L’acné peut-elle guérir avec la photothérapie ?

La photothérapie (luminothérapie médicale) est une alternative prometteuse aux traitements classiques contre l’acné, maladie qui touche tout de même quinze millions de personnes en France, dont 25 % d’adultes !  

Les traitements efficaces pour traiter l’acné, on les connait. Sauf que de plus en plus de femmes adultes boudent les solutions proposées par leurs dermatos. Certaines ont déjà été traitées avec pas mal de choses et ne veulent plus de produits agressifs. Surtout, il y a cette grande mode du « fuck la pilule » (laquelle a pourtant des effets hyper bénéfiques sur la peau). « C’est dangereux », « ce n’est pas naturel » …. De là à ce que le comprimé soit aussi responsable du dérèglement climatique, il n’y a qu’un pas. Résultat, on croise de plus en plus de trentenaires, dont certains à des postes pourtant fameux (directrice commerciale, responsable marketing d’un grand groupe …) avec des visages constellés de lésions, à un âge où on démarre normalement les rides. Double peine !  Alors, on pourrait se dire : c’est cool, ça va faire du taf pour les dermatos. Ah oui, là pour le coup, les cabinets sont blindés. Sauf qu’une fois dans la place, les insolentes ne veulent rien écouter de ce qu’on leur dit (contrairement aux hommes, eux, qui font moins de manières et suivent religieusement les consignes du dermatologue. Enfin, ceux qui vont consulter !).

Récit d’une spécialiste qui a des nerfs d’acier… « Je n’essaie même plus de batailler. Aujourd’hui, la pilule Diane 35 a été réhabilitée et elle constitue toujours l’un des meilleurs traitements contre l’acné. Mais si mes patientes la rejettent pas, alors il faut bien trouver des alternatives. J’essaie toujours de leur proposer, dans un premier temps, une autre pilule. Mais si elles ne veulent définitivement pas des hormones, alors j’opte pour la spirololactone : un diurétique qui est traditionnellement prescrit dans l’hypertension artérielle. Il est en général bien toléré et donne, à mon sens, de bons résultats chez les jeunes filles présentant des signes d’hyper-androgénie (excès d’hormones mâles qui se traduit par de l’acné, une chute de cheveux, de l’hirsutisme) ou chez les plus de quarante ans qui souffrent d’acné persistante. Mais c’est un traitement à prendre sur le long terme. Si elles refusent aussi cette contrainte, alors je reviens aux traitements médicamenteux contre l’acné (certaines ne les ont peut- être pas essayés ?). Mais là, très souvent aussi, c’est souvent « non, je ne préfère pas », surtout ceux qui se prennent par la bouche comme l’isotrétinoïne par voie orale (Roaccutane) et les cyclines (antibiotiques). Alors, de plus en plus, en supplément d’une hygiène cosmétique adaptée, je prescris des traitements de photothérapie !!! » rapporte le Dr Sylvie Olive.

Alors, soyons clairs…, les spécialistes ne disposent pas encore d’un énorme recul sur ces traitements. On ne sait donc pas encore précisément ce qu’ils valent. Mais ce sont des options intéressantes pour toutes celles qui souhaitent explorer de nouvelles voies. En revanche, rien n’étant pris en charge par la sécu, mieux vaut être directrice commerciale ou marketing pour en supporter le coût. Des boutons sur le décolleté ou dans le dos ? Les techniques peuvent s’y prêter aussi.

 

TRAITER L’ACNE AVEC LA PHOTOBIOMODULATION (KLERESCA)

De quoi s’agit-il ?

D’un traitement topique activé par la lumière bleue, dont je vous ai déjà parlé sur le site. Lire ici Acné : quels traitements si on refuse les médicaments ? Vous aurez tous les détails sur comment ça se passe, le nombre de séances, les suites, le prix, etc. Et plus encore ici www.kleresca.com.

Ce qui est intéressant à mon sens dans cette technique, c’est qu’elle n’utilise aucune substance médicamenteuse. Voilà qui devrait plaire aux acharnés du « tout naturel ». Et les séances sont courtes, donc faciles à caser dans un agenda de ministre (ou de directrice commerciale ;)).

