Rides

2 solutions : 

  • Le médecin remplit avec un produit de comblement
  • Il détend les muscles avec la toxine botulique

REMPLIR LES RIDES

C’est la solution la plus communément employée pour regonfler isolément les rides.

Quel produit je choisis ?

Il existe une centaine de produits de comblement sur le marché français, commercialisés par 35 fabricants.

Le plus connu et le plus utilisé est l’acide hyaluronique, un composant naturel des tissus humains et du liquide synovial (lubrifiant des articulations), reproduit par biofermentation bactérienne. Le collagène d’origine bovine n’est plus utilisé depuis la crise de la vache folle. Pour augmenter sa durabilité dans l’organisme, l’acide hyaluronique est modifié chimiquement par des molécules appelées « agent réticulant ». Plus l’acide est « réticulé » (ferme, épais), plus il permet de combler des zones de creux importantes. Toute une gamme de produits de comblement est donc proposée par les laboratoires, du produit le plus fluide au plus volumateur, afin de corriger tous les types de rides, plis, sillons ou les pertes de volume du visage.

Le produit se présente sous la forme d’une seringue pré-remplie de gel, prête à l’emploi. Il doit porter obligatoirement porter le marquage CE (Communauté Européenne).

A la première consultation, le médecin remet à sa patiente un « carnet de suivi », dans lequel sont indiqués les noms, marque et numéros de lot des produits utilisés. Il faut le conserver précieusement, comme un carnet de santé, pour se remémorer tous les produits qui ont été injectés.

C’est important pour la suite de la prise en charge.

Les produits les plus sécurisants sont les produits résorbables, dérivés pour la plupart d’acide hyaluronique. Ils se dégradent entre 6 et 12 mois dans l’organisme.

Les produits lentement résorbables ont une tenue dans l’organisme comprise entre 12 mois et 24 mois. Les acides hyaluroniques très volumateurs par exemple, entrent dans cette catégorie. Mais aussi les « inducteurs tissulaires » : des produits dont l’effet combleur est prolongé grâce à une stimulation locale de la production de collagène. Entrent dans cette catégorie, le Radiesse à base d’hydroxylapatite de calcium, Le Sculptra à base d’acide Poly-L-lactique, l’Ellansé à base de miscrophères de polycaprolactone. Présents longtemps sous la peau, ils ne sont pas totalement dénués de risques. Comme tout corps étranger introduit dans l’organisme, ils peuvent entraîner des réactions inflammatoires graves, des mois voire des années après l’injection, et notamment l’apparition de «granulomes », sortes de boules indurées qui se soignent au mieux avec des corticoïdes, sinon nécessitent une chirurgie pour être retirés. Réfléchissez bien donc avant de vous les faire injecter. D’autant que les acides hyaluroniques volumateurs sont très utilisés dans les cabinets pour reconstruire les volumes du visage (vallée des larmes, joues, tempes … ), redessiner ses contours, améliorer l’esthétique des mains, corriger les petits nez bossus.

Les produits non résorbables restent définitivement dans l’organisme, d’où leur danger potentiel. C’est le cas notamment de la silicone liquide injectable qui interdite en France depuis 2001. Des effets graves et permanents on pu être observés. Les autres produits fabriqués à partir de polymères acryliques ou méthacryliques associés ou non à un matériau résorbable tel l’acide hyaluronique, ne sont priori plus disponibles sur le marché français. Mais ils le sont aux USA et au Canada. Si vous envisagez une injection là-bas, attention, donc. Ces produits ne se dégradant pas, ils entraînent un risque important de réactions inflammatoires.

De nombreuses stars ont ainsi été défigurées dans les années 80 à cause de la silicone. On vous déconseille donc fortement cette classe de produits !

Y a t-il des contre-indications ?

  • Les maladies auto-immunes
  • Les femmes enceintes et allaitantes (par précaution)
  • Les infections ou inflammations cutanées (l’injection dans une zone irritée ou présentant des lésions aigües ou chroniques est interdite).
  • Un herpès, en poussée.
  • Une hypersensibilité connue à l’acide hyaluronique ou à un des composants de la formule.
  • Des antécédents allergiques graves
  • Des injections anciennes de produits non résorbables (type silicone)
  • Les porphyries (maladies métaboliques héréditaires)

Avant l’intervention.

