Nez bossu

La bosse apparaît dans les 2 ans qui suivent la puberté, lorsque le nez a pris sa forme définitive entre 16 et 18 ans. Souvent, on retrouve une cause familiale. Mais ce peut être aussi un accident passé inaperçu dans l’enfance. La bosse peut être placée plus ou moins haut sur le nez, et peut mesurer jusqu’à 2 cm de haut.

Je fais quoi ?

La solution soft mais temporaire : une injection d’acide hyaluronique

Si la bosse est de taille modérée, le médecin peut proposer une injection d’acide hyaluronique.

Y a t-il des contre-indications ?

Non, si ce ne sont les contre-indications habituelles de l’injection d’acide hyaluronique.

Avant l’intervention

Le médecin applique une crème anesthésiante 30 minutes avant l’injection.

Comment ça se passe  ? Le médecin injecte le produit de comblement à l’aiguille ou à la canule selon ses habitudes dans la partie concave du nez.

Et après ?

Le plus souvent, il n’y a pas d’ecchymoses. Un léger œdème peut survenir mais c’est rare. Le résultat est immédiat et tient souvent plus de 2 ans. Le port de lunettes de vue trop lourdes est déconseillé pendant 8 jours, mais des lunettes légères avec un appui latéral ne posent pas de problème.

Quels sont les risques éventuels ?

  • Une infection.
  • Un embol artériel, avec l’acide hyaluronique mais c’est très rare. Il faut savoir que le nez est très vascularisé. Il y a donc un risque, lorsqu’on utilise un produit trop fluide, que ce dernier diffuse au-delà du point d’injection, pénètre une artère et bouche celle-ci.

 Qui consulter ?

Un médecin esthétique, un dermatologue, un chirurgien plasticien, un chirurgien ORL, un chirurgien de la face et du cou.

C’est cher ?

Entre 100 et 500 € selon la quantité de produit injectée.

 

La solution hard mais définitive : une rhinoplastie

Cette intervention chirurgicale va permettre de supprimer définitivement la bosse. Le chirurgien emploiera aussi souvent que possible la technique dite « fermée », c’est à dire qui se pratique à l’intérieur du nez, sans cicatrice visible.

Y a t-il des contre-indications ?

  • Les mêmes que celles de toute anesthésie générale ou une mauvaise coagulation sanguine.
  • Un herpès naso-labial. Dans ce cas, il faut reporter l’intervention.

Avant l’intervention

  • Le médecin réalise une étude photographique de votre nez sur ordinateur.Vous repartez avec un joli avant/après.
  • Un bilan sanguin vous est prescrit
  • Il faut stopper tout médicament contenant de l’aspirine dans les 2 semaines précédent l’intervention.
  • Vous devez consulter le médecin-anesthésiste au plus tard 48 heures avant l’intervention.

Comment se passe l’intervention ?

Le médecin a avec lui en salle d’opération les clichés avant/après de votre nez retouché sur ordinateur. Sous anesthésie générale, il incise à l’intérieur de chaque narine. Puis il sépare la bosse de la peau qui la recouvre à l’extérieur, et de la muqueuse qui la tapisse à l’intérieur. Il coupe l’os et le cartilage excédentaire, ce qui la fait disparaître illico. Puis il rapproche les parois osseuses sur toute la longueur du nez (autrement, privé de sa bosse, le nez paraîtra trop large). Parfois, il peut même être amené à le raccourcir aussi, pour retrouver des proportions idéales. Puis il rhabille l’ensemble avec la peau et la muqueuse, et suture avec un fil qui tombera de lui-même après 8 jours. En fin d’intervention, des éponges sont insérées dans le nez afin de « mouler » la muqueuse, et permettre une bonne cicatrisation. En prime, à l’extérieur, un plâtre ou une attelle, maintient la nouvelle forme du nez bien en place. L’intervention dure environ 1 heure.

Et après ?

On se réveille sans ressentir la moindre douleur car en plus de l’anesthésie générale, le médecin a réalisé une anesthésie locale étendue du nez. Les sensations commencent à se réveiller, après 2 à 3 heures. Mais c’est comme des douleurs de contusion, c’est très supportable. On peut avoir un peu mal à la tête aussi. Mais certains chanceux ne ressentent rien du tout !

Après la première nuit, les éponges sont retirées (ça ne fait pas mal, vous pouvez même le faire vous même). On nettoie son nez avec un spray d’eau de mer (le produit fétiche des 15 prochains jours). Ça aide à la cicatrisation.

A ce stade, les douleurs ont cessé, mais on a la même tête que Mike Tyson sortant du ring (= pas belle à voir). A la place des yeux, on a deux gros cocards, et on voit parfois du rouge dans le blanc de l’œil ! Les paupières sont très, très gonflées aussi. A tel point qu’un œil peut rester fermé pendant un ou deux jours. Mais pas de panique, ça fait partie des suites « classiques » de l’intervention. Puis, les bleus des yeux descendent sur les joues. Au huitième jour, le médecin retire le plâtre, mais le nez est toujours un peu gonflé, le résultat n’est pas optimal. Au douzième jour, avec un bon maquillage, on peut se présenter en public. Mais pour en finir complètement avec les bleus, il faut bien patienter 3 semaines en tout.

Pendant 1 mois, les sports violents (tennis, équitation, etc) sont interdits. Et si on a un bébé à la maison, il est recommandé de le porter à bout bras. « Pendant quelques semaines après l’opération, on perd la sensibilité « stéréotaxique », autrement dit la position de son nez dans l’espace. On prend donc plus facilement des coups ! », explique le docteur Emmanuel Claoué, chirurgien plasticien.

Par la suite, il y aura trois rendez-vous de contrôle avec le médecin, à 3 mois, à 6 mois, et à 1 an.

Le résultat définitif de l’intervention s’apprécie entre 12 et 18 mois.

Quels sont les risques ?

  • Un mauvais résultat, du style un nez trop creux si le chirurgien a été trop zélé ou une bosse résiduelle s’il a été trop frileux.
  • Un gros saignement provoqué par une mauvaise coagulation.

Qui consulter ?

Un chirurgien plasticien rompu à la rhinoplastie (tous ne le sont pas !), un chirurgien maxillo-facial, un chirurgien ORL.

C’est cher ?

4500 €. Il peut y avoir une prise en charge partielle par la sécurité sociale, après entente préalable, dans le cas d’une obstruction respiratoire associée.

nez apres