13 juillet 2026
Une question qu’on est en droit de se poser après toute une vie d’exposition au soleil …
Bon, j’aurais aussi bien pu titrer « après 30 ans » ou « après 40 ans ». En réalité, tout dépend des habitudes prises dès le plus jeune âge. Si vous avez beaucoup été exposée au soleil durant l’enfance, votre peau peut en porter les stigmates très tôt, notamment être criblée de taches brunes.
Cependant, il est clair qu’après 50 ans, la situation devient plus critique encore, car on cumule un demi-siècle d’exposition solaire (plus ou moins intense, certes, mais cinquante ans tout de même), auxquels s’ajoutent les effets de la pénurie d’œstrogènes. La production de collagène et d’élastine en prend un sacré coup. La fermeté de la peau aussi. Et ce ne sont pas les UV qui améliorent son état !
Votre peau a t-elle déjà beaucoup souffert au soleil ?
Vous savez ce qu’est l’héliodermie ? C’est le vieillissement de la peau provoqué par les UV. Il s’installe progressivement au fil des années et se traduit par différents signes : des rides, un grain de peau altéré, des taches brunes ou blanches, des rougeurs, des anomalies de la kératinisation (peau épaisse, sèche, rugueuse ou squameuse).
La classification du vieillissement cutané de Glogau permet d’évaluer le degré d’atteinte, à travers quatre stades :
Stade 1: la peau commence à perdre son aspect parfaitement uniforme. Des changements encore restent discrets, qui passent souvent inaperçus.
Stade 2 : les premiers signes du vieillissement apparaissent : des fines rides, quelques taches brunes ici et là, des rougeurs et des petites zones de peau rugueuses et squameuses.
Stade 3 : Le vieillissement est bien installé. Les rides sont plus marquées, les taches brunes et rouges sont plus nombreuses, et les zones rugueuses plus importantes aussi (on parle alors de « kératoses actiniques », des lésions précancéreuses).
Stade 4: La peau est très fortement abîmée par le soleil. Les rides sont profondes, le teint est épais et jaunâtre, les taches brunes et les rougeurs sont très prononcées et les kératoses actiniques nombreuses. Des carcinomes (cancers cutanés) peuvent aussi être présents.
En fonction de votre exposition solaire depuis l’enfance, vous présentez donc, à 50 ans, un stade d’héliodermie plus ou moins avancé. Et c’est précisément ce stade, bien plus que l’âge inscrit sur votre carte d’identité, qui devrait déterminer votre comportement au soleil.
A noter que les habitants du Nord sont, en général, un peu mieux préservés que ceux des régions ensoleillées. Les peaux mates par rapport aux peaux claires, aussi.
Alors, soleil un peu ou pas du tout ?
Eh bien, si votre peau est encore très saine, parce que vous avez été peu exposée au soleil tout au long de votre vie, vous avez bien sûr le droit de profiter du soleil, en prenant toutes les précautions qui s’imposent. Toutefois, le cas le plus fréquent n’est pas celui-là !
Si vous avez passé tous vos étés sur la plage depuis cinquante ans, il y a de fortes chances que votre peau en soit déjà à un stade bien avancé de la classification. La logique veut donc que vous teniez le soleil à distance. « L’exposition directe, à ce stade, est clairement à éviter » rappelle le Pr Christophe Bédane, chef du service de dermatologue du CHU de Limoges et membre de la Société Française de Dermatologie. Comprenez : continuer à faire la crêpe est une habitude de cagole périlleuse. Vous avez cramé votre capital solaire et tous ces petites imperfections qui marquent votre peau sont autant de signaux d’alerte de sa part. « Mayday mayday … », vous ne l’entendez donc pas s’époumoner ?
Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez plus aller à la plage. Simplement, que vous ne vous ne pouvez plus y aller SANS parasol. Passer à l’ombre ne dispense toutefois pas d’écran solaire. Le SPF 50 + reste toujours votre meilleur ami, et le chapeau de paille pour une protection renforcée de votre joli minois, aussi. Si vous nagez souvent ou pratiquez des sports nautiques, pensez au vêtement anti-UV (type Ker Sun). On en voit de plus en plus sur de jeunes corps athlétiques. Votre corps peut s’y glisser aussi (« Ben si, moi aussi je fais du kite-surf !« ).
« Il faut surtout se montrer très vigilant lorsque la peau présente des kératoses actiniques, car le risque de cancer cutané augmente » souligne le Pr Bédane. Ces lésions concernent surtout les personnes de plus de 60 ans. En développer de façon plus précoce traduit une exposition solaire importante ou une peau particulièrement fragile, ce qui justifie d’autant plus l’éviction solaire.
Il existe en pharmacie des protections solaires spécifiques pour les personnes qui présentent des kératoses actiniques ou un risque élevé de cancers cutanés (type Actinica Lotion de Galderma). Ces dispositifs médicaux offrent des SPF 100, soit les plus élevés du marché. Ils peuvent aider certaines têtes brûlées (cas de le dire) à prendre de bons réflexes. Du genre, « je suis à risque, je me soigne ». Je pense notamment aux hommes, qui sont souvent peu concernés par la protection solaire. Ces lésions sont pourtant fréquentes sur les crânes dégarnis.
Dès que vous repérez ces zones rugueuses sur la peau, ne tardez pas à les faire examiner par votre dermato. Les kératoses actiniques se traitent facilement, notamment par cryothérapie (azote liquide).
Enfin, n’oubliez pas que l’on hérite de son phototype. Si l’un de vos parents a eu un mélanome, la forme la plus agressive de cancer de la peau, faîtes contrôler régulièrement vos grains de beauté, et exposez-vous avec une bonne protection, et modération.
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L’expert
Pr Christophe Bédane




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