Botox, Miradry : tout ce qui marche sur la transpiration excessive

transpiration excessive : les solutions médicales

Les auréoles sous les bras, il n’y a rien de pire. Jusqu’ici, le sujet se traitait à coup de déos (et il continue de l’être), mais la médecine propose aussi maintenant des traitements (totalement méconnus). Et il n’y a pas besoin d’avoir une transpiration pathologique pour en bénéficier. Juste une énorme envie de booster sa confiance en soi !

Un individu sur cinq se dit gêné par la transpiration sous les aisselles. Ça fait du monde ! Si bien qu’aux Etats-Unis, pays de l’extrême, les gens ne s’embêtent plus : ils ont choisi de faire taire leurs glandes sudorales grâce à l’une des deux techniques jusqu’ici réservées aux transpirations excessives (l’hyperhidrose). « La transpiration est de plus en plus mal vécue, notamment chez la jeune génération. Il faut présenter des aisselles totalement aseptisées, sans poil ni sueur », rapporte Karine Popis-Claude de Medkapp Novelskin (un distributeur de produits innovants dans le domaine de l’esthétique médicale).

En France, on les réserve encore beaucoup à la pathologie, mais les mentalités évoluent. « Je ne vois aucun inconvénient particulier à proposer ces traitements dès lors que la personne se dit gênée par sa transpiration et ne parvient pas à résoudre son problème avec des méthodes plus classiques, comme les déodorants antitranspirants », rassure le Dr Isaac Bodokh, Chef du service de dermatologie à l’hôpital de Cannes et spécialiste de l’hyperhidrose.

Les traitements anti-transpiration excessive

La toxine botulique 

C’est un produit sur lequel on dispose aujourd’hui d’un bon recul, d’une vingtaine d’années environ, qui a fait ses preuves dans l’hyperhidrose des aisselles. Il agit en bloquant les récepteurs à l’acétylcholine qui se trouvent à la surface des glandes sudorales, ce qui stoppe transitoirement la sécrétion de la sueur. L’injection est rapide, peu douloureuse et entraîne peu d’effets secondaires.

Dans la vraie pathologie (l’hyperhidrose), on injecte un médicament avec AMM, le Botox (laboratoire Allergan). Le traitement est assuré dans le cadre d’un hôpital ou d’une clinique et il est entièrement pris en charge.

Dans le traitement de confort (une transpiration importante, gênante), c’est différent. On doit consulter un médecin de ville (dermatologue ou neurologue spécialiste de l’hyperhidrose). Et ce n’est pas le Botox qui est injecté mais sa déclinaison esthétique, le Vistabel (ou tout autre toxine du même type). Le coût du traitement est de 400 € environ.

Comment ça se passe ? Le médecin applique une crème anesthésiante, puis il pique sur toute la surface de l’aisselle, tous les deux centimètres. Le résultat est efficace après 2 à 3 jours et persiste 4 à 8 mois.

 

Le Miradry

C’est le nouveau traitement en vogue aux Etats-Unis. En France, il n’y a que huit machines disponibles, pour l’instant (Numéro Vert 09 73 02 01 94). Ces dernières délivrent des ondes électromagnétiques ultra-courtes générant une chaleur autour de 60 ° C qui va détruire en une séance (dans le traitement de confort) ou deux (dans l’hyperhidrose), 80 % des glandes sudorales (pas de panique nous en avons 200 par cm2 en moyenne, il en reste donc suffisamment pour assurer la thermorégulation !). Un système de refroidissement protège l’épiderme à la surface de la peau afin d’éviter toute brûlure.