Traitement par photobiomulation (Kleresca) 

 

LIRE AUSSI : Pores dilatés : quelles solutions chez le dermato ?

 

TRAITER L’ACNE AVEC LA PHOTOTHERAPIE DYNAMIQUE (ALAFAST)

La PDT, c’est quoi ? 

La photothérapie dynamique ou PDT est un mode de traitement connu depuis des années et considéré comme efficace dans les les cancers cutanés. Il consiste en l’application d’une substance photosensibilisante, exposée ensuite sous une lumière spécifique. Le produit utilisé pour cela est le METVIXIA (laboratoire Galderma), à base d’acide amino-lévulinique (5-ALA-HCL), que certains médecins prescrivent aussi hors AMM, dans le traitement de l’acné. Toutefois, il existe aujourd’hui un produit spécifique pour cette maladie : un dispositif médical nommé Alafast. C’est donc vers celui-ci qu’il faut donc aujourd’hui se tourner. Il se présente sous la forme d’un gel liquide légèrement brunâtre, à base d’acide amino-lévulinique (5-ALA-HCL). Le médecin l’applique au doigt ganté, sur le visage préalablement nettoyé. Au contact de la peau, le produit s’épaissit, ce qui permet de le masser facilement pour le faire pénétrer dans les conduits pilo-sébacés. Une fois cette première phase, terminée, la patiente gagne une salle obscure, où elle est invitée à patienter pendant 1 h 30, le temps que le gel s’incorpore dans les cellules inflammatoires (celles qui donnent les gros boutons rouges) des glandes sébacées. Là, ce dernier est transformé par réaction enzymatique en un produit photosensibilisant (la protoporphyrine IX). Le visage est alors exposé à une lampe LED rouge 630 nm, placée à une distance de 8 cm, pendant 11 à 15 minutes. C’est en absorbant la lumière que le photosensibilisant va alors détruire les cellules inflammatoires à l’intérieur des glandes sébacées. La bactérie responsable de l’acné, le cutibacterium acnes, est affaiblie un peu aussi au passage. Ça chauffe sec à l’application, mais rien de douloureux néanmoins.

Quelles sont les suites du traitement Alafast ?

Après la séance, le visage est rouge (comme après un coup de soleil) et une légère sensation de chaleur se poursuit pendant 2 à 3 jours. Donc, globalement les suites sont très confortables. En contre-partie, il est interdit de s’exposer à la lumière du jour pendant 48 heures. Pourquoi ? Parce que cette dernière risque d’activer les porphyrines IX qui restent dans la peau et peuvent provoquer des rougeurs plus ou moins importantes.

Bon alors après, il faut relativiser. Si vous allez au travail en métro et que vous êtes ensuite enfermée dans un bureau, il n’y aura aucune conséquence. En revanche, si vous sortez pour le déjeuner, là, ça devient plus touchy. Sinon, programmez votre traitement un vendredi et faites le loir pendant tout le week-end !

Une deuxième séance est pratiquée quinze jours plus tard puis une troisième à une distance de trois ou quatre semaines, à l’issue de quoi la peau est franchement améliorée et les boutons ont pratiquement tous disparu. Le labo parle d’un effet « durable » sur l’acné, mais les données à ce sujet sont encore trop minces pour pouvoir l’affirmer. Une séance d’entretien par an est cependant préconisée pour les acnés persistantes.

A quel type d’acné s’adresse la phytothérapie dynamique ?

Aux acnés inflammatoires, modérées à sévères. Il n’a pas une grande action sur les microkystes (petites boules dures sous la peau) et les comédons (points noirs). Il faut donc procéder à un nettoyage de peau dermatologique en prime, pour les retirer.

Y a-t-il des contre-indications ?

Rien, à part les femmes enceintes qui sont écartées du traitement au nom du sacro-saint principe de précaution.

Des effets secondaires ?

Sur certaines acnés très sévères, le traitement peut parfois occasionner une poussée inflammatoire assez violente, « volcanique » même !…

Quel est le prix d’Alafast ?

Environ 150 € la séance.

 

TRAITER L’ACNE AVEC SEBACIA

Ce traitement local destiné aux acnés modérées à sévères, vient  d’être approuvé par la FDA (Food and Drug Administration, service du gouvernement américain responsable du contrôle des médicaments avant leur commercialisation). Il consiste à faire pénétrer des particules d’or au sein des glandes sébacées, ensuite à appliquer un laser qui va partiellement les détruire.

