Botox, Miradry : tout ce qui marche sur la transpiration excessive

transpiration excessive : les solutions médicales

Réactualisé le 23 juin 2019

Les auréoles sous les bras, il n’y a rien de pire. Jusqu’ici, la transpiration excessive se traitait à coup de déos (et continue de l’être), mais la médecine propose aussi maintenant des traitements (totalement méconnus). Nul besoin d’être dans la pathologie pour en bénéficier. Juste une énorme envie de booster sa confiance en soi !

Un individu sur cinq se dit gêné par la transpiration sous les aisselles. Ça fait du monde ! Si bien qu’aux Etats-Unis, pays de l’extrême, les gens ne s’embêtent plus : ils ont choisi de faire taire leurs glandes sudorales grâce à l’une des deux techniques jusqu’ici réservées aux transpirations excessives (l’hyperhidrose). « La transpiration est de plus en plus mal vécue, notamment chez la jeune génération. Il faut présenter des aisselles totalement aseptisées, sans poil ni sueur », rapporte Karine Popis-Claude de Medkapp Novelskin (un distributeur de produits innovants dans le domaine de l’esthétique médicale).

En France, on les réserve encore beaucoup à la pathologie, mais les mentalités évoluent. « Je ne vois aucun inconvénient particulier à proposer ces traitements dès lors que la personne se dit gênée par sa transpiration et ne parvient pas à résoudre son problème avec des méthodes plus classiques, comme les déodorants antitranspirants », rassure le Dr Isaac Bodokh, Chef du service de dermatologie à l’hôpital de Cannes et spécialiste de l’hyperhidrose.

QUELS TRAITEMENTS POUR LA TRANSPIRATION EXCESSIVE DES AISSELLES ? 

• LA TOXINE BOTULIQUE

La toxine botulique produit sur lequel on dispose aujourd’hui d’un bon recul, d’une vingtaine d’années environ, qui a fait ses preuves dans l’hyperhidrose des aisselles. Il agit en bloquant les récepteurs à l’acétylcholine qui se trouvent à la surface des glandes sudorales, ce qui stoppe transitoirement la sécrétion de la sueur. L’injection est rapide, peu douloureuse et entraîne peu d’effets secondaires.

Dans la vraie pathologie (l’hyperhidrose), on injecte un médicament avec AMM, le Botox (laboratoire Allergan). Le traitement est assuré dans le cadre d’un hôpital ou d’une clinique et il est entièrement pris en charge.

Dans le traitement de confort (une transpiration importante, gênante). Ce n’est pas le Botox qui est injecté mais sa déclinaison esthétique, le Vistabel (ou tout autre toxine du même type). On doit consulter un médecin de ville (dermatologue ou neurologue spécialiste de l’hyperhidrose). Le coût du traitement est de 400 € environ.

Comment ça se passe ? Le médecin applique une crème anesthésiante, puis il pique sur toute la surface de l’aisselle, tous les deux centimètres. Le résultat est efficace après 2 à 3 jours et persiste 4 à 8 mois.

 

• LE MIRADRY

Plus de 150.000 traitements ont été réalisés dans le monde. La technologie est très en vogue aux Etats-Unis notamment. En France, elle démarre mais 21 machines sont déjà en service. Ces dernières délivrent des ondes électromagnétiques ultra-courtes générant une chaleur autour de 60 ° C qui va détruire en une séance (dans le traitement de confort) ou deux (dans l’hyperhidrose), 80 % des glandes sudorales (pas de panique nous en avons 200 par cm2 en moyenne, il en reste donc suffisamment pour assurer la thermorégulation !). Un système de refroidissement protège l’épiderme à la surface de la peau afin d’éviter toute brûlure.

Comment ça se passe ? Les aisselles doivent être rasées deux à trois jours avant l’intervention. Le jour J, une anesthésie locale est pratiquée. Le médecin pose alors la pièce à main du Miradry sur l’aisselle et tous les 5 mm environ, selon un quadrillage très précis, la peau est aspirée pour rapprocher les glandes sudorales de la surface cutanée, puis les ondes sont envoyées à une profondeur comprise entre 3 et 5 mm sous la peau. « A la fin du traitement, les aisselles sont rouges (des petits suçons pendant 5 à 10 jours) et gonflées (pendant 2 à 3 semaines) », décrit le Dr Noël Schartz, dermatologue. Dès le lendemain de l’intervention, la transpiration est très fortement stoppée, voire nulle. Le résultat est définitif. Il peut toutefois persister un léger flux de sueur les jours de forte chaleur ou dans les moments d’émotion intense (vu que 20 % de glandes restent actives). De minuscules auréoles sous les bras sont donc toujours possibles, mais franchement, elles ne sont plus très gênantes (hormis dans pathologie, d’où une deuxième séance fortement conseillée). Cerise sur le gâteau, la technique élimine en même temps 70 % des poils (y compris les clairs) car les glandes sudorales sont annexées aux follicules pilo-sébacés !). Pour celles qui n’ont pas encore fait d’épilation laser, c’est donc tout bénéf ! Prix : entre 1800 et 2500 € la séance. Plus d’infos sur https://www.miradry.com/fr

 

QUELLES SOLUTIONS POUR LA TRANSPIRATION EXCESSIVE DE LA TETE ?