  • Les médicaments à base d’aspirine ou d’anti-inflammatoires doivent être évités dans les 3 jours précédents l’injection, pour éviter les risques de saignements les ecchymoses.
  • Il est préférable de ne pas exposer la zone traitée à la chaleur (bain de soleil, sauna, hammam), ni même à un froid extrême tant que persistent des signes d’inflammation locale.
  • En prévention d’éventuelles ecchymoses (bleus), si vous avez l’angoisse d’être marquée, le médecin peut prescrire de l’arnica 9CH 3 jours avant l’intervention (et 3 jours après).
  • Le visage est démaquillé par le médecin.
  • Vérifiez le produit que l’on vous injecte, c’est un droit. Vous pouvez même demander la notice d’emploi. Il doit porter un nom de laboratoire connu (Galderma, Allergan, Teoxane, Filorga, Vivacy, etc…), et le marquage CE.

Comment se passe l’intervention ?

La zone à traiter est désinfectée, puis le médecin injecte le produit à l’intérieur de la ride, plus ou moins profondément dans le derme. Certains produits sont formulés avec de la lidocaïne (un anesthésiant). L’acide hyaluronique est injecté à l’aide d’une fine aiguille ou d’une micro-canule dont le bout arrondi évite de léser les nerfs et les vaisseaux.

Et après ?

Un léger maquillage peut être appliqué pour camoufler une rougeur, un petit gonflement, qui disparaissent dans les heures qui suivent, de légères ecchymoses (bleus) qui persistent quelques jours. Des démangeaisons et des douleurs à la pression ont également été décrites, mais ces manifestations ne durent généralement pas plus d’une petite semaine. Le résultat est immédiat et perdure selon les produits entre 3 mois et 2 ans. Si besoin, une retouche pourra être pratiquée 3 semaines plus tard. Il faut éviter pendant les heures qui suivent de trop solliciter le visage (évitez de trop parler, de rire à gorge déployée) et de s’exposer au soleil. Dans les 2 jours qui suivent l’injection, les massages appuyés du visage, le sauna, le hammam sont interdits. Et pas de traitement laser ou peeling chimique sur le site injecté avant 4 à 6 semaines.

Quels sont les risques ?

  • Une infection
  • Une sur-correction. Il existe un antidote à l’acide hyaluronique, une enzyme qui s’appelle la hyaluronidase et dissout le produit injecté. Malgré son interdiction sur le marché français, de nombreux médecins l’utilisent. Mais elle possède un potentiel allergénique important qui nécessite un test intradermique préalable. De plus, sa manipulation est délicate. Il n’est pas exclu de se retrouver avec un trou à la place de la bosse !
  • Une rougeur persistante pendant quelques semaines.
  • La réactivation d’un herpès.
  • Un abcès, une nécrose cutanée localisée au point d’injection.
  • Une réaction inflammatoire aiguë ou chronique (granulomes, nodules sur la ligne d’injection). Ne vous faites pas injecter trop souvent et restez, si possible, fidèle aux mêmes produits.

Qui consulter ?

Un médecin esthétique, un dermatologue, un chirurgien plasticien.

C’est cher ?

Le travail est facturé en fonction du nombre de seringues utilisées. Prix de la seringue : 400 à 450 €.

 

DETENDRE LES RIDES

C’est la solution employée pour corriger les rides d’expression dynamiques du visage, celles qui apparaissent lors de la mimique.

Quel produit je choisis ?

La toxine botulique, qui agit en relaxant transitoirement les muscles responsables de l’apparition des rides. Ce que tout le monde appelle « Botox ». Mais qui est en réalité le nom commercial du produit réservé au traitement neurologique. La formule utilisée dans le traitement des rides, au sein du même laboratoire (Allergan), est le « Vistabel ». Mais il y a aussi l’Azzalure (laboratoires Galderma), le Bocouture (laboratoires Merz). La toxine botulique est un médicament, qui a reçu son autorisation en France pour le traitement des rides horizontales du front, des rides du lion (entre les yeux) et des rides de la patte d’oie (au coin des yeux). De nombreux médecins l’utilisent aussi dans d’autres indications (les rides verticales du cou, les rides de la lèvre supérieures, le pli d’amertume, le menton en peau d’orange, etc), mais dans ce cas, ils le font hors AMM, sous leur propre responsabilité. En cas de problème, ils seront donc vis à vis de leur patient, et des assurances, dans leur tort.

