Tout sur la mésothérapie « bonne mine »

Tout sur la mésothérapie "bonne mine"

Vous voulez retrouvez le « glow » ? Alors, la mésothérapie est pour vous !

Cette technique d’injection vieille comme Erode (ou plutôt vieille comme le Dr Pistor, qui l’a créée en 1952) n’est curieusement pas très répandue. Selon le laboratoire de médecine esthétique Fillmed, les médecins seraient moins de 50 % à la proposer à leurs patients. Et probablement moins nombreux encore, à en connaître précisément les contours. De fait, ce sont les anciens qui la maîtrisent surtout, l’ayant pratiquée à tour de bras jusqu‘à la fin des années 90, pour traiter la cellulite aussi. Lire ici notre sujet : la mésothérapie pour traiter la cellulite : has been ou pas ? Puis la méthode a fait moins parler d’elle … Jusqu’à ces dernières années où elle a retrouvé une place de choix dans l’arsenal thérapeutique du jeune médecin, avec les traitements « qualité de peau ».

Lire aussi : Chute de cheveux saisonnière : merci la mésothérapie !

La mésothérapie, c’est quoi au juste ?

C’est une technique d’injection multipunctures, réalisée dans les couches superficielles de la peau, directement en regard de la zone à traiter. « Peu de produit mais au bon endroit », expliquait son créateur.

Dans le domaine de l’anti-âge, on parle souvent aussi de Mésolift ou de Revitalisation ou, plus contemporain, de Mésoglow. C’est le soin « qualité de peau » qui lisse micro-relief cutané, resserre les pores, tonifie les tissus, donne bonne mine. Il agit par l’intermédiaire des actifs polyrevitalisants qui sont injectés mais aussi des multiples piqûres qui participent à la stimulation dermique. C’est un traitement dont raffolent littéralement les jeunes femmes, qui rêvent toutes d’une peau parfaite et, d’une manière générale, toutes celles qui cherchent à améliorer leur teint (les fumeuses notamment). Il n’y a pas d’effet « gonflé ». Personne ne voit, après une séance, que vous sortez de chez le dermato.

Quelles substances injecte t-on exactement ?

De l’acide hyaluronique non réticulé (autrement dit, extrêmement fluide), souvent combiné à un cocktail nutritif d’acides aminés, oligo-éléments, minéraux, vitamines, antioxydants, co-enzymes …. Plus éventuellement d’autres substances anti-âge comme les peptides, la DMAE, etc. Les médecins disposent pour ce faire de solutions prêtes à l’emploi comme Revitacare de Vivacy, le NCTF de Filorga ou à réaliser sur mesure , comme Mesohyal de Mesoestetic.

Plusieurs techniques  :

L’injection à l’aiguille, la plus « pro »

« Pratiquée dans les règles de l’art, c’est-à-dire à trois niveaux différents de la peau, c’est celle qui donne les meilleurs résultats », indique le Dr Valérie Philippon, médecin esthétique.

1/ dans l’épiderme (0, 5 à 1 mm de profondeur), la couche la plus superficielle de la peau

Le médecin effleure la peau avec le biseau de l’aiguille dirigé vers le haut, dans un mouvement de va et vient saccadé, sur toute la surface du visage. L’objectif est de créer des micro-perforations à travers l’épiderme afin de commencer à diffuser le cocktail nutritif et initier une réponse cellulaire. « Personnellement, je commence par le front, ensuite, Je descends sur le nez, je m’écarte pour traiter les tempes, les paupières supérieures, les paupières inférieures, puis je descends plus bas sur les ailes du nez, avant d’attaquer la lèvre supérieure et les lèvres rouges sur les je passe légèrement. Ensuite, c’est au tour des mâchoires, puis je termine par le menton », détaille notre spécialiste.

2/ à la frontière entre l’épiderme et le derme, avec la technique point par point 

Avec une aiguille plus fine, le médecin injecte ensuite le produit au niveau de la membrane basale sur les zones de fines de ridules, de flétrissures et de pores dilatés. L’aiguille inclinée à 45 ° est insérée sous la peau pour déposer le produit en microscopiques papules : des petits réservoirs de cocktail nutritif dans lesquels les cellules vont puiser en fonction de leurs besoins. Après la séance, la peau est comme « gaufrée » mais l’effet s’estompe en moins de 24 heures.

3/ à l’intérieur du derme superficiel (0, 5 à 2 mm de profondeur), selon la technique du nappage 

« Là, il s’agit d’injecter des petites billes de cocktail nutritif tous les 2 à 4 mm, qui vont réhydrater profondément la peau et stimuler les fibroblastes, les cellules qui produisent le collagène et l’élastine, pour une peau plus tonique. On travaille sur les mêmes zones que précédemment et sur l’ovale également pour l’effet tenseur » indique le Dr Valérie Philippon.