Comment ça se passe ? Les aisselles doivent être rasées deux à trois jours avant l’intervention. Le jour J, une anesthésie locale est pratiquée. Le médecin pose alors la pièce à main du Miradry sur l’aisselle et tous les 5 mm environ, selon un quadrillage très précis, la peau est aspirée pour rapprocher les glandes sudorales de la surface cutanée, puis les ondes sont envoyées à une profondeur comprise entre 3 et 5 mm sous la peau. « A la fin du traitement, les aisselles sont rouges (des petits suçons pendant 5 à 10 jours) et gonflées (pendant 2 à 3 semaines) », décrit le Dr Noël Schartz, dermatologue. Dès le lendemain de l’intervention, la transpiration est très fortement stoppée, voire nulle. Le résultat est définitif. Il peut toutefois persister un léger flux de sueur les jours de forte chaleur ou dans les moments d’émotion intense (vu que 20 % de glandes restent actives). De minuscules auréoles sous les bras sont donc toujours possibles, mais franchement, elles ne sont plus très gênantes (hormis dans pathologie, d’où une deuxième séance fortement conseillée). Cerise sur le gâteau, la technique élimine en même temps 70 % des poils (y compris les clairs) car les glandes sudorales sont annexées aux follicules pilo-sébacés !). Pour celles qui n’ont pas encore fait d’épilation laser, c’est donc tout bénéf ! Prix : entre 1800 et 2500 € la séance.

 

Et pour ceux qui transpirent fortement de la tête, il y a une solution ?

Une autre manifestation peu esthétique sur laquelle les antitranspirants fonctionnent très bien aussi ! Mais s’il est facile de les appliquer sur le front, dans les cheveux, ce n’est pas très pratique… La solution de choix dans cette région, c’est plutôt la toxine botulique. «On pique à l’intérieur des cheveux, à 2 centimètre de la bordure du front, en une ou deux rangées, tous les 1, 5 cm », rapporte le Dr Isaac Bodokh. Le résultat est épatant et il n’y aucun effet secondaire (sauf si on pique trop bas sur les côtés, dans ce cas on risque d’affaiblir le muscle temporal et d’entraîner une modification de la mimique frontale).

Et une transpiration importante au niveau des parties intimes, de la raie des fesses, ça se gère aussi ?

Ne rigolez pas, certaines personnes peuvent être très gênées par cette transpiration qui laisse des auréoles, pour le coup, vraiment super gênantes. Les zones touchées : le pubis, la raie des fesses, l’aine, qui ont le malheur d’être quatre fois plus riches en glandes sudorales que les aisselles. Par grande chaleur ou lors de la pratique sportive, elles transpirent donc naturellement plus.  « Mais il y a une autre forme de transpiration, encore plus gênante qui, elle, est d’origine émotionnelle. Elle survient brutalement dans certaines circonstances et s’avère être très malodorante du fait de la présence d’un type de particulier de glandes dans cette région, les glandes apocrines», décrypte le Dr Isaac Bodokh. Le traitement ? Evitez les savons et les gels douche trop détergents qui déstabilisent la flore locale et occasionnent la prolifération des mauvaises bactéries, responsables des odeurs. Et utilisez des antitranspirants. Pour vous sentir encore plus sûrs de vous, vous pouvez associer à votre déodorant un nouveau geste : celui du « déo-douche » , un gel douche avec une action anti-bactérienne « all over » (il contient aussi un anti-transpirant). Il nettoie et fait en prime office de léger déo (Spirial Déo-Douche de SVR). Sinon, une injection de toxine botulique, après avoir réalisé un test de Minor (une application de iodure de potassium et de poudre d’amidon qui permet de visualiser en gris noir les zones de transpiration) et appliqué une crème anesthésiante.

Et pour les mains et les pieds ?

Sur le plan esthétique, on est moins gêné par cette transpiration. Mais, elle n’en est pas néanmoins problématique pour certains. Vous imaginez ne plus pouvoir serrer les mains ? Le traitement de première intention, ce sont les antitranspirants (les mêmes que pour les aisselles mais sous forme de crèmes). Ensuite la ionophorèse (un courant électrique de faible intensité qui diminue la sécrétion sudorale, et qui est efficace dans 30 % des cas). Ensuite, on passe à la toxine botulique (mais sur ces zones-là, c’est douloureux, autant le savoir). En cas d’échec de toutes ces thérapeutiques (mais là, ça veut dire qu’on est vraiment dans de la pathologie lourde), il y a un médicament super efficace sur l’hyperhidrose des mains, c’est l’oxybutinine, mais il n’est pas dénué d’effets secondaires. Enfin, en dernier recours, toujours pour les mains, il y a la chirurgie qui supprime de façon sélective le nerf sympathique qui contrôles les glandes sudorales. Mais là c’est vraiment du très costaud (intervention sous anesthésie générale par un chirurgien thoracique).

 

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