Y a t-il des contre-indications ?

  • Une infection au niveau des sites d’injection.
  • Le syndrome d’Eaton-Lambert
  • La myasthénie grave, la sclérose latérale amyotrophie.
  • Certains médicaments de la classe des Aminoglycosides qui potentialisent l’action de la toxine botulique ainsi que des agents interférants sur la transmission neuromusculaire (agents curarisants). Et aussi, les antipaludiques et la ciclosporine, un immunosuppresseur, qui peuvent réduire son action.
  • Les femmes enceintes et allaitantes (par précaution)
  • Une hypersensibilité connue à la neurotoxine botulinique A ou un antécédent d’allergie à l’albumine.

Avant l’intervention

Evitez de prendre de l’aspirine et des anti-inflammatoires (tout ce qui fait saigner) pendant les 15 jours qui précèdent l’intervention.

Comment ça se passe ?

On contracte le muscle pour que le médecin repère où piquer, puis ce dernier injecte le produit à différents endroits, à l’aide d’une très fine aiguille. Il n’y a pas d’anesthésie préalable mais les injections ne durent que quelques minutes et sont très peu douloureuses. Si vous avez peur de vous retrouver avec les traits « figés », comme certaines stars américaines, demandez au médecin d’y aller mollo, quitte à reprogrammer une seconde séance trois mois plus tard. L’idée, c’est de décrisper le front, pas de le lisser complètement. Si vous devez compléter les corrections par des injections d’acide hyaluronique, elles seront distancées de 3 semaines.

Et après ?

Le médecin applique des compresses glacées durant 15 à 30 minutes sur les zones injectées. Une rougeur, un léger gonflement peut apparaître aux points d’injection mais ils disparaissent rapidement. Des petites ecchymoses (bleus) sont également possibles. Elles durent 4 à 6 jours. Des céphalées ont aussi été décrites, pendant 3 à 4 jours (les migraineuses doivent en être informées). On doit éviter de pencher la tête en avant pendant 24 heures, de masser son visage de façon appuyée, d’aller au sauna, au hammam, de faire du sport pendant 3/4 jours. Le résultat apparaît entre 3 et 8 jours et il est maximal selon les produits entre le 15 ème et le 30 ème jour. Le résultat dure entre 4 et 6 mois. Evitez de prendre votre voiture pour rentrer chez vous juste après l’injection car il existe un risque de faiblesse musculaire localisée ou de troubles visuels liés à l’utilisation de ce médicament, susceptible d’altérer temporairement la conduite.

Quels sont les risques ?

Une asymétrie des deux côtés du visage, une ptôse (chute) des sourcils ou des paupières, des sourcils en accent circonflexe (effet Méphisto), un gonflement autour des yeux pendant quelques semaines, une gêne au sourire ou à la déglutition, une sécheresse oculaire, des contractions involontaires des muscles autour des yeux, des troubles visuels, des sensations de vertige, un prurit, etc. D’où l’importance de bien choisir son médecin !

Qui consulter ?

Seules 5 spécialités sont autorisées à injecter la toxine botulique : les dermatologues, les chirurgiens plasticiens, les chirurgiens de la face et du cou, les chirurgiens maxillo-faciaux, les ophtalmologues. Vous noterez que les médecins esthétiques sont exclus de la liste ! Parfaitement injuste puisqu’ils sont tout aussi compétents pour traiter les signes de vieillissement, mais c’est ainsi. Que risquez-vous à vous faire injecter chez eux ? Pas grand chose, si vous avez confiance en leur geste. Mais en cas de problème, ils seront dans leur tort.

C’est cher ?

Les séances sont facturées en fonction du nombre d’unités injectées. Pour les rides du front, les rides du lion et la patte d’oie, comptez entre 350 € et 450 € selon les praticiens. Un prix trop bas doit vous alerter. Il peut s’agir d’une toxine chinoise ou coréenne de piètre qualité achetée sous le manteau.