Comment se déroule une séance de Sebacia ?

Pour une efficacité optimale, il est recommandé de prendre, un mois avant de démarrer les séances, un traitement antibiotique par voie orale (ou des comprimés de zinc pour ceux qui n’en veulent pas) associés à des crèmes kératolytiques (ou exfoliantes, type vitamine A acide ou AHA) pour diminuer l’inflammation et libérer la peau des points noirs. Ainsi les particules d’or seront mieux absorbées par la peau.

Le jour J. Le visage est nettoyé à l’aide d’une brosse électrique, type Clarisonic, puis le médecin applique une drôle de lotion de couleur noire, contenant des microbilles de silice recouvertes d’or. La peau est ensuite massée avec un appareil de massage sonic pour faire pénétrer le produit à l’intérieur des glandes sébacées. Puis, un laser (Diode 810 nm, Alexandrite 734 nm ou Yag 1064 nm) est appliqué. La chaleur du laser se concentre au niveau des billes puis se diffuse pour entraîner une destruction partielle des glandes sébacées. « Le procédé n’a rien à voir avec la PDT, qui implique l’utilisation d’un photosensibilisant. Là, la destruction est simplement assurée par un effet thermique », le Dr Noël Schartz, dermatologue. Deux passages laser lors de la même séance sont réalisés sur l’ensemble du visage, ce qui équivaut à environ à cinq cents impacts. Bon, soyons clairs, ce n’est pas un moment particulièrement délicieux. Les sensations sont proches de celles d’une épilation laser (pour celles qui connaissent). La séance dure environ 1 heure et s’achève avec l’application d’une crème réparatrice. Le protocole comprend trois séances réalisées à une semaine d’intervalle.

Quelles sont les suites du protocole Sebacia ?

Minimes ! Des rougeurs, un œdème modéré et une légère desquamation qui persistent maximum jusqu’au lendemain. Une petite poussée de l’acné peut être aussi observée le lendemain du traitement.

Quels sont les résultats ? Ils ne sont pas immédiats. Après trois mois, on observe déjà une amélioration sympathique, mais c’est à six mois que les résultats se révèlent les plus probants, avec une diminution de 80 % des lésions, si on a bien donné un traitement antibiotique et kératolytique avant (sinon, on tourne plutôt autour de 65 % d’amélioration). Les effets persistent ensuite pendant un an (les études ne permettent à ce stade de se prononcer sur une efficacité à plus long terme, ni s’il faudra des séances d’entretien pour les maintenir). « Néanmoins, dans la mesure où le traitement entraîne une destruction partielle des glandes sébacées, qui ne peuvent pas se régénérer par la suite, si récidive il y a, elle devrait être forcément moins marquée » indique le Dr Schartz.

Quel est le prix du traitement Sebacia ?

C’est là que le bas blesse :  1500 € les 3 séances (glups !), ce qui est cher pour une procédure dont on ne peut ni garantir ni l’efficacité complète, ni le résultat sur le long terme. Donc, une solution avant tout pour ceux qui ont les moyens (toujours notre directrice commerciale ! ;)) ou qui ne veulent pas d’un traitement lourd (type Roaccutane). Petite consolation : pour le prix, les pores sont aussi joliment resserrés. Mais c’est bien le moins !

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2 Commentaires on "L’acné peut-elle guérir avec la photothérapie ?"

  1. Bonjour article très intéressant sur l’acne sa aurait été intéressant de savoir avec quel crème anti ride antretenir les résultats et une sélection du cru 2019 en ce qui concerne les crème solaire. Bravo pour votre journal.

    • Bonjour, merci pour votre commentaire. On peut parler de beaucoup choses intéressantes dans un sujet mais à un moment, il faut s’arrêter, autrement on publie le botin ! 😉 Là, l’angle c’était la photothérapie. Je m’efforce de ne pas diluer le propos.
      Par ailleurs, ces traitements peuvent être réalisés à tous les âges (même si les prix les mettent plutôt à la portée de personnes déjà bien installées dans la
      vie).

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