Une autre manifestation peu esthétique sur laquelle les antitranspirants fonctionnent très bien aussi ! Mais s’il est facile de les appliquer sur le front, dans les cheveux, ce n’est pas très pratique… La solution de choix dans cette région, c’est plutôt la toxine botulique. «On pique à l’intérieur des cheveux, à 2 centimètre de la bordure du front, en une ou deux rangées, tous les 1, 5 cm », rapporte le Dr Isaac Bodokh. Le résultat est épatant et il n’y aucun effet secondaire (sauf si on pique trop bas sur les côtés, dans ce cas on risque d’affaiblir le muscle temporal et d’entraîner une modification de la mimique frontale).

QUELLES ASTUCES POUR LA TRANSPIRATION EXCESSIVE DES PARTIES INTIMES, RAIE DES FESSES, ETC ?

Ne rigolez pas, certaines personnes peuvent être très gênées par cette transpiration qui laisse des auréoles, pour le coup, vraiment super gênantes. Les zones touchées : le pubis, la raie des fesses, l’aine, qui ont le malheur d’être quatre fois plus riches en glandes sudorales que les aisselles. Par grande chaleur ou lors de la pratique sportive, elles transpirent donc naturellement plus.  « Mais il y a une autre forme de transpiration, encore plus gênante qui, elle, est d’origine émotionnelle. Elle survient brutalement dans certaines circonstances et s’avère être très malodorante du fait de la présence d’un type de particulier de glandes dans cette région, les glandes apocrines», décrypte le Dr Isaac Bodokh. Le traitement ? Evitez les savons et les gels douche trop détergents qui déstabilisent la flore locale et occasionnent la prolifération des mauvaises bactéries, responsables des odeurs. Et utilisez des antitranspirants (type Déodorant Corps Intégral 48 H Intense de Mennen). Pour vous sentir encore plus sûrs de vous, vous pouvez associer à votre déodorant un nouveau geste : celui du « déo-douche » , un gel douche avec une action anti-bactérienne « all over » (il contient aussi un anti-transpirant). Il nettoie et fait en prime office de léger déo (Spirial Déo-Douche de SVR).

QUELS TRAITEMENTS POUR LA TRANSPIRATION EXCESSIVE DES MAINS ET DES PIEDS ?

Sur le plan esthétique, on est moins gêné par cette transpiration. Mais, elle n’en est pas néanmoins problématique pour certains. Vous imaginez ne plus pouvoir serrer les mains ? Le traitement de première intention, ce sont les antitranspirants (les mêmes que pour les aisselles mais sous forme de crèmes). Ensuite la ionophorèse (un courant électrique de faible intensité qui diminue la sécrétion sudorale, et qui est efficace dans 30 % des cas). Ensuite, on passe à la toxine botulique (mais sur ces zones-là, c’est douloureux, autant le savoir). En cas d’échec de toutes ces thérapeutiques (mais là, ça veut dire qu’on est vraiment dans de la pathologie lourde), il y a un médicament super efficace sur l’hyperhidrose des mains, c’est l’oxybutinine, mais il n’est pas dénué d’effets secondaires. Enfin, en dernier recours, toujours pour les mains, il y a la chirurgie qui supprime de façon sélective le nerf sympathique qui contrôles les glandes sudorales. Mais là c’est vraiment du très costaud (intervention sous anesthésie générale par un chirurgien thoracique).

 

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3 Commentaires on "Botox, Miradry : tout ce qui marche sur la transpiration excessive"

  1. Bonjour,

    Cet article cite des publications scientifiques montrant les risques liés à l’utilisation du Miradry (paralysie des bras) : https://transpi.wordpress.com/2019/07/05/miradry-un-traitement-contre-lhyperhidrose-des-aisselles-pas-plus-efficace-quun-autre-et-avec-des-risques-deffets-indesirables-non-negligeables

    Ce courriel est envoyé aux différents centres et professionnels utilisant le Miradry afin que les patients recevant les séances soient le plus informé factuellement possible, et puissent jauger eux-même du rapport bénéfice/risque de cette méthode. Il est aussi communiqué aux journalistes ayant écrit des papiers sur le sujet.

    Vous souhaitant une bonne continuation,

  2. 11.12.19

    hello,

    très intéressant ce condensé d’info, sourcé 🙂
    pour tout être atteint d’yperhidrose & Cie by les glandes et leurs « gestionnel » > le miradry semble efficace mais son prix de environ 2000 $ la première séance ; est-ce prohibitif par rapport au soin apporté (moyen, technique, temps, personnel, etc..)

    amIcalement, John (en Suisse)

    • Bonsoir,

      Merci pour votre message. C’est très difficile de se prononcer sur le rapport qualité/prix des actes esthétiques. Le Miradry est une nouvelle solution qui offre l’avantage d’un résultat définitif mais on a moins de recul dessus que le Botox, dont on connait en revanche avec certitude l’efficacité et qui est moins cher. Mais il faut refaire souvent les injections. Donc, c’est choisir entre sécurité ou longévité … Si vous n’avez pas essayé le Botox, commencez peut-être par cela et voyez si ça vous convient ?

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