faire entrer et sortir l’air de nos poumons : principalement le diaphragme, situé sous les poumons (il s’abaisse pour faire rentrer l’air et remonte pour le faire sortir) et les muscles intercostaux (situés entre les côtes, ils font bouger la cage thoracique). 

Mais pour réussir cela, encore faut-il avoir pris les devants. Une grande partie du capital respiratoire se construit au cours des premières années de la vie, avant que le système respiratoire n’atteigne sa pleine maturité, autour de l’âge de 20 ans ! Toutes les infections chopées et les cigarettes grillées durant cette période peuvent donc impacter durablement la santé des poumons et augmenter le risque de pathologies pulmonaires ! Ah, on rigole moins déjà …

En prime, comme tous les organes, le système respiratoire vieillit. Un lent déclin qui s’amorce dès le début de l’âge adulte. Mais ce qui est rassurant, voire carrément enthousiasmant, c’est qu’il est tout à fait possible de le contrer, en entretenant sa condition physique et e protégeant nos poumons des agressions.

Selon le Dr Le Guillou, la durée de vie de l’appareil respiratoire pourrait aller jusqu’à 120 ans, à condition bien sûr qu’on l’ait correctement entretenu jusque-là. Ça laisse un peu de marge. Au-delà, le vieillissement pulmonaire devient très marqué : le tissu se fibrose progressivement, ce qui rend la respiration de plus en plus difficile, et peut nécessiter une assistance respiratoire. Notre célèbre doyenne Jeanne Calment avait d’ailleurs fini ses jours – paix à son âme – sous oxygène. 

Les bêtes noires de nos poumons 

La première menace, ce sont toutes les infections respiratoires que l’on contracte, surtout au plus jeune âge. Sur certains terrains, elles peuvent favoriser la survenue d’un asthme. Ou lorsqu’elles sont trop fréquentes ou particulièrement cognées, impacter le développement pulmonaire. Donc, on n’omet pas de faire vacciner les plus jeunes pour réduire le risque des infections, et leurs complications. D’autant que les enfants contribuent à leur transmission aussi, faisant notamment courir de gros risques à nos anciens. Mais la vaccination contre les infections respiratoires vous concerne aussi, en tant qu’adulte : grippe, Covid-19, pneumocoque, VRS … Je sens déjà les anti-vax bouillir, mais des poumons en bonne santé, sans un tissu sain, ça n’existe pas !!!

La seconde menace, sans surprise, c’est le tabagisme, responsable d’environ 80 % des BPCO (broncho-pneumopathie obstructive, maladie qui provoque une inflammation et un rétrécissement permanent des bronches). Donc, l’un des plus puissants anti-âge pulmonaires, c’est de lâcher la clope une bonne fois pour toutes !

La troisième, c’est la qualité de l’air que nous respirons, à l’extérieur comme à l’intérieur. Si votre code postal est le 75, comme moi, mauvaise pioche ! Cela dit, si vous vivez dans une zone très exposée aux fumées d’incendie, vous n’êtes pas mieux lotis. Mais, mis part déménager, on ne voit hélas pas trop de solution au problème.

On a déjà un peu plus de prise sur l’air que l’on respire à l’intérieur des maisons, des bureaux et des transports, où l’on passe la plupart de notre temps, et qui est cinq à six fois plus pollué que l’extérieur. Le plus redoutable ? Les appareils de chauffage et de cuisson, surtout ceux qui fonctionnent au gaz ou au bois. Il faut veiller à entretenir régulièrement les systèmes de chauffage et de climatisation, pour éviter l’accumulation de poussières et, en cas d’humidité, le développement de moisissures. Méfiance aussi envers tout ce qui parfume joliment l’atmosphère (bougies, sprays, bâtons à parfums, etc). Ces produits émettent de nombreux polluants volatils et particules fines. J’ai dû faire repeindre entièrement les murs de mon salon après quelques années de combustion, j’en sais quelque chose … Et pourtant, elles étaient loin de brûler H24, mes bougies Trudon.

Il faut penser à aérer le plus souvent possible votre intérieur en ouvrant grand les fenêtres. Et à le ventiler aussi, grâce aux VMC (à ne surtout pas obstruer !). Aération et ventilation sont complémentaires : l’une renouvelle ponctuellement l’air, l’autre en continu. 

Enfin, la sédentarité est un pur fléau aussi pour les poumons. Plus que du sport, ce qui est conseillé, c’est d’avoir une activité physique quotidienne. Peu importe ce que vous faites, du moment que vous bougez (courir pour attraper le bus, et monter les escaliers, c’est très bien). Le but, c’est d’améliorer la condition cardio-respiratoire et la capacité de votre corps à utiliser efficacement l’oxygène, le carburant de vos cellules. 

Doit-on tous faire contrôler nos poumons ? 

Faire contrôler son souffle n’est jamais inutile. Un examen simple, la spirométrie, permet d’évaluer la fonction respiratoire, et de dépister certaines anomalies comme une obstruction bronchique (asthme, BPCO, …). Il peut être réalisé par le médecin généraliste, au cours des bilans de prévention qui sont recommandés aux âges clés de la vie = 18-25 ans ; 45-50 ans ; 60-65 ans ; 70-75 ans. S’il ne vous le propose pas spontanément, parlez-en avec lui, surtout si vous présentez des symptômes : toux persistante, essoufflement, baisse des performances physiques, expectorations, sifflements, etc.Pas trop normal, tout ça …

En fonction des résultats, il pourra ensuite vous orienter vers un pneumologue pour des explorations plus poussées : pléthysmographie, qui mesure les volumes pulmonaires ; mesure de la diffusion du CO (DLCO), qui évalue la capacité des poumons à faire passer l’oxygène dans le sang, ou encore selon le contexte, radiographie du thorax ou scanner thoracique. Le test de marche de 6 min permet, quant à lui, d’évaluer la tolérance à l’effort, l’essoufflement et l’évolution de la saturation en oxygène pendant la marche. C’est différent du test d’effort qui, lui, explore principalement la réponse cardiovasculaire à l’effort.

C’est normal d’être plus essoufflé avec l’âge ? 

La capacité respiratoire diminue progressivement avec l’âge, oui. Il existe des valeurs de référence en fonction du sexe, l’âge et de la taille auxquelles vous pouvez vous benchmarker. Mais un essoufflement ne doit pas automatiquement être mis sur le compte des années. Un examen est toujours bienvenu pour en rechercher la cause. Le problème n’est peut-être pas d’origine respiratoire, mais cardiaque, ou lié à une anémie ou au manque d’exercice ?

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Mon expert

Dr Frédéric Le Guillou

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Réponse

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  1. Avatar de Dubillon
    Dubillon

    Merci Linh d’avoir parlé de nos poumons.On évoque sans arrêt la santé de notre peau mais moins celle de nos poumons.
    En triste état après des années de tabagisme.,hélas..,

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Linh Pham, journal et medi-aesthetics influencer, créateur du premier magazine digital indépendant sur la médecine et la chirurgie esthétique

Journaliste spécialisée en médecine et chirurgie esthétiques et médecine du bien vieillir, j’ai créé Le Journal De Mon Corps, pour vous apporter la meilleure info qui soit sur ces sujets. Ma différence : des enquêtes fouillées réalisées avec les meilleurs experts, de façon libre, indépendante, et sur un ton délicieusement impertinent. Enjoy !