Le pistolet ou « gun »

C’est un injecteur automatisé qui permet de réaliser les micro-injections à une cadence élevée (plus de 400 coups/minute), à des profondeurs définies. Le traitement est rapide, plus confortable qu’à l’aiguille. L’outil est polyvalent mais il est surtout très utilisé pour les zones de traitement étendues, notamment sur le corps.

Le mésoroller

Il s’agit d’un rouleau parsemé de centaines d’aiguilles roller de 0, 2 à 2 mm. L’outil est passé sur la peau de façon multidirectionnelle, en étoile, avec un effet plus ou moins intense selon la pression exercée par la main du médecin (cela peut aller jusqu’au saignement), l’objectif étant de créer des micro-canaux à l’intérieur de la peau qui vont stimuler de façon significative le tissu et permettre la circulation de la solution polyrevitalisante. On appelle aussi cette technique le « microneedling ». L’outil est surtout commode pour les zones de traitement étendues, type cou et décolleté. Mais les patients rapportent un geste plutôt douloureux (sic !).

Le mésopen

Il s’agit d’un stylo avec un embout à usage unique muni d’une trentaine de micro-aiguilles. Le système est comparable au Méso-roller, à la différence qu’il est électronique et non mécanique. Il crée plus de 1000 micro-canaux par seconde et permet au médecin d’adapter la vitesse et la profondeur de pénétration des aiguilles selon le type de peau. Le traitement est plus confortable qu’avec le mésoroller et permet d’accéder plus facilement au contour des yeux et des lèvres, mais il est un petit peu plus long.

Et les Skinboosters, c’est de la « méso » ?

Une sorte de… Mais réalisée plus profondément, à l’aide d’une canule et avec un acide hyaluronique légèrement réticulé, qui tient plus longtemps (il n’y a pas de cocktail nutritif).

Les résultats sur la peau sont différents de ceux de la méso classique. Cette dernière est repulpée de façon immédiate. Le coup de frais est visible. C’est surtout cela l’effet recherché. Les Skinboosters ou assimilés (Volite, Bionutrilift, …) sont principalement indiqués aux peaux déshydratées, à partir de 35/40 ans. Il ne traite pas l’ensemble du visage comme la mésothérapie classique mais se concentre sur les joues, le cou, le décolleté, les mains.

Quelles sont les suites d’une mésothérapie ? 

Des rougeurs pendant quelques heures surtout si la peau est fine, des petites croûtes qui persistent quelques jours s’il y eu saignement, éventuellement des mini bleus.

Combien de séances sont nécessaires ?

Le protocole est de trois séances espacées de quinze jours, puis une quatrième à un mois, puis une tous les trois mois. On sent quand il faut revoir son médecin car la peau devient progressivement moins confortable. Pour les Skinboosters, c’est trois séances espacées d’un mois, puis une séance d’entretien tous les six mois ou un an.

Y a-t-il des contre-indications ?

Les femmes enceintes et allaitantes, les maladies auto-immunes, les lésions cutanées inflammatoires ou infectieuses.

Quels sont les risques ?

Principalement une infection due à un manque d’asepsie (mais thanks God, c’est rarissime !).

Quel est le prix des séances de mésothérapie ?

A partir de 100 € la séance de méso «classique », 250 € les Skinboosters (ou assimilés).

La « méso » peut-elle être combinée à d’autres traitements ?

« Oui, pour moi, c’est même obligatoire de faire précéder la séance d’un peeling superficiel, pour un meilleur coup d’éclat » conseille le Dr Philippon.

Sinon, il est possible de combiner au cours d’une même séance la mésothérapie ou les Skinboosters à une injection d’acide hyaluronique ou de Botox.

Certains médecins pratiquent également le « Mésobotox », une injection de toxine botulique diluée avec du sérum physiologique. La méthode est très utilisée en Italie et dans les pays anglo-saxons, notamment. « Le mélange ne s’injecte pas dans les muscles comme le Botox, mais plus superficiellement. Selon toute vraisemblance, il agirait en désactivant les récepteurs dermiques. Ainsi, il n’y a plus de contraction réflexe de la peau, d’où l’effet déplissant sur les rides. Le Mésobotox est surtout utilisé au niveau du front, lorsque l’on veut éviter d’alourdir un regard chez les personnes d’un certain âge, sur le haut des joues et le cou. Des petites papules peuvent persister pendant 24 heures » indique le Dr Sylvie Poignonec, chirurgien plasticien.

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4 Commentaires on "Tout sur la mésothérapie « bonne mine »"

  1. Tour d’horizon Tout à fait complet et documenté.
    Bravo Linh!

  2. Bonjour! Tout d’abord félicitations pour vos « Dossiers »,vraiment! Pour mon compte personnel,j’ai la nette impression que je ne bénéficie pas d’un environnement professionnel tres pointu….Je suis dans les Pyrénées Atlantiques , autour de PAU sa préfecture. Par quel moyen,pourrai-je avoir un listing ou fiches,pour l’ensemble des professionnels et de leurs spécialités,dans mon département,et ceux limitrophes.Merci par avance.Enfin pour conclure,ètes vous toujours dans l’équipe de Marianne